Schumann & Schumann romantiquement soutenu par Nosikova

À emporter, CD

(1810-1856) : Sonate en fa mineur, op. 14 ; Sonate en fa dièse mineur, op. 11. (1819-1896) : Notturno en fa majeur, op. 6 n° 2 ; Scène Fantastique : Le Ballet des Revenants (op. 5 n° 4). , piano. 1 CD Profil-Hänssler. Réf. : PH 12072, code barre : 8 81488 12072. Enregistré salle Seiji Ozawa, Tanglewood, Lenox, Massachusetts du 9 au 11 juin 2011. Notice bilingue : allemand, anglais. Durée : 76’33

 

Le rapprochement musical de Clara Wieck-Schumann et de son mari ne fait plus peur et sans dévaluer le génial mari rend davantage justice à celle qui, virtuose exceptionnelle et partout adulée, ne put s’exprimer plus avant dans le domaine de la création musicale.

Les deux courtes pièces proposées ne rendent pas totalement justice à sa valeur (il faut écouter : le Trio avec piano en sol mineur, op. 17 ; le Concerto avec piano en la mineur, op. 7 ; les Trois Romances pour piano, op. 11 ;  les Romances, op. 21) et la place royale revient  sans conteste dans ce concept conjugal à Robert. Et là, nous plongeons une nouvelle fois dans son univers complexe, ambivalent ou excessif, altier ou sentimental, clair ou codé, passionné ou poétique, dont sont faits ses principaux  opus pianistiques.

La Sonate en fa dièse mineur (op. 11, 1835) dans son déroulement musical affiche la passion bouillonnante du jeune musicien inspiré au plus haut degré par la toute jeune Clara Wieck qui la créera en août 1837 lors d’un récital donné à Leipzig quelques jours à peine après leurs fiançailles secrètes. conquis en donna un compte-rendu très enthousiaste.

La grande Sonate en fa mineur opus 14, contemporaine des autres sonates reste plus ignorée, moins souvent jouée, en tout cas fort appréciée encore une fois par Liszt toujours prompt à s’enflammer avec générosité. Si elle paraît moins lisse, moins arrondie que sa devancière, elle réussit à retenir l’attention par ses choix moins romantiques, à savoir une très forte densité, quasi orchestrale, des liens parfois abrupts, des heurts entre certaines phases, des rythmes syncopés, des aspects alors considérés comme insolites, voire de moindre valeur créatrice. N’empêche, l’opus 14 demeure une œuvre intemporelle  d’une écoute passionnante. Cet héritage est très correctement assuré par la jeune pianiste , brillante et chevronnée, interprète diplômée du Conservatoire de Moscou et de l’Université du Colorado, enseignante brillante également.

Là où le verbe et la musique s’assemblent Robert Schumann édifie un monde romantique transcendé et transcendant.

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