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Bartek Niziol joue Karol Lipinski, le Paganini polonais

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Karol Lipinski (1790-1861) : Morceaux de salon pour violon avec accompagnement de piano arrangés sur des motifs de G. Rossini ; Trois caprices pour violon solo opus 29 ; Fantaisie et Variations sur la Somnambule de Bellini pour violon et accompagnement opus 23 ; Allegro de Trois mélodies italiennes de l’opéra Parisina de Donizetti. Bartek Niziol, violon ; Pawel Andrzej Mazurkiewicz, piano. 1 CD DUX 0878. Code barres : 5902547008783. Enregistré au W. Lutoslawski Polish Radio Concert Studio en novembre 2011. Livret bilingue (polonais-français). Durée totale : 56’44

 

Placé sous l’opéra italien que Lipinski appréciait particulièrement, ce disque vient bienheureusement compléter les quelques références au catalogue de ce compositeur peu connu. Il était pourtant une star européenne à son époque, au même titre que Paganini dont sa virtuosité n’avait rien à envier, et que Liszt.

Les Morceaux de salon arrangés sur des motifs de Rossini – on y reconnaîtra la très fameuse Danza, – la Fantaisie et variations sur la Somnambule de Bellini et une mélodie tirée de la Parisina de Donizetti (et non de Bellini comme indiqué sur la pochette ! )  sont certes de la pure musique de salon telle qu’on l’affectionnait à cette époque où les enregistrements n’existaient pas et où le seul moyen de connaître et de propager une œuvre était de la faire jouer via des arrangements plus ou moins virtuoses. Et de la virtuosité, il y en a ! Sans savoir qu’il s’agit de Linpinski, on croirait du Paganini. Les deux hommes furent rivaux mais se dédicacèrent mutuellement des opus.

Pour mieux apprécier l’art personnel de Lipinski, on écoutera ces Trois caprices opus 29 d’une sidérante virtuosité, dans lesquels le violoniste polonais Bartek Niziol fait montre non seulement de toute son adresse mais aussi de toute sa musicalité. Dans des pièces où l’on aurait tendance à vouloir « envoler » la sonorité, l’artiste concentre au contraire la matière et la rentre pour ainsi dire dans l’instrument, un superbe Guarnerius del Gesù de 1727, jamais irritant. L’entente avec le pianiste accompagnateur est parfaite, puisque celui-ci laisse chanter librement son compagnon en musique sans chercher à le couvrir.

Remettons donc cet auteur à sa juste place, aux côtés des plus médiatiques !

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