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David Hill exalte la Mass of Life de Delius

À emporter, CD, Musique symphonique

Frederick Delius (1862-1934) : A Mass of Life ; Prelude and Idyll. Janice Watson, soprano; Catherine Wyn-Rogers, mezzo-soprano ; Andrew Kennedy, ténor ; Alan Opie, baryton. The Bach Choir. Bournemouth Symphony Orchestra, direction : David Hill. 2 CD Naxos. Référence : 8.572861-62. Code barre : 7 47313 28617 1. Enregistré en novembre 2011. Notice de présentation et livret en anglais (avec original en allemand pour A Mass of Life). Durée : 118’19

 

Les Clefs d'Or 2012

Quand découvre Also Sprach Zarathustra  dans la bibliothèque d’un ami norvégien, c’est une révélation. Il trouve dans Nietzsche la synthèse éclairante et intensément poétique à ses convictions sur l’inexistence de toute vie après la mort. Sa grande messe, la Mass of Life (1904-1905), tout comme son court Requiem (1913-1916), sont deux œuvres fondées sur Ainsi parlait Zarathoustra et donc résolument… païennes. Delius rejetait le christianisme et il écrivait à ce propos en 1912 : « Au moment où vous envoyez promener toutes ces fadaises, la Vie devient intéressante, magnifique, et l’on ressent le grand désir d’en faire quelque chose, de la vivre pleinement. On jouit des choses plus complètement – on ressent la nature –, doctrine ou religion n’ont aucune raison d’être. »

Créée en 1909 en Angleterre par Beecham, la Mass of Life requiert un orchestre de plus de 100 instrumentistes (dont 12 contrebasses), quatre solistes et un double chœur mixte, et reprend directement des extraits d’ Ainsi parlait Zarathoustra, dans ses passages  les plus poétiques, où il est question d’amour, de volonté, de mort, dans des ambiances pastorales et montagnardes… la Symphonie n°3 de Mahler n’est pas loin. Cette Messe assurera à Delius de beaux succès en terres germaniques, du moins jusqu’à ce que la Première guerre mondiale sépare Delius de l’Allemagne et des royalties de ses concerts. Elle disparaîtra ensuite des programmes  et sera enregistrée épisodiquement, la version de étant la quatrième version de studio après Beecham (1953 – CBS), Groves (1972 – EMI) et Hickox (1997 – Chandos), ce dernier avec déjà l’orchestre de Bournemouth.

est le chef de chœur du Bach Choir depuis 1998, une institution britannique dont les origines remontent à 1875, et c’est sans doute la contribution majeure de cet enregistrement. La version Groves n’a pas le génie de son prédécesseur, et si Hickox est plus percutant sur le plan purement orchestral , il est aussi d’une raideur desséchante.  Beecham reste certes sans rival sur le plan de la direction d’orchestre, mais , ses choristes et ses solistes (avec une mention spéciale pour le baryton ) apportent un enthousiasme, une fraîcheur et une souplesse qui sont absolument essentielles pour restituer cette musique d’exaltation poétique et philosophique.

Prelude and Idyll, est l’été indien de Delius. Composé en 1932 avec l’aide de son assistant Eric Fenby à partir des passages les plus significatifs de son opéra Margot la Rouge de 1902. est excellent, et l’on goûte chacune de ses interventions, mais la communion avec la soprano n’est malheureusement pas complètement aboutie.

Quoi qu’il en soit, David Hill signe l’enregistrement moderne de référence de la Mass of Life, et son apport discographique restera un moment fort de l’année du cent-cinquantième anniversaire de .

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