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Emmanuelle Swiercz, entre virtuosité et simplicité

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Richelieu, Dôme. 04-VIII-2012. Théodore Gouvy (1819-1898) : Quatre Sérénades (1860) ; Quatre Sérénades (1870). Frédéric Chopin : Nocturne en do dièse mineur opus posthume ; Berceuse en ré bémol majeur ; Fantaisie-impromptu,en do,dièse mineur. Franz Liszt (1811-1886) : Der Wanderer ; Sonnet de Petrarque 104 ; Tarentelle.Emmanuelle Swiercz, piano

Le Festival de Richelieu a été créé en 2007 sur l’initiative du pianiste Nicolas Boyer. Qu’aucune festivité musicale n’ait investi les lieux avant cette date semble presque incongru. Le Dôme, vaste bâtisse sise au coeur du parc de la ville du cardinal, se prête idéalement à la musique de chambre. L’acoustique possède ce qu’il faut de réverbération pour flatter le son sans le noyer. Le cadre est idéal, le lieu chargé d’histoire, alors pourquoi avoir autant attendu ?

Cette soirée « romantique » sous-titrée « En France au XIXe siècle » était l’occasion de découvrir, entre deux pages ressassées de Chopin et Liszt, la musique pour piano de . Né en Lorraine devenue Prussienne peu avant sa naissance, il fut finalement trop allemand pour les uns et trop français pour les autres. Berlioz déjà regrettait que sa musique ne soit pas plus jouée. L’histoire lui a donné raison : on ne joue plus la musique Gouvy, redécouvert il y a moins de vingt ans par le biais de sa musique religieuse. Seule sa région natale lui rend régulièrement hommage, tel ce Fortunato (d’après Mateo Falcone de Mérimée) donné dernièrement à Metz.

La musique pour piano de Gouvy est dans l’air de son temps : des pièces plutôt légères, agréables et terriblement virtuoses. L’occasion de découvrir aussi une jeune pianiste qui sait, sans chichis ni minauderies, défendre et interpréter cette musique. On retrouve ces mêmes qualités, simplicité, respect du texte, intelligence de l’analyse, alliées à une maîtrise sans failles du clavier, dans les oeuvres de Chopin et Liszt. Le célébrissime Nocturne en ut dièse mineur perd ainsi en pathos mais gagne en intensité. Il en est de même pour les pièce de Liszt : pas de démonstration de virtuosité, mais de la musique, tout simplement.

En bis, offre généreusement deux « pavés » du répertoire, et non des moindres : un Prélude en do dièse mineur de Rachmaninov empreint de lyrisme et une lecture fulgurante de l’Alborada del gracioso de Ravel. , retenez bien ce nom : elle n’aura pas besoin de vivre avec les loups ou de parsemer son clavier de roses pour qu’on continue à perler d’elle.

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