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La Feinte Nitouche de Luis Naón

À emporter, CD

Luis Naón (né en 1961): Sainte Nitouche (La fille ni bien ni mal), pour mezzo-soprano, clarinette, saxophone, bandonéon, alto, contrebasse, percussion, piano et voix enregistrée sur un texte de Yves Pagès. Senderos… que bifurcan pour saxophone et électronique; Diabolus urbanus pour alto et électronique; Clairière pour clarinette et électronique. Agnès Sourdillon, récitante; Sylvia Vadimova, soprano; Géraud Etrillard, saxophone; Cyprien Busolini, alto; Philippe Berrod, clarinette. Ensemble Diagonal; direction, Rut Schereiner. CD Alamuse; ALM 004; code barre 3770002264034; texte français/anglais. 72′

 

L’idée du cycle, considérant l’oeuvre comme autant de fragments d’un univers qui se construit à mesure, nourrit le travail du compositeur argentin qui aime par ailleurs lier la musique à la scène et solliciter les autres arts (le théâtre, la danse…) pour « casser le cadre, petit et souvent insatisfaisant, de l’oeuvre classique ». Ainsi les quatre pièces de cet album (Sainte-Nitouche & Satellites) appartiennent-elles à la série Urbana (24 pièces +1) s’intéressant « à l’espace de la ville et ses implications politiques et sociales ».

« Bienvenue à Pigalle-city, salle des passes perdues » annonce Miss Didascalie dans le début de Sainte Nitouche (la fille ni bien ni mal), un monodrame sur le texte plutôt trash mais non moins drôle et distancié de l’écrivain Yves Pagès. L’unique personnage mis en scène est une star de Peep-show – habituellement muette – livrant ses pensées et autres réflexions intérieures par le truchement de la voix chantée – très suggestive. Elle est relayée par la voix off, nue et crue, de Miss Didascalie – la comédienne – ou celle des petites annonces roses, entre deux strip-tease – savoureux . Propulsant la ligne vocale aux sinuosités fantasques, l’écriture instrumentale foisonnante et énergétique en souligne le flux discontinu et flirte avec les clichés de la musique de cabaret (batterie, saxophone et bandonéon lascif) pour mieux les tourner en dérision. Si l’oeuvre, créée en concert en 2002 par l’ a fait l’objet d’une mise en scène au Teatro Colón de Buenos Aires en 2011, l’ sous la direction de en projette ici tout le relief et les couleurs servis par une captation exemplaire.

Gravitant autour de Sainte Nitouche, les « satellites » solistiques, trois pièces mixtes pour saxophone, alto et clarinette, qui viennent compléter cet album, pointent l’activité de chercheur du compositeur passionné par les rapports entre musique et technologie. Ces « préalables poétiques », jouant sur l’intégration virtuose du jeu instrumental dans l’univers électroacoustique des sons fixés, restituent, dans le cadre d’une écoute stéréophonique, un espace élargi proche de l’original en cinq canaux lorsque l’auditeur se place dans l’axe situé entre les deux haut-parleurs: immersion spatiale garantie!

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