tous les dossiers(1)

Bernard Herrmann et Miklós Rózsa : deux géants de la musique de film

À emporter, CD, Cinéma et musique, Musique symphonique

Bernard Herrmann (1911-1975) : Suites d’orchestre de Journey to the Centre of the Earth, The Seventh Voyage of Sinbad, The Day the Earth Stood Still, Fahrenheit 451, Gulliver’s Travels, Citizen Kane, Jane Eyre, The Devil and Daniel Webster, The Snows of Kilimanjaro, Mysterious Island, Jason and the Argonauts. National Philharmonic Orchestra, London Philharmonic Orchestra, direction : Bernard Herrmann. 1 double CD Decca « Eloquence Australia » 4803784. Code barre : 0028948037841. Enregistré entre février 1970 et février 1975 au Studio 3 Decca, West Hampstead, et au Kingsway Hall, Londres. ADD. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 72’04, 68’11.

Bernard Herrmann (1911-1975) : Suites d’orchestre de Psycho (A narrative for orchestra), Marnie, North by Northwest, Vertigo ; A Portrait of « Hitch » (from The Trouble with Harry). Sir William Walton (1902-1983) : Richard III, prelude ; Escape Me Never, ballet. Constant Lambert (1905-1951) : Anna Karenina, suite. Sir Arnold Bax (1883-1953) : Oliver Twist, two lyrical pieces. Arthur Benjamin (1893-1960) : An Ideal Husband, suite. Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : 49th Parallel (from The Invaders), prelude. Sir Arthur Bliss (1891-1975) : Things to Come, suite. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Hamlet, op. 116 (sélection). National Philharmonic Orchestra, London Philharmonic Orchestra, direction : Bernard Herrmann. 1 double CD Decca « Eloquence Australia » 4803787. Code barre : 0028948037872. Enregistré entre décembre 1968 et novembre 1975 au Studio 3 Decca, West Hampstead, et au Kingsway Hall, Londres. ADD. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 56’05, 68’27.

Miklós Rózsa (1907-1995) : Suites d’orchestre de Ben Hur, Quo Vadis, Julius Caesar. National Philharmonic Orchestra & Chorus, direction : Miklós Rózsa, Bernard Herrmann. Royal Philharmonic Orchestra & Chorus, direction : Miklós Rózsa. 1 double CD Decca « Eloquence Australia » 4803790. Code barre : 0028948037902. Enregistré entre mars 1974 et septembre 1977 au Studio 3 Decca, West Hampstead, au Walthamstow Assembly Hall, et au Kingsway Hall, Londres. ADD. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 47’10, 52’47

 

Lors de notre chronique consacrée au superbe enregistrement de la non moins superbe musique du film Les Neiges du Kilimandjaro (1952) chez Naxos, nous déplorions l’absence de nouvelles parutions marquant le centenaire de la naissance de (1911-1975), l’un des créateurs les plus originaux pour le cinéma. C’était compter évidemment sans Universal Eloquence Australie qui à l’époque n’était pas distribué chez nous, mais qui avait réédité à cette occasion tous les enregistrements de musiques de film (y compris les siennes) que avait dirigées pour la célèbre série Phase 4 Stereo de Decca. Comme dorénavant Decca Eloquence est aisément disponible grâce aux bons soins de Codaex, il n’y a guère à hésiter à acquérir toutes ces merveilles de l’Âge d’Or musical du cinéma. À vrai dire, il manque dans cette série la musique magnifique que Herrmann avait composée pour le film Obsession (1975) de Brian de Palma, et enregistrée également pour Phase 4 Stereo Decca : espérons donc que Decca Eloquence comble bientôt cette lacune.

Le premier double CD regroupe intelligemment les musiques de associées aux films de genres psychologique, fantastique, de fantaisie, ou de science-fiction, tous où il excellait : du premier nous avons ce monument cinématographique qu’est Citizen Kane (1940), puis Jane Eyre (1944) et Les Neiges du Kilimandjaro (1952) ; des deux genres suivants, qui se confondent souvent, font partie Le Septième Voyage de Sinbad (1958), Les Trois Voyages de Gulliver (1960), L’Île Mystérieuse (1961), Jason et les Argonautes (1963), la plupart avec les effets spéciaux du génial Ray Harryhausen ; au dernier sont associés Le Jour où la Terre s’arrêta (1951), Voyage au Centre de la Terre (1959) et Fahrenheit 451 (1966).

Mais il ne faut pas oublier les films d’Alfred Hitchcock avec qui Herrmann eut la plus longue collaboration. Leur musique est présente dans le deuxième double CD : Mais qui a tué Harry ? (1956), Sueurs Froides (1958), La Mort aux Trousses (1959), Psychose (1960), Pas de Printemps pour Marnie (avec Sean Connery jeune, 1964). De même il ne faut guère perdre de vue que Bernard Herrmann fut l’un des plus grands défenseurs de la musique de ses confrères, notamment de à une époque où ce dernier était considéré comme un doux excentrique : il est bon de rappeler que Stokowski, bien avant d’être le brillant avocat de Ives que l’on sait, avait répliqué à Herrmann qui l’incitait à programmer ses œuvres : « Keep Ives for yourself !… »

Aussi nous trouverons également sur ce deuxième album un choix de musiques de film de divers compositeurs, essentiellement anglais, toutes dignes de survivre, mais dont il convient de surtout retenir celles de (superbes prélude de Richard III, 1956, et ballet d’Escape Me Never, 1935), de , trop oublié de nos jours (admirable Anna Karénine, 1948) et d’Arthur Bliss (envoûtant La Vie Future, 1936). Et finalement, Bernard Herrmann fut certainement un pionnier dans l’enregistrement de cette grande sélection d’Hamlet (1964) de Chostakovitch.

Le troisième double CD regroupe une fois de plus judicieusement, tous les enregistrements Phase 4 Stereo Decca de musiques de film de  : ceux dirigés par le compositeur même (Ben-Hur, Quo Vadis) avaient déjà connu une réédition éphémère sur CD London, puis chez Dutton Vocalion, cette dernière publication ayant déjà fait l’objet d’une chronique détaillée à laquelle nous renvoyons le lecteur. Mais cette édition Decca Eloquence est dorénavant préférable à Vocalion, car en plus de détenir les bandes originales, elle a l’avantage d’y joindre la suite orchestrale de Jules César (1953), cette fois dirigée par Bernard Herrmann qui fut également le premier à mettre en disque cette musique de son confrère et ami. À notre connaissance, c’est la seule collaboration de à un film de Joseph L. Mankiewicz, qui mettait en vedette, en de superbes images noir et blanc, ces trois monstres sacrés du cinéma, Marlon Brando (Marc Antoine), James Mason (Brutus) et John Gielgud (Cassius).

Banniere-abecedaire728-90-resmusica-janvier16

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.