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Les allegros symphoniques initiaux de Nielsen

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« Une affiche de concert jaunie par le temps et abandonnée à sa solitude dans un dossier oublié est-elle à jamais condamnée au silence ? Nous voulons croire que ce triste destin apparemment inexorable mérite de recevoir un démenti cinglant, ne serait-ce que le temps d’une lecture. » Voilà comment débute ce dossier élaboré par le président fondateur de l’Association française Carl Nielsen. Pour accéder au dossier complet : Sur les traces de Carl Nielsen

 

Nombre de musiques sont connues ou reconnues par leurs premières mesures ou leur premier mouvement. A n’en point douter le métier et l’inspiration des créateurs s’expriment souvent au mieux dans la partie initiale de leurs œuvres. Peut-être ce propos s’avère-t-il trop général et ne constitue-t-il en rien une règle absolue ? Probablement ! Mais n’empêche…

 

Lorsque l’on évoque la musique de c’est le plus souvent le remarquable massif des six symphonies qui se présente en premier à l’esprit. La réputation nationale et mondiale de repose majoritairement sur ces œuvres orchestrales inspirées qui jalonnent régulièrement son riche parcours créateur, constitué grossièrement entre 1890 et 1928.

Au jeu « à l’aveugle », « de qui est cette œuvre ? », on propose souvent d’entendre les premières minutes du premier mouvement celui dont on retient en général le thème, la coloration, la rythmique… constituant en quelque sorte une griffe voire une signature.

Nous allons vérifier tout cela en renseignant nos lecteurs sur les six premiers mouvements des six symphonies de Nielsen. Cet article constitue évidemment le pendant attendu de Les mouvements lents dans les symphonies de Carl Nielsen. Il complète et illustre en ce qui concerne le style : Passé et académisme scandinave dans l’œuvre de Carl Nielsen et Positionnement esthétique général de Carl Nielsen.

S’engager dans l’élaboration d’une symphonie a toujours représenté une démarche majeure pour tout compositeur conscient de l’importance du geste. Longtemps les musiciens sont parvenus à faire connaître leur musique par le biais de la musique de chambre, piano seul y compris et les chansons pour voix seule et piano, voire pour chœur dont de nombreuses communautés nordiques, mais pas seulement, ont toujours été très friandes.

On pourrait rappeler les échecs, les doutes ou les renoncements dans cette rubrique aussi vaste que variée, aussi conventionnelle qu’académique mais encore aussi novatrice qu’individuelle. Car écrire une symphonie exige du créateur une audace, une assurance, un courage qui, il l’espère, feront la différence avec le tout-venant, et contribuera à le hisser au sommet de la montagne symphonique.

Il n’est pas inutile de rappeler qu’à l’époque où il compose sa Symphonie n° 1 en sol mineur au cours des années 1889-1894 n’est pas le premier en Scandinavie à tenter l’expérience. Avant lui, certains représentants de ce que l’on a appelé l’âge d’or de la culture danoise (1800-1850) se sont exprimés par le genre symphonique, bien codifié, répondant à certaines normes peu transgressibles, d’où une impression de moule général immuable exigeant une inspiration authentique sous peine de se rapprocher d’un académisme dangereusement niveleur, voire desséchant.

Au-delà du domaine spécifiquement nordique le genre symphonique avait inspiré les plus grands génies en particulier germaniques. Il suffira de citer les merveilleuses symphonies de Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart, Ludvig van Beethoven, Franz Schubert, Felix Mendelssohn, Louis Spohr, Franz Liszt…

Dans les domaines centro-européens et slaves il y eu aussi de nombreux modèles marqués d’originalité dus à Borodine, Glazounov, Tchaïkovski… Mais aussi Anton Dvorak, Nicolaï Rimski-Korsakov, Alexandre Borodine, Balakirev, Glazounov, Serge Rachmaninov, Bedrich Smetana…

La complexe et riche histoire de la musique française propose également des partitions non négligeables. On suggère là les musiques sorties de l’esprit de César Franck (Symphonie en ré mineur), Albéric Magnard, Hector Berlioz, Camille Saint-Saëns, Edouard Lalo, Ernest Chausson, Vincent D’Indy, Paul Dukas…

Mais revenons dans le Nord de l’Europe dans la période qui précède la Symphonie n° 1 de Carl Nielsen. Au plan de la symphonie deux noms s’imposent alors. Johan Peter Emilius Hartmann et . Le premier a composé deux symphonies qui assurément ne sont pas à l’origine de sa notoriété contrairement aux huit symphonies du second qui verront leur exécution lors des concerts danois mais aussi pour certaines d’entre-elles en Allemagne (Leipzig). L’opportunité de se faire apprécier par le genre symphonique ne datait pas de bien longtemps.

A présent nous allons nous re-concentrer sur les six premiers mouvements des six symphonies du cycle nielsénien en nous demandant dans un premier temps s’il est envisageable d’en détacher des points communs. Bien sûr, aux yeux ou plutôt aux oreilles d’un créateur, le démarrage d’une symphonie revêt une importance cruciale dans sa caractérisation, dans sa mémorisation, dans l’envie qu’elle génère ou non d’en savoir plus, de l’écouter avec attention, de la hisser au firmament du panthéon musical de l’auditeur.

Les trois premières symphonies de Nielsen respectent globalement le modèle classico-romantique traditionnel tel que mis en place au cours des réalisations évoquées un peu plus haut. Elles sont redevables de l’héritage beethovénien et de ses ramifications souvent moins dramatiques mais parfois géniales dues aux excellents créateurs que furent Félix Mendelssohn, Joachim Raff, Louis Spohr qui s’exprimèrent à la suite de Franz Schubert et Robert Schumann, tous à un moment ou un autre redevable des avancées autorisées par Joseph Haydn et Wolfgang Amadeus Mozart. Vient ensuite une période, en Germanie surtout, mais pas uniquement, où fleurissent un nombre très considérable de symphonies davantage marquées par la recherche prioritaire d’un modèle que d’une exigence d’expression. Le dessèchement et l’académisme menaçait alors dangereusement. Beaucoup sont tombées dans l’oubli et y stagnent encore aujourd’hui en dépit de résurgences ponctuelles mais non correctrices des décisions de la postérité. Heureusement, de géniaux musiciens ont su enrichir le genre et le doter de traits absolument singuliers à même de ravir les auditeurs des générations suivantes. On pense dans ce registre aux œuvres de Bruckner et Mahler par exemple.

Venues du Norden on n’omettra pas de rappeler les participations remarquables d’excellents créateurs. En Norvège : Otto Winter-Hjelm, , Catharinus Elling, Christian Sinding, Johan Halvorsen… Au Danemark : Frøhlich, Helsted, Christian Winding, Asger Hammerik,
En Finlande : Ernst Mielck, Erkki Melartin, , Jean Sibelius…
En Suède : Franz Berwald, A.F. Lindblad, Ludvig. Norman , A. Rubenson, G. Hägg, Wilhelm Pertersen-Berger…

Une mention spéciale pour le cycle symphonique de Jean Sibelius, exact contemporain de Carl Nielsen, avec ses sept partitions d’une profondeur, d’une originalité et d’un intérêt pratiquement inégalés et inégalables.

Il est un autre compositeur non encore cité qui assure un rôle de guide et de stimulant sans égal sur l’ensemble du monde musical de 19e siècle y compris bien évidemment Nielsen, puisqu’il s’agit de Joachim Brahms. Carl Nielsen connaissait ses partitions, et pas uniquement orchestrales, les appréciait hautement et les avait inscrites au programme des concerts qu’il dirigeait au Danemark même, mais aussi encore à l’époque où il conduisait régulièrement l’Orchestre symphonique de Göteborg en remplacement de son ami , pianiste, chef et compositeur largement influencé par Brahms mais aussi par Sibelius et Nielsen.

Les Symphonies n° 1 en sol mineur (1890-1892) et n° 2 Les Quatre Tempéraments (1902) de Nielsen suivent un schéma brahmsien général en ne s’éloignant pas de la morphologie de la symphonie adoptée par le compositeur allemand dont les quatre partitions datent respectivement de 1855-1876 (Symphonie n° 1 en ut mineur, op. 68), 1877 (Symphonie n° 2 en ré majeur, op. 73), 1883 (Symphonie n° 3 en fa majeur, op. 90), et 1884-1885 (Symphonie n° 4 en mi mineur, op. 98) Il s’en différencie sans conteste par la richesse de ses idées mélodiques, par son travail harmonique et rythmique sérieux, par la singularité de ses timbres, attributs passionnants qui ne sont en rien censé amoindrir les qualités intrinsèques de Brahms.

La Symphonie n° 3 porte le sous-titre d’Espansiva (1910-1911) elle voit le jour lors d’un concert dirigé par le compositeur en personne à Copenhague le 28 février 1912. Elle marque au niveau de son premier mouvement noté Allegro espansivo, une aisance et une confiance accentuées même s’il pourrait paraître plutôt audacieux d’asseoir ce mouvement initial sur un rythme de valse. Mais quel rythme et quelle valse !
Nielsen nous invite à partager un crescendo orchestral très réussi, particulièrement entraînant et plein de vivacité. Cette période correspond à l’explosion de sa personnalité, à l’expansion de sa culture et de ses centres d’intérêt, à la persistance (menacée) de l’amour, aux belles années de ses jeunes enfants. De plus, sa place au sein de la vie musicale danoise est devenue celle d’un des plus grands musiciens de son temps qui peu à peu s’est solidement imposé en partant de rien ou presque, lui qui longtemps joua modestement au sein des seconds violons de l’Orchestre du Théâtre royal de la capitale.

Puis surgit l’impensable Guerre mondiale qui propulsa les peuples vers une modernité non préparée où se débattaient et parfois se confrontaient la masse des laissés pour compte, des pauvres, des sans-espoirs et comme toujours, de l’autre, le confort insolent des nantis. Carl Nielsen à l’instar de millions de ses contemporains fut bouleversé par la dissolution des règles que l’on pensait immuables, par la mécanisation de la vie, par le recul de la moralité, par l’irruption de courants esthétiques novateurs et pas encore intégrés. La Symphonie n°4 (1914-1916) s’inscrit dans ce mouvement désabusé, elle véhicule à sa manière la désorientation et la fin d’un monde agonisant. La destruction de l’humanité serait-elle donc chose envisageable ou du moins possible ? On y pensait sans doute à l’époque et le créateur baptisa sa symphonie Inextinguible. Il ajoute pour mieux faire comprendre son état d’esprit et ses intentions ces quelques mots devenus fort connus : «Seule la musique a le pouvoir d’exprimer pleinement la volonté élémentaire de vivre. »

Et bien sûr la fameuse formulation : « La musique est la vie, et comme elle, elle est inextinguible ».

Le premier mouvement formellement novateur l’est aussi au plan de l’invention musicale, du timbre orchestral, du déroulé de la rythmique, rompant avec le modèle traditionnel hérité du siècle précédent.

Dans la foulée de l’Inextinguible, et seulement quelques années plus tard, il développa ses pensées musicales, et sans doute humaines, leur offrant plus d’ampleur, de générosité, de poli aussi, confirmant s’il était encore besoin ses qualités d’orchestrateur et sa puissance unique lorsqu’il décide de donner le meilleur de lui-même sous la pression d’un « courant de fond » irrépressible comme il aimait à le formuler assez régulièrement.

La vaste première partie de la Symphonie n° 5 (1922), qui ne porte pas de titre (Nielsen avouera en avoir cherché un mais sans succès), nous élève au sommet de l’art symphonique de Nielsen en tant qu’héritier du romantisme et en tant que réalisateur d’un art infiniment supérieur à ce que le courant romantique tardif scandinave nous a proposé. Si doute il y a – on pense aux multiples informations en provenance de la modernité musicale largement en mouvement depuis le début des années 1920 – Carl Nielsen ne le montre pas, en tout cas il le maîtrise et réussit parfaitement à l’intégrer dans son propre élan créateur.

Pour la mise en place de sa dernière symphonie Nielsen affiche sans vraiment le cacher l’intensité de sa désorientation. Après le fracas produit par les Symphonie 4 et 5, il souhaitait se lancer vers une composition plus simple, moins ample, moins complexe, à tel point que très tôt dans le processus compositionnel il souhaita lui accoler un sous-titre hautement évocateur : « Sinfonia semplice » [Symphonie n° 6, création le 11 novembre 1925].

Mais au fur et à mesure de l’avancée du travail les choses se compliquèrent de manière inattendue. Il entra de plein fouet avec la musique tout à fait contemporaine, celle-ci qualifiée de moderne et représentée, non pas par Richard Strauss et Gustav Mahler… mais par un choix de créateurs nouveaux, venus de très loin et qui allaient imposer leur marque partout. On évoque là la Seconde Ecole de Vienne (Arnold Schoenberg, Alban Berg, Anton Webern…), le Hongrois Béla Bartók, le Russe Igor Stravinsky, l’école française contemporaine (Ravel, Honegger, Roussel, Milhaud…). Même si ce sont essentiellement les trois derniers mouvements de la symphonie qui sont chargés de véhiculer ces influences, le premier mouvement, lui, constitue une sorte de synthèse finale quelque peu nostalgique pour ce cycle on ne peut plus brillant, varié et original.
On évoque dans cette optique la démarche similaire de Richard Strauss résumant ses adieux aux poèmes symphoniques (et à sa jeunesse) par le biais de son très brillant opus, Une vie de héros où l’on retrouve plusieurs citations ou évocations des célèbres poèmes qui établirent sa gloire avant qu’il ne se consacre entièrement, et avec quel talent, à l’opéra.

Données principales concernant les allegros initiaux des symphonies de Carl Nielsen.

Symphonie n° 1, op. 7, FS 16. 1er mouvement noté : Allegro orgoglioso. Date de composition de la symphonie (1889-1894) : Durée moyenne : 9’

Symphonie n° 2 « Les Quatre Tempéraments », op. 16, FS 29. 1er mouvement noté : Allegro collerico. Date de composition de la symphonie : 1901-1902. Durée moyenne : 10’

Symphonie n° 3 « Sinfonia Espansiva », op. 27, FS 60. 1er mouvement noté : Allegro espansivo. Date de composition de la symphonie : 1910-1911. Durée moyenne : 12’

Symphonie n° 4 « Inextinguible », op. 29, FS 76. 1er mouvement noté : Allegro. Date de composition de la symphonie : 1914-1916. Durée moyenne : 12’

Symphonie n° 5, op. 50, FS 97. 1er mouvement noté : Tempo giusto-Adagio. Date de composition de la symphonie : 1920-1922. Durée moyenne : 20’

Symphonie n° 6 « Sinfonia semplice », FS 116. 1er mouvement noté : Tempo giusto. Date de composition de la symphonie : 1924-1925. Durée moyenne : 14’

A l’image de la progression inexorable des cycles symphoniques de Bruckner, Mahler, Sibelius et Chostakovitch par exemple, on trouve chez Carl Nielsen une suite de métamorphoses d’une symphonie à l’autre d’une telle importance que l’on reste confondu. De la première à la dernière partition les multiples expériences de la vie, les mouvements profonds de la société danoise et du monde occidental dans son ensemble, les bouleversements esthétiques en tous sens impriment leurs profonds stigmates sur le créateur danois qui plus ou moins consciemment, probablement, les répercutent dans son expression musicale en permanente métamorphose. Constatation rarement rencontrée chez la grande majorité des symphonistes qui le précèdent en Scandinavie. On songe à cet égard au cycle des 8 symphonies de de très belle tenue certes mais dépourvues d’un authentique renouvellement. Dans un passé plus lointain nombre de compositeurs ont enrichi leurs partitions orchestrales de modestes apports, insuffisants pour en modifier réellement la physionomie. Rien de tel bien sûr chez Beethoven mais souvent de mise chez Spohr par exemple. Ceci ne préjuge en rien des qualités intrinsèques propres à chaque opus.

On appréciera la clarté du discours et la spontanéité des évènements qui le composent, tout comme le sens de la souplesse mélodique empruntée à Svendsen, de l’Allegro orgoglioso (Symphonie I). Etincelant, ce premier mouvement affiche une certaine fierté et une évidente assurance porteuse des plus grands espoirs, futur entrevu par quelques collègues attentifs déjà impressionnés par le travail présenté par le jeune créateur trentenaire en pleine expansion.

L’intérêt de Nielsen pour l’étude des caractères et de la psychologie humaine indique combien le jeune apprenti d’un épicier destiné à aucun avenir a progressé. Il traduit sans ambition de le décrire à traits détaillés le tempérament colérique d’un personnage imaginaire même si probablement inspiré par un tableau antérieurement aperçu lors d’une excursion dans la campagne danoise. En résulte un Allegro collerico (Symphonie II) plein de vitalité, d’énergie et d’éclats rythmiques illustrant bien le caractère inspirant dans lequel l’originalité constatée s’affine sensiblement.

L’Allegro espansivo qui allait donner son titre à l’ensemble de la Symphonie III expose le meilleur de l’optimisme et de l’assurance du Nielsen de cette époque (début des années 1910), assailli par les idées, habile à les traduire en notes, ici sous forme d’une splendide valse à la fois entraînante et tourbillonnante mais parfaitement contrôlée. L’impact sur l’auditeur ne manque jamais et constitue une bonne initiation à sa musique symphonique.

La Grande Guerre venue, la stabilité apparente du monde ébranlée voire pulvérisée, tout change et Nielsen ne demeure pas indifférent à la marche heurtée de l’histoire. Quel contraste en effet imposent les deux Allegros initiaux des deux symphonies suivantes (Symphonies IV et V), presque sœurs jumelles témoignant de l’illustration d’un monde violent, mobile et terriblement moderne. Transformations brutales que rechignent à adopter sans retard ni discussion la plupart des contemporains de notre musicien. La violence des rythmes, l’irruption en force des percussions, la déstructuration relative des mélodies et des idées programmées habituellement sur la durée achèvent de nous prouver combien la douleur fut vive et intense de même que le rétablissement d’une volonté de vivre et de survivre qui s’ensuivirent. Nielsen nous entraîne dans un quotidien nouveau se refusant à stagner dans un passé artistique en pleine déliquescence. A l’écoute de ses deux allegros endiablés et courageux montrant la tourmente incontrôlable, il est évident qu’il fait montre une fois encore de son exceptionnelle capacité d’adaptation au monde qui l’entoure. Destruction et renaissance, mort et paix se partagent le terrain ; désespérance et euphorie se combattent mais chez Nielsen qui gagne ?

La vieillesse approchant, la maladie menaçant, l’adaptation aux changements devenant plus ardue et souvent moins satisfaisante, Nielsen décide de résumer son parcours symphonique (Symphonie VI) et humain, dans un ultime Tempo giusto précédant de peu une approche moderniste dans une Humoresque aux résultats incertains (caricature sarcastique de la musique moderne !). Le premier mouvement lui s’enrichit de passages variés, souvent très beaux mais pas franchement novateurs ni bouleversants… musicalement parlant.

Partitions de poche facile à acquérir

On peut se procurer sans difficulté chez Wilhelm Hansen Edition les partitions de poche suivantes symphonies n° 1 (n° 2882b), n° 2 (n° 959b), n° 4 (n° 1843) ; chez Engstrøm & Sødring, Musikforlag København/ C.F. Kahnt, Wasserburg (Bodensee) pour la Symphonie n° 3 (E. & S. 365); chez Skandinavisk Musikforlag, København (SM 4552) pour la Symphonie n° 4 ; chez Samfundet til Udgivelse af Dansk Musik (n° 133) pour la Symphonie n° 6.

Principales réalisations discographiques

Le catalogue de Nielsen a largement bénéficié de la participation d’excellents musiciens depuis le début de l’enregistrement. Nous proposons une sélection des meilleures prestations pour une première découverte et aussi pour un retour vers des partitions peut-être abandonnées.

On proposera la très belle intégrale réalisée par à la tête de l’orchestre symphonique national de la Radio danoise au cours des années 1999-2000 pour le label Naxos et réédité chez Dacapo.

D’une lecture moins « romantique », plus « moderne », l’intégrale dirigée par pour Sony Music (1985-1989) affiche de solides qualités et évite tout assoupissement.

Très fouillée et bénéficiant des apports récents de l’Edition Carl Nielsen, la lecture de Douglas Bostock peut aussi s’imposer et se justifier aisément. Il a enregistré le cycle complet chez ClassicO avec l’Orchestre philharmonique royal de Liverpool en 1999-2000.

On n’oubliera pas les merveilleux et célèbres enregistrements de Ole Schmidt (Unicorn, réédité chez Regis) et de Neeme Jävi (DG).

D’autres enregistrements de haute qualité existent encore : Osmö Vänskä (BIS), (Decca-EMI), Edward Serow (Kontrapunkt), Theodore Kuchar (Brillant), (CBS), Gennady Rozhdestvensky (Chandos), Tor Mann (Danacord) , (RCA)…

Pour en savoir davantage

Peter BROWN. The Symphonic Repertoire. The European Symphony from ca. 1800 to ca. 1930. Germany and the Nordic Countries. Vol. III, part A. Indiana University Press. 2007.

Jean-Luc CARON. Carl Nielsen. L’Age d’Homme. 1990.

Jean-Luc CARON. Autour de la Symphonie n° 3 de Carl Nielsen. Bulletin de l’Association Française Carl Nielsen (A.F.C.N.) n° 2, 1986, 80p.

Jean-Luc CARON. L’Inextinguible : Symphonie n° 4 de Carl Nielsen. Bulletin de l’Association Française Carl Nielsen (A.F.C.N.) n° 6, 1988, 48p.

Jean-Luc CARON. Le passé et l’académisme scandinave du temps de Carl Nielsen à travers quelques exemples choisis. Article mis en ligne sur ResMusica.com le 31 mai 2010.

Jean-Luc CARON. Positionnement esthétique général de Carl Nielsen. Etude publiée sur resmusica.com le 10 janvier 2010.

Jean-Luc CARON. Les mouvements lents dans les symphonies de Carl Nielsen. Etude publiée sur Resmusica.com le 6 avril 2011.

Jean-Luc CARON. Carl Nielsen. Rencontre avec trois modernistes [Stravinsky-Schoenberg-Bartók]

David FANNING. Nielsen, Symphonie n° 5. Cambridge Music Handbooks, 1997.

Daniel M. GRIMLEY. Carl Nielsen and the Idea of Modernism. The Boydell Press. 2010.

Robert SIMPSON. Carl Nielsen Symphonist. Kahn & Averill, 1979.

Sur les traces de Nielsen

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