Quatuors à cordes n° 1, 2 et 4 de Félicien David

À emporter, CD

(1810-1876) : Quatuors à cordes n° 1 en fa mineur ; n° 2 en la majeur ; n° 4 en mi mineur (inachevé). : Julien Chavin, Karine Crocquenoy, violons ; Pierre-Eric Nimylowycz, alto ; Atsushi Sakaï, violoncelle. 1 CD Ambroisie. Ref : AM 206 ; Enregistré en septembre 2010 à l’Atelier Cortambert de la Fondation Singer-Polignac. Code barre : 8 22186 00206 3. Livret en français et anglais. Durée totale : 56’18.

 

, habituellement connu pour ses grandes pièces symphoniques tels que Le Désert, ou des opéras-comiques comme Lalla-Roukh ou la Perle de Brésil, est considéré comme le porte-drapeau de l’exotisme à la française, mais il n’en est pas moins compositeur de musique instrumentale « pure ». Tout en écrivant des musiques de chambre de forme classique héritées de la tradition germanique, il introduit des touches personnelles incontestables, en l’occurrence une tension dramatique dans un enchaînement assez inattendu. Ainsi, dans l’« Allegretto » du Quatuor n°1, après une « pointe » mélodique aux accords mineurs pleinement tenus à la fin de la première section de l’exposition, on passe sans transition à un second thème en mode majeur incroyablement gracieux et innocent, comme s’il ignorait désormais totalement les tourments qu’il vient de vivre. Le caractère populaire du mouvement final des deux premiers quatuors fait irrésistiblement penser à Haydn, quoique le finale du Quatuor n°2 évoque des danses paysannes qui pourraient être introduites dans certains opéras ou ballets de l’époque. Dans ces trois opus qui figurent sur ce CD, les lignes mélodiques sont toujours très élégantes, sans traits « exotiques » spécifiques, ce qui confirme le talent de mélodiste du compositeur.

L’excellence de l’exécution du  se remarque notamment dans le parfait équilibre entre les quatre instruments. Chaque phrasé est bien tenu, sans aucun artifice ; la construction de l’ensemble de chaque œuvre est bien pensée, sans jamais défigurer la structure en recherchant une quelconque originalité dans l’interprétation. Ce naturel est particulièrement agréable à entendre. Cela est certainement dû aux recherches que les musiciens, voués à la redécouverte de répertoires classiques et romantiques méconnus, mènent sur des sonorités plus adaptées à la musique de cette période. La prise de son, qui conserve ce naturel, et donc également excellente, contribue à rehausser la charme de ces pièces et à augmenter le plaisir de l’écoute.

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