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L’écriture musicale de Bernard de Vienne

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L’écriture musicale de Bernard de Vienne, sous la direction de Joseph Delaplace. L’Harmattan, Collection arts 8. ISBN 9 782296558311. Paris 2012 ; 203p.

 

« Sa musique n’est ni sérielle, ni post-sérielle, ni spectrale ou post-spectrale, ni concrète, électronique ou acousmatique, ni néo-tonale, ni d’une nouvelle complexité et encore moins d’une nouvelle simplicité » écrit Bruno Giner au terme du chapitre consacré au parcours de l’œuvre de . C’est donc à cerner cette écriture « entre les catégories » que tend cet ouvrage attachant autant que passionnant, à travers une approche des plus riche de l’univers sonore du compositeur. A la faveur de quatre contributions qui croisent les plumes d’interprète, de compositeur et de musicologues, en variant d’autant les angles de vue, nous pénétrons progressivement dans les arcanes du langage compositionnel de : par le biais de la « lettre » que lui adresse son ami et flûtiste Yves Charpentier – directeur artistique du quintette à vent Le Concert Impromptu – évoquant « l’intimité artistique » qu’il partage avec le compositeur; par le regard réflexif, rare autant que précieux, que porte un de ses contemporains – Bruno Giner, compositeur lui aussi – sur son cheminement de créateur. Deux travaux analytiques, menés avec beaucoup de clarté et d’acuité par Jean-Paul Olive et Joseph Delaplace – même si l’on regrette l’absence d’un support CD à portée de main – nous projettent dans le vif de l’écriture, celle des Instantanés pour piano et des trois mouvements du quatuor à cordes n°2. Essentielles enfin, les réponses du compositeur lui-même aux questions de Joseph Delaplace et Jean-Paul Olive dans l’entretien très réactif qui referme cet ouvrage; c’est le lieu des révélations – « Je suis un compositeur à l’ancienne », déclare De Vienne – et des convictions: « si le mot polyphonie a désigné plus de mille ans de musique, je pense que le mot sériel serait le terme générique qui conviendrait à la musique du XXème siècle ». Passionné de littérature et de poésie – de Rilke et Mallarmé à Paul Ceylan et Philippe Jaccottet – mais aussi de peinture, de cinéma et de photographies qui nourrissent son imaginaire, y puise des modèles, en retient des procédés pour réactiver sans cesse son écriture dans l’idée d’une musique vivante, liée au geste et au corps, et d’une musique mouvante, « comme un véritable organisme qui se meut » : composer, dit-il, c’est générer de la forme.

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