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Helga Schauerte joue les primitifs de l’orgue allemand jusqu’à Bach

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Les origines de l’orgue allemand jusqu’à Johann Sebastian Bach (1685-1750): Chorals BWV 245/5, BWV 636, BWV 737. Helga Schauerte à l’orgue gothique de la Klosterkirche d’Oeinghausen- Arnsberg, Allemagne. 1 CD SyriusSYR 141459. Code barre : 3491421414595. Enregistré en septembre 2012. Livret trilingue allemand/français/anglais. Durée totale 71’13 ».

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poursuit sa quête de musique auprès des orgues allemands qu’elle connait bien, avec cette fois ci un programme consacré à des musiques peu enregistrées, et sur un orgue dont les premiers éléments remonteraient au XV° siècle. Depuis, cet instrument, comme beaucoup d’autres, a suivi l’évolution de la musique, de la facture, et des influences diverses pour aboutir à un orgue de synthèse aux alentours des années 1715. Actuellement cet orgue exceptionnel offre au musicien un ensemble de tuyauterie bien conservée de la toute fin du XV° siècle et du début du XVIII° siècle. Il a été récemment restauré de manière exemplaire par Kuhn en 2002.

D’où l’idée d’ de proposer deux parties musicales, se référant à ces périodes clef dans l’histoire de cet orgue. Nous entendons ici les premières œuvres européennes écrites pour l’orgue tirée du fameux Codex Robertsbridge Codex remontant au XIV° siècle avec 2 estampies. On est fixé d’entrée par les couleurs antiques de l’instrument et un tempérament inégal très marqué qui fait merveille dans ces œuvres et se fait de plus en plus remarquer au fur et à mesure que l’on avance dans le temps. A ce propos une petite toccata en mi mineur de qui ouvre le CD campe bien le décor à ce niveau.

Par la suite le programme nous amène vers d’autres rives avec des auteurs anglais ou espagnols. On apprécie les belles pavanes de Luis Milan ou Hugh Aston. Hans Leo Hassler, génial compositeur allemand de la renaissance, auteur de la plupart des mélodies de chorals reprises plus tard par Bach lui même, est présenté ici aux travers de superbes canzone, directement tirées de l’art italien dont les musiciens allemands d’alors étaient si friands.

La deuxième partie de ce disque est consacrée à la période baroque autour d’un choral phare « Vater unser im Himmelreich », choral du Notre Père. Utilisée par tous, cette mélodie, de la main même de Martin Luther, a inspiré de nombreux auteurs, depuis d’obscurs anonymes jusqu’aux plus grands. Successivement, Helga Schauerte propose diverses versions, souvent variées, de Jakob Praetorius, Georg Böhm, Dietrich Buxtehude, Georg Telemann, et . C’est là que l’on apprécie pleinement l’imagination de ces auteurs, capables d’écrire des œuvres si différentes à partir d’un même thème.

Le jeu d’Helga Schauerte, comme à l’accoutumée, est reconnaissable entre tous, vivant, bouillonnant même parfois,toujours au service du texte pour mieux en faire ressortir les secrets. Les registrations choisies sont judicieuses, pleines de reliefs et de couleurs. La mise en valeur de cet orgue du passé est parfaite, soutenue par une prise très soignée, caractéristique de ce label spécialisé dans la musique pour orgue.

Voici un disque qui vient compléter harmonieusement une discographie assez chiche sur l’orgue pré-renaissance.

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