Hommage à Marie-Claire Alain

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nous a quittés le 26 février 2013. Avec elle disparaît la grande Dame de l’orgue français. Elle était née en août 1926 dans une famille de musiciens. Son père, Albert Alain, était compositeur et organiste à Saint-Germain-en-Laye, son frère ainé, Jehan Alain, compositeur et organiste, ainsi qu’Olivier Alain, également compositeur et musicologue.

Notre dossier :

 

A la suite de ses premières études à Saint-Germain, elle fut l’élève de Marcel Dupré et de Maurice Duruflé, auprès desquels elle obtint cinq premiers prix d’orgue, improvisation, harmonie, contrepoint et fugue, au CNSM de Paris.

Elle débute sa longue carrière de musicienne dès 1937 auprès de son père à l’orgue de Saint-Germain-en-Laye. Elle a donné plus de 2500 concerts dans le monde entier, et fut une pédagogue très recherchée, invitée dans les grands conservatoires européens et les universités renommées, en particulier en Amérique du nord et au Japon. Son enseignement était fondé sur les études musicologiques, en perpétuelle évolution, en parallèle aux progrès de la facture d’orgue en matière de restauration des instruments du passé. Elle enseigna également au conservatoire de Rueil-Malmaison de 1978 à 1994. Elle a ainsi formé des centaines d’organistes dans le monde entier, devenus pour la plupart de grands organistes et professeurs réputés.

Au cours de sa vie de musicienne, a enregistré près de 250 projets musicaux, et vendu plus de 4 millions de disques.

On lui doit entre-autres, trois intégrales Bach, Grigny, Couperin, Jehan Alain, deux intégrales Franck, également de nombreux enregistrements avec orchestre, et l’invention du fameux Trompette et orgue, qu’elle porta à son sommet en compagnie de Maurice André. Cette somme d’enregistrements étalée sur presque soivante années lui valut plus de quinze grands prix du disque, et de nombreux Diapason d’or. Elle enregistra également le répertoire symphonique et contemporain, de Liszt à Messiaen. La musique de son frère Jehan Alain a toujours occupé une place de choix dans sa vie de musicienne, au niveau de l’enseignement de ses œuvres, et des interprétations qu’elle fit découvrir au plus grand nombre, terminant traditionnellement ses récitals par les fameuses Litanies.

Sa première intégrale Bach, commencé en 1959, eut un grand succès. Un énorme coffret de 24 microsillons, proposait alors d’entendre des copies d’instruments anciens, essentiellement des orgues Marcussen de Suède et du Danemark. En 1980, elle proposa au public une deuxième intégrale, sur le même principe des copies d’instruments baroques, mais cette fois doublées d’une évolution sensible dans la connaissance de l’interprétation baroque. Enfin  au milieu des années 90, une nouvelle fois, elle propose une troisième intégrale Bach, toujours pour son label Erato. Cette fois-ci, elle choisit un choix d’orgues historiques, désormais et enfin restaurés suivant les principes de la facture ancienne, parmi les plus beaux de Hollande et de Saxe, et représentants les deux courants de  facture d’orgue qui influencèrent le génie de Bach, magnifiés par Arp Schnitger et Gottfried Silbermann. Cette dernière intégrale Bach est l’aboutissement de l’art de Marie-Claire Alain, qui se remit en cause tout au long de sa vie, pour approfondir un peu plus à chaque fois ses connaissances en matière d’interprétation, et portées conjointement par les enseignements des voix retrouvées des orgues anciens.

Au milieu des années 70, elle avait créé l’académie J.S. Bach de Saint-Donat dans la Drôme, autour de l’orgue Schwenkedel d’esthétique baroque allemande, qu’elle dirigea de 1977 à 1991. Elle fut aussi l’invitée de l’académie de Romainmôtier en Suisse, où est désormais installé l’orgue de salon de la famille Alain.

Marie-Claire Alain a fait partie de la commission des orgues auprès du ministère de la culture de 1970 à 2009. Elle était grand officier dans l’ordre de la légion d’honneur.

La disparition de Marie-Claire Alain est pour le monde des organistes et plus largement de la musique une grande perte. Cette immense artiste que les américains avaient surnommé « The lady of the Organ », restera vivante en nous, par les souvenirs inoubliables de ses concerts, ses nombreux disques, sa gentillesse et sa disponibilité légendaires, qui resteront à jamais un précieux enseignement et le témoignage de son art exceptionnel.

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