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Cendrillon à Lille : moderne et intemporelle

La Scène, Opéra, Opéras

Lille. Opéra. 20-V-2012. Jules Massenet (1842-1912) : Cendrillon, opéra en quatre actes sur un livret de Henri Cain. Mise en scène : Laurent Pelly ; décors : Barbara de Limburg ; costumes : Laurent Pelly et Jean-Jacques Delmotte ; lumières : Duane Schuler ; chorégraphie : Laura Scozzi. Avec : Renata Pokupic, Cendrillon ; Gaëlle Arquez, Le Prince Charmant ; Marie-Ange Todorovitch, Madame de la Haltière ; René Schirrer, Pandolfe ; Kathleen Kim, La Fée ; Valérie Condolucci, Noémie ; Sarah Jouffroy, Dorothée ; Christophe Fel, Le Roi ; Artavazd Sargsyan, le Doyen de la faculté ; Jean-Michel Ankaoua, Le Surintendant des plaisirs ; Maxime Cohen, Le premier ministre. Chœur de l’Opéra de Lille (chef de chœur : Yves Parmentier), Orchestre national de Lille, direction : Claude Schnitzler

C’est sur un livre de contes à la taille du cadre de scène que se pose le regard du spectateur, dès que celui-ci prend place dans la salle de l’Opéra. La très belle scénographie de pour la Cendrillon de Massenet est essentiellement faite de grands panneaux sur lesquels sont reproduits, en caractères anciens, les premières phrases du conte de Perrault. Ce livre s’ouvre, se referme, se modifie à l’infini pour donner vie au cadre de l’histoire de Cendrillon. Les costumes, leurs coupes et leurs couleurs, sont à l’avenant. C’est dans ses souvenirs de lectures enfantines qu’a puisé pour mettre en scène la féerie de Massenet. Avec juste ce qu’il faut d’humour et tendresse, le metteur en scène réussit là l’un de ses meilleurs spectacles. Avec une infinie poésie aussi dans le traitement des passages féériques lorsque la fée habille Cendrillon pour le bal (à l’acte I), puis réunit les deux amoureux (au III.) La production entière est à l’image de la robe de bal de Cendrillon : moderne mais intemporelle, avec les paillettes que l’on attend mais sans tomber dans le kitsch.

En chef d’une belle-famille épouvantable, et fort bien chantante, n’a plus à prouver ses dons de comédienne, idéalement secondée par deux filles insupportables. Dans le rôle du père soumis, délivre une leçon de chant et atteint des sommets d’émotion, notamment dans son duo avec Cendrillon à l’acte III. De leur côté, les jeunes premiers, ou plutôt les deux jeunes premières, rivalisent de grâce ingénue. Le prince charmant soprano se justifie pleinement tant cette tessiture apporte un surcroit de juvénilité et de candeur au rôle. Entre Renata Pokupic et on ne saurait choisir, les deux chanteuses fascinent par la beauté de deux timbres complémentaires, l’engagement scénique et la clarté de la diction. fait un sans faute dans son numéro de colorature et créée un personnage de fée mutine particulièrement savoureux. Dans la fosse, rend justice à la variété des écritures de Massenet, évite le clinquant dans les passages les plus brillants et assure la cohérence générale d’un spectacle en tous points exemplaire.

Crédits photographiques : Renata Pokupic (Cendrillon) © Frédéric Iovino / Opéra de Lille

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