Les suites pour violoncelle de Bach à la contrebasse

À emporter, CD

(1685-1750) : Les six suites pour violoncelle seul BWV 1007 à 1012. , contrebasse. 2 CDs FY et Solstice SOCD 292/3. Code barre 3279792922037. Livret bilingue français/anglais. Durée totale 2h 27’ 58’’.

 

est un musicien grandement attachant. Il y a quelques jours, lors de la sortie officielle de cet album, qui coïncidait avec les 40 ans de l’éditeur FY et Solstice, le public du théâtre de l’Athénée à Paris a pu entendre cet artiste exceptionnel en compagnie de son fils Sylvain au piano, dans un programme varié autour de ces fameuses suites pour violoncelle de Bach qu’il interprète sur sa chère contrebasse. Depuis toujours, et comme un défi qu’il s’était lancé il y a longtemps déjà, il souhaitait travailler ces œuvres, mais dans la tessiture réelle du violoncelle, c’est-à-dire globalement une octave au-dessus du jeu habituel de la contrebasse. Le challenge était de taille !

Certes c’est la musicalité qui prime ici, de toute part, une inspiration de chaque instant, soutenue par un texte d’une extrême densité. Du coup, on entend tout autrement ces œuvres. La contrebasse est émouvante au possible, une chaleur indicible s’en dégage, c’est l’occasion d’entendre ces pages autrement, même si on sent bien les limites que propose cette grande basse de violon en terme de justesse stricte, surtout dans les aigus en fin de touche.
Nous avons récemment entendu une très belle version de au violoncelle baroque accordé un ton en dessous du La actuel, donnant à ces suites un caractère de gravité inouï à ce jour, se référant au diapason ancien de Köthen, contemporain de la création de ces œuvres. Ici et par simple logique vu la taille de l’instrument, cette impression de gravité se retrouve grâce à d’autres chemins, et semble bonifier tout naturellement le discours musical. François Rabbath propose toutes les reprises dans ces danses qui s’enroulent harmonieusement les unes aux autres.

Dans la sixième suite en ré majeur, se posait vraiment le problème de la tessiture, cette dernière ayant été composée pour un instrument plus aigu (viola pomposa ou violoncelle piccolo). Le musicien la transpose ici en sol majeur, comme l’aurait sans doute fait Bach lui-même en pareille circonstance. On se souvient de cette accommodation lorsqu’il transcrivit les concertos de violon vers le clavecin, pour des raisons évidentes liées à la technique et l’ambitus des claviers.

Une citation du grand chef d’orchestre Myung Whun Chung résume à elle seule l’art de François Rabbath : « Il est capable de chanter et de faire avec la contrebasse de la musique libérée des contraintes techniques habituelles ». Remercions l’éditeur Solstice pour ce cadeau, et un grand merci pour 40 ans d’édition musicale autour de grands artistes de ce monde : Pierre Cochereau, Yvonne Lefébure, Alain Ledroit, François Rabbath… Joyeux anniversaire !

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