Francesco Cera joue trois orgues de la région de Rome

À emporter, CD

(1585-1643) : Toccata octava (libro primo). (1637-1710) : Variazioni capricciose ; Passacagli in sol minore. Domenico Zipoli (1688-1726) : All’Elevazione. (1653-1704) : Toccata prima. (1678-1741) : Concerto en ut majeur op. 3 n° 12 transcrit par BWV 976. (1637-1709) : Passacaglia en ré mineur BuxWV 161. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Choral Liebster Jesu, wir sind hier BWV 731 ; Toccata dorienne et fugue en ré mineur BWV 538. à l’orgue Cesare Catarinozzi (1720) chiesa si Santa scolastica de Rieti, à l’orgue Johann Konrad Werle (1759) Santuario di San Giuseppe da Leonessa (Rieti) et à l’orgue des frères Pinchi (2011) chiesa auditorium San Giorgio in Rieti. 1 CD Tactus 580001. Code barre 8007194105391. Enregistré en mai et octobre 2011. Livret bilingue anglais/italien. Durée totale 63’35’’.

 

La ville de Rieti, proche de Rome, est déjà célèbre depuis la construction d’un grand orgue classique français d’après Dom Bedos, grand 32 pieds en montre à cinq claviers, construit en 2007 par Barthélémy Formentelli. Ce que l’on savait moins, c’est que cette cité possède d’autres orgues, dont certains remontent au XVIII° siècle, comme le révèle le présent enregistrement. Ces orgues sont d’esthétiques diverses, ce qui justifie le titre : « Baroque du nord au sud ».

En effet le premier orgue entendu ici est de pure esthétique romaine, avec ses jeux de principaux très vocaux et un ripieno (plein-jeu) fondamentalement caractéristiques de l’école italienne traditionnelle. La prise de son très précise et très claire met en valeur les différents timbres de manière exemplaire, ainsi que l’acoustique du lieu. Les œuvres de Frescobaldi, Pasquini et Zipoli y sonnent à merveille, grâce au jeu énergique et inspiré de Franscesco Cera. On sent l’organiste heureux de jouer cette musique qu’il comprend dans ses moindres détails.

Le deuxième orgue, lui aussi construit au XVIII° siècle, propose une esthétique qui se rapproche d’avantage de l’Allemagne moyenne, bien que conservant un noyau italien. Mais ici les sonorités plus autrichiennes, appellent un autre répertoire, d’où la présence de , organiste à Passau au XVII° siècle. Bach également au travers d’un concerto transcrit d’après Vivaldi se prête bien à cette palette sonore, ou apparaissent des anches, des gambes et des cornets. Dans cette œuvre, on est sous le charme, avec autant de virtuosité et d’à propos de la part de l’interprète.

Le troisième orgue est moderne, construit en 2011 par les frères Pinchi. Leur inspiration puise ses sources dans les orgues de l’Allemagne du nord, en particuliers ceux de Arp Schnitger. a été le consultant pour la construction de ce nouvel orgue, proposant le diapason élevé du La 465, et d’un tempérament inégal, adapté au répertoire correspondant à Buxtehude et aux œuvres du jeune Bach. Ces auteurs trouvent logiquement leur place ici. On appréciera en particulier la toccata dorienne de Bach, magnifiquement rendu sur les deux plein jeux de l’orgue.

Tactus continue donc sa grande collection sur l’orgue italien, véritable encyclopédie, où chaque disque aborde un thème, celui-ci étant de nous montrer les racines italiennes dans la facture germanique. L’orgue italien est un monde à lui tout seul, très diversifié, où chaque époque, chaque région, chaque école porte ses caractéristiques propres, de quoi passionner l’auditeur attentif à tous ces joyaux.

Imprimer
Mots-clefs de cet article

Les commentaires sont fermés.

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.