Exposition Noëlla Pontois, Divine étoile, à Eléphant Paname

Aller + loin, Danse , Expositions

Paris. Eléphant Paname. Exposition , Divine étoile. Du 1er février au 29 mars 2013.

31 janvier 2013 : le vernissage de l’exposition dédiée à la danseuse étoile se tient à Eléphant Paname. A cette occasion, Hugues Gall, ancien directeur de l’Opéra National de Paris, est venu lui remettre les insignes d’officier de la Légion d’Honneur : « Vous avez incarné ce je-ne-sais-quoi qui fait de l’Opéra une compagnie unique au monde ». L’exquise étoile aux yeux pervenche esquive d’une pirouette cette avalanche de compliments : « A travers moi, c’est la danse classique, à laquelle je me suis dévouée, qui est honorée ».

Noëlla entre à l’Ecole de danse à l’âge de neuf ans et demi. Engagée dans le corps de ballet en 1960, elle gravit rapidement les échelons au sein de la compagnie. Elle est nommée danseuse étoile en 1968. Elle incarne les plus grands rôles du répertoire et devient la partenaire des danseurs les plus flamboyants de son époque : Rudolph Noureev, Mikhaïl Barychnikov, Cyril Atanassoff, Michael Denard, Manuel Legris ou encore Patrick Dupond. Elle inspire également des chorégraphes tels que Serge Lifar, Roland Petit, Maurice Béjart, George Balanchine et John Neumeier. Elle met un terme à sa carrière en 1993 et devient professeur au sein de l’Opéra, fonction qu’elle occupera jusqu’en 2007.

Les expositions dédiées aux danseurs sont rares. A l’origine du projet, l’admiration sans bornes que voue Fanny Fiat, co-directrice d’Elephant Paname, à l’étoile qui fut aussi son professeur : « Noëlla a été et restera l’une des danseuses les plus incroyables du XXème siècle. Technique, émotion, grâce, fluidité… Il n’y a pas de mots pour décrire la classe de cette ballerine française par excellence. Elle fait toujours mon admiration et restera mon modèle. Je lui dois mon envie de danser ».

L’exposition, dense, nous fait partager les moments clés de la vie d’artiste de cette ravissante jeune femme de 1, 56 mètre, archétype de la danseuse classique qui suscita nombre de vocations chez les jeunes filles.

L’exposition a été pensée en harmonie avec le bâtiment. La scénographie, épurée et inventive, est signée par Nathalie Crinière. On peut néanmoins déplorer le manque d’éclairage, notamment dans la salle du Dôme. C’est d’autant plus dommage que sont exposés dans cette salle les tutus de scène de l’étoile, véritable amuse-bouche qui ouvre en fanfare l’exposition. Au centre du carrousel trône le tutu de Giselle, l’un des rôles-phares de la danseuse.

L’exposition se déroule sur trois étages. Les différentes salles portent des noms évocateurs : Etoile ; Un rêve de petite fille devenu réalité ; Ses partenaires. A l’aide de costumes de scène, d’affiches, de photographies, de vidéos et d’archives personnelles, c’est toute une époque qui revit. Un temps où les ballerines avaient droit à la couverture de grandes revues populaires comme Télé 7 jours ou Jours de France. Une époque révolue où les ballets étaient diffusés en première partie de soirée sur TF1 et où une aura de glamour entourait les danseuses, au même titre que les stars du petit écran ou du cinéma.

De nombreux clichés évoquent l’enfance de l’étoile, ou témoignent de moments privilégiés avec sa fille Miteki (elle aussi danseuse et ancien sujet de l’Opéra de Paris). On sourit devant l’apprentie danseuse – aux faux airs d’Elizabeth Taylor – qui, à ses heures perdues, prenait la pause comme mannequin dans les revues et les romans-photo pour adolescentes. Et dans toutes les salles figurent des photographies signées par Francette Levieux et Michel Lidvac. Les images figurant la scène de la folie dans Giselle sont sublimes.

Dans le prolongement des archives papier, les archives vidéo (dont la majorité provient de l’INA) constituent un autre point fort de l’exposition. Ces extraits nous dévoilent notamment Noëlla Pontois en répétition avec Rudolph Noureev. Une relation privilégiée les unissait ; le danseur génial au caractère impossible adorait cette petite brunette qui possédait un sens de l’exigence aussi développé que le sien. Noëlla dansa avec lui pour la première fois en 1969, alors qu’elle était une toute jeune étoile de la maison. On découvre sur ces images un Rudolph souriant, détendu et visiblement en osmose avec sa partenaire. On raconte que Noëlla fut la seule étoile contre laquelle Rudolph ne piqua jamais l’une de ses célèbres colères…

La reconstitution de la loge de l’artiste, qui regorge d’objets ayant appartenu à la danseuse, est une autre bonne idée.

Celle qui a illuminé la scène de l’Opéra avoue avoir « nombre de fois […] douté avant de monter en scène : ma bonne étoile, ma divine étoile, a veillé sur moi ». Dont acte.

Crédits photographiques : photo 1: Copyright Emmanuel Donny; photo 2: Noëlla Pontois – Photographie de Francette Levieux; photo 3: Noëlla Pontois – Copyright Emmanuel Donny

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