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Intuition de trois compositeurs adolescents par les Modigliani

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Juan Crisóstomo de Arriaga (1806-1826) : Quatuor à cordes n° 3 en mi bémol majeur ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Quatuor à cordes n° 6 en si bémol majeur K. 159 ; Franz Schubert (1797-1828) : Quatuor à cordes n° 4 en ut majeur D. 46. Quatuor Modigliani : Philippe Bernhard, Loïc Rio, violons ; Laurent Marfaing, alto ; François Kieffer, violoncelle. 1 CD Mirare. Réf : MIR 168 ; Enregistré en septembre 2011 à la Salle Colonne, Paris. Code barre : 3 760127 221685. Livret en français, anglais et allemand. Durée totale : 56’.

 

La première phrase du texte imprimé sur la jaquette du disque résume avec éloquence le contenu de l’enregistrement : « Jaillis de la plume de compositeurs de 17 ans, les trois Quatuors réunis ici sont une preuve de l’étonnante intuition des jeunes Mozart, Schubert et Arriaga, émerveillés dès l’adolescence devant l’étendue des possibilités expressives du quatuor à cordes. » Ce sont toutes des œuvres de jeunesse, mais d’une jeunesse musicalement mature.

Quand Arriaga a écrit son 3e Quatuor, il avait déjà un grand savoir-faire en matière de composition car il avait commencé dès l’âge de 9 ans. Tout en se référant à Haydn et à Boccherini, il s’amuse, dès l’exposition du premier mouvement, avec des enchaînements très surprenants et fait preuve partout d’un sens dramatique qui aurait pu trouver un formidable épanouissement s’il n’avait quitté ce monde à 19 ans…

Mozart n’avait plus à prouver son génie lorsqu’il a composé son 6e Quatuor au cours de son troisième et dernier voyage italien. Jean-Michel Molkhou précise dans le livret que Mozart « ne connaissait pas encore le modèle haydnien et ne perçoit donc aucune contrainte liée à un héritage ». D’où probablement cet étrange ordre des trois mouvements : Andante, Allegro et Rondo. Dans l’ « Allegro » – dans la tonalité significative de sol mineur – l’idée de Strum und Drang est si nette que cela évoque irrésistiblement la musique de son futur mentor et ami. Et quelle idée d’enchaîner cette angoisse tortueuse à un air gracieux de danse rococo !

On peut appeler le 4e Quatuor de Schubert un petit chef-d’œuvre, même s’il pensait « qu’il ne valait rien ». Il faut écouter une interprétation par des musiciens talentueux comme ceux du , pour percevoir la juste valeur des idées de Schubert, chambristes et symphoniques à la fois. D’ailleurs, ces quatre musiciens, attentifs aux moindres détails, nous offrent ici une version réfléchie qui ne pourtant perd rien en spontanéité. Le dynamisme émanant de leur jeunesse, armée de sons chaleureux et vigoureux, va de pair avec la fraîcheur de chaque morceau, qui rend cet enregistrement extrêmement agréable à écouter. Cela donne même envie de l’entendre en boucle !

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