Luthiers, de la main à la main

À emporter, Essai, Livre

Collectif sous la direction de Valérie Klein, Baptiste Buob,
Hélène Claudot-Hawad. Acte-sud Editions ISBN 978-2-330-00623-5. 188 pages. 39 €

 

Ce recueil est bien plus qu’un simple catalogue, puisqu’il édite plusieurs extraits de thèses des différents protagonistes qui ont travaillé à l’élaboration de l’exposition qui se tient à Mirecourt jusqu’au 31 décembre 2013.

Avec les témoignages de luthiers, d’ethnologues, d’archivistes, on parcoure la vie de la principale activité artisanale qui a animé le village de Mirecourt durant près de 300 ans.

Si la ville a pu s’enorgueillir d’avoir au début du XXe siècle plus de 2000 personnes qui travaillaient de près ou de loin dans le monde de la lutherie, aujourd’hui il ne reste que 9 enseignes, dont une qui est celle d’un fabricant de chevalet : la maison Aubert fondée en 1865.

Les photographies des ateliers d’archèterie sont étonnantes et parlent d’elles-mêmes sur la dure réalité du XIXe et du début du XXe siècle. La plupart des apprentis sont de jeunes enfants d’une dizaine d’année. Plusieurs familles comme les Morizot, les Ouchard, les Bazin ont participé durant des décennies à ce qui est devenu un des fleurons de la fierté française, l’archèterie. Tout un dossier sur les guitares qui ne sont pas en reste dans le monde très fermé de la lutherie dite  noble, celle des violons.

Nous nous attachons particulièrement aux lettres échangées durant les périodes noires de la lutherie, les années 50/60 entre Albert Claudot et ses amis luthiers. Alors que le pays est en plein essor, l’avènement du transistor, plonge toute la profession dans une grande faillite, pourquoi jouer d’un instrument si on peut écouter de la musique en poussant le bouton d’une radio ?  En 1960 restent seulement deux  ateliers, celui de Morizot et celui de Paul Hilaire qui forment des apprentis : deux américains (Paul Schuback et Armand Bartos), un chinois un portugais (Antonio Capela) et seulement deux français : Pierre Claudot et François Perrin. La ville aura un sursaut avec l’ouverture d’une section lutherie au lycée Jean-Baptiste Vuillaume et la création d’un musée qui s’imposait en 1976 pour que reste une trace de la gloire de Mirecourt.

Aujourd’hui tout s’achète par Internet, même des violons, mais redécouvrez au cours de ces pages qu’un instrument c’est une histoire humaine entre celui qui le fabrique et celui qui le joue. Qu’il soit ancien, moderne, qu’il vienne du bout du monde ou d’un atelier à côté de chez vous, il nous relie les uns aux autres.

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