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Folle journée de Nantes : l’heure exquise de la musique française et espagnole

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Du 30-I au 3-II 2013, Nantes et l’agglomération.

Le succès de la Folle Journée de Nantes ne se dément pas. La 19e édition s’est terminée avec un résultat très satisfaisant, avec 145 000 billets délivrés sur 156 000, soit un taux de fréquentation de 93 %. 1800 artistes répartis sur 316 concerts payants et 34 concerts gratuits, et 47 conférences tenus par une vingtaine de conférenciers. Un choix comme chaque année, extrêmement large.

Cette année, sous le thème de « L’heure exquise », la musique française et espagnole de 1850 à nos jours étaient à l’honneur. Dans ce cadre, un grand hommage a été rendu à l’âge d’or de la musique française des années 1870 aux années 1940. Aux côtés des grands noms, tels que Debussy, Ravel, Bizet, Albéniz, de Falla, ou encore Messiaen, le public a pu découvrir des compositeurs jusqu’à maintenant demeurés méconnus ou inconnus, tels , Gabriel Dupont, , , Cécile Chaminade… Il en va de même pour les interprètes : des maîtres (, Jean-Claude Pennetier, Jean-François Heisser, Anne Queffélec, Boris Berzovsky, , Pierre Hantaï, Olivier Charlier, Gérard Caussé, Deszö Ranki…) côtoient des jeunes, voire de très jeunes, tout au début de leur carrière (Fanny Clamagirand, Shani Diluka, Nathanaël Gouin, Matan Porat, Adam Laloum, Etsuko Hirose, David Violi, Raphaël Sévère, Romain Leleu, , , Trio George Sand…)

Du côté de la musique espagnole également, de belles découvertes, notamment des œuvres pour guitare : Concerto andalou pour quatre guitares de , des pièces de Miguel Llobet, de Francisco Tárrega, de Agustín Barrios, etc. , outre dans le Concerto andalou, le Concerto Aranjuez, ou le spectacle avec danse « Cuerdas del Alma » (avec son Sextet de guitares, percussions, basse et danseurs), a joué en récital ses propres compositions de Flamenco.

La performance de l’Orchestre Lamoureux sous la direction de (entre autres le concert de clôture, notamment le Concerto en sol de Ravel avec Bertrand Chamayou et La Boda de Luis Alonso pour castagnettes de Géronimo Gimenez avec la surprenante Lucero Tena aux castagnettes) ou de l’Orchestre National de Lyon sous la baguette de (dans un programme Ravel) n’est plus à démontrer. A leurs côtés, la belle prestation de Yokohama Sinfonietta dirigé par (lauréat du 51e concours de jeunes chefs d’orchestre de Besançon en 2009) enflamme le public très nombreux avec le Bœuf sur le toit de Darius Milhaud. La chanteuse Antonia Contreras nous plonge dans l’atmosphère de flamenco avec l’Amour sorcier de avec l’excellent Orchestre de Poitou-Charentes conduit par Jean-François Heisser et au piano. nous « raconte » les Histoires naturelles de Ravel et chante des Chansons populaires espagnoles de Falla, avec son complice Alain Altinoglu au piano. La soprano d’origine nigériane et le ténor français créent de très belles émotions avec des extraits de Roméo et Juliette de Gounod (Orchestre Symphonique Région Centre-Tours, dirigé par Jean-Yves Ossonce). La belle voix « luisante » et puissante d’, techniquement impeccable, rivalise avec celle encore plus puissante, à timbre très claire et sensuel, de , dans un sentiment passionnel exceptionnel. Deux noms à retenir.

Dans la sphère de la musique de chambre, arrêtons-nous à seulement quelques concerts qui contiennent des raretés au programme : le Cuarteto Arriaga, avec la complicité du pianiste Luis Fernando Pérez et de la contrebassiste Pénélope Poincheval, joue le Quatuor avec piano op. 67 de et le Quintette avec piano op. 49 d’Enrique Granados ; J. Hurel (flûte), O. Charlier (violon), M. da Silva (alto), H. Demarquette (violoncelle) et I. Moretti (harpe) interprètent le Quintette de ; le et le pianiste David Violi nous offre les Quintettes avec piano de et de et des pièces pour piano solo de et de .

Au registre de piano, plus que riche, notons en particulier : elle possède un très large répertoire d’œuvres rares de compositeurs souvent méconnus et propose, avec une étonnante maîtrise du clavier, des Danses op. 26 d’, Sillage op. 27 de Louis Aubert, et la Sonate op. 1 d’Henri Dutilleux. Avec beaucoup de naturel et expression, offre de beaux programmes : des pièces de Cécile Chaminade dont l’Etude de concert op. 35-2 « l’automne » et Toccata op. 39 ; deux Valses, très lente et folle de Jules Massenet, extraits des Femmes de légende de Mel Bonis notamment « Omphale », ou encore Paysage maritime de Jean Cras. joue avec délicatesse des œuvres de Debussy dans une conférence-concert avec le texte « Debussy, Degas et Mallarmé », de Jean-Michel Nectoux, grand spécialiste de Debussy. Enfin, Anne Queffélec donne cinq fois le récital « Satie et compagnie », un voyage musical à la fin du 19e siècle qu’elle commente, avec de petites pièces de Poulenc, de , de Pierre-Octave Ferroud de , de Gabriel Dupont, de Charles Koechlin et de Florent Schmitt…

L’année prochaine, les 20 ans de la folie musicale nantaise se fêtera avec la musique américaine du 20e siècle, avec des œuvres de compositeurs américains mais aussi celles de compositeurs d’autres pays créées en Amérique, du jazz et des comédies musicales. Que cela swingue et explose comme il se doit !

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