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Musiques françaises, connues et méconnues, à Dinard

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Pendant que la France entière souffrait de la canicule, la brise maritime caressait la Côte d’Emeraude les 18 et 19 août 2012, au rythme du chant des goélands pour la clôture du Festival de Dinard. Lorsque le fort rayon du soleil disparaît pour laisser place à la fraîcheur du soir, le concert commence à l’Auditorium Stephan Bouttet, à deux pas de la plage de l’Ecluse.

Clôture du 23e festival de musique de Dinard

Le 17 août, le et le pianiste et directeur artistique du festival, Kun Woo Paik nous offrent des œuvres, assez mal connues du grand public, d’ (1878-1925), de (1845-1924) et de (1899-1963). Mais ce sont les Six Bagatelles pour quintette à vent de (1923-2006) qui ouvre la soirée, avec un accent humoristique. Dans la Quintette pour flûte, hautbois, clarinette, basson et piano de Caplet, œuvre de grande envergure à caractère grave, chaque instrument à vent est honorablement mis en valeur dans une excellente interprétation. Seul, le son du piano est très métallique, se distinguant nettement de l’ensemble ; mais il est difficile de savoir si cela est dû à l’accordage ou aux panneaux qui couvrent le derrière de la scène ou encore à l’acoustique perçu de la place où nous étions. Ce petit déséquilibre se poursuit dans Pelléas et Mélisande de Fauré (transcrit par notre hautboïste David Walter), mais dans le Septuor pour quintette à vent de Poulenc, ce son du piano se fond avec bonheur aux vents, créant une atmosphère joyeusement tapageuse. En bis, une transcription de la « chanson bohème » du début du deuxième acte de Carmen, et une mélodie tzigane que les artistes exécutent avec beaucoup d’humour.

Le 18 août à Dinard, une conférence sur le thème de « Proust et la musique » par Jean-Yves Tadié, autorité proustienne mondiale, servait d’introduction au concert-lecture du lendemain. Le 19, des extraits de A la recherche du temps perdu, lus par , étaient illustrés par des pièces de (Méditation et Séranade), de (transcriptions de mélodies), de (« Romanza » de la Deuxième Sonate pour violoncelle et piano) et de (Sonate pour violon et piano transcrite pour violoncelle et piano par Jules Delsart) – à moins que ce ne soit les musiques qui sont illustrées par le texte. Non seulement le violoncelliste Anthony Leroy et la pianiste Sandra Moubarak créent une parfaite synergie, mais le ton de la lecture et celui de chaque musique sont si homogènes que cela s’enchaîne à merveille, comme si l’un et l’autre étaient liés depuis toujours. Entendre cette musicalité raffinée du texte, rendue évidente par , est un moment exquis. Fin connaisseur de la musique, l’acteur dit que celle-ci est un réconfort et qu’il prend beaucoup de plaisir à faire connaître, à un grand nombre de personnes, différentes facettes de l’écrivain, aujourd’hui souvent considéré comme quelque peu « poussiéreux ». Ainsi, en bis, un long extrait, délicieusement drôle, de Sodome et Gomorrhe, où Proust livre quelques observations sur Debussy, Wagner et Chopin, à la bouche de Mme de Cambremer et de sa belle-fille, dans une villa d’où l’on peut admirer la mer. Suivi de la Sérénade de Mél Bonis qui porte à la méditation.

Oui, nous avons assisté à un salon artistique, tenue dans une charmante maison dotée de bow-windows, en face de la mer.

Crédit photographique : © Philippe Colliot

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