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24ème Concours FLAME, détecteur des plus jeunes talents et soutien attentif des lauréats

Concours, La Scène

Paris, auditorium Marcel-Landowski du CRR. Du 29-IV au 08-V 2013

Ce concours international de premier ordre, encore trop mal connu, est du plus haut intérêt, avec deux caractéristiques : l’ouverture aux plus jeunes candidats, dès l’âge de 6 ans (catégorie A) avec une autre catégorie, pour la tranche d’âge de 19 à 26 ans (catégorie B). Il doit son succès à une organisation remarquable et stable depuis un quart de siècle, et à l’enthousiasme généreux des membres de l’Association, oeuvrant désormais sans la moindre subvention mais assurant la gratuité au public des épreuves et du concert final.

Trois concours en un, tour de force qui permet de faire se dérouler simultanément des épreuves de piano (dominantes), mais aussi de violon et de violoncelle avec des jurys spécifiques ( alors que la mairie de Paris a supprimé les concours Rostropovitch, Rampal et Vatelot)

Fondatrice de l’association avec le compositeur Patrice Sciortino, l’âme du concours est sa Sécrétaire générale, Germaine Tocatlian, grande musicienne, enseignant à la Schola Cantorum, allie  compétence artistique, probité et une attention personnelle pour chaque participant, loin des intrigues hélas fréquentes dans ce type d’épreuves. Perfection, tradition assurant la continuité sont les gages du succès et, toute proportion gardée, ces échanges profonds rappellent ce qu’on peut appeler l’esprit de Salzbourg. Pas étonnant que le prestigieux Mozarteum de la ville de Mozart  travaille depuis toujours en liaison avec FLAME, permettent aux  lauréats d’y suivre des cours et d’y être joués au Schloss Mirabell pendant le Festival.

Parmi les lauréats des années antérieures figurent : les pianistes Eric Arzt, Tristan Pfaff, David Bismuth et, chez les  concertistes, de moins 19 ans, Ingmar Lazar et Jean-Paul Gasparian ; les violonistes, figurent Radu Blidar, enseignant au  Royal College de Londres,  Julien Szulman, partenaire notamment de François Dumont et Vanessa Szigeti et les violoncellistes Guillaume Martigne et Edgar Moreau,  2ème prix Tchaïkovski en 2011 et « Révélation instrumentale » aux Victoires de la Musique classique 2013.

Cette année, 27 pays furent représentés, et, sur 213 candidats auditionnés, quinze  lauréats furent sélectionnés, dans les catégories A, 6-19 ans et B, 19-26.  Chaque instrument a son jury propre : Piano, B : Présidente : Chantal Stigliani ;  membres : Fernando Rollano, Judy Chin Cottet, Pierre Doury (président du jury A) et Robert Fitzpatrick. Violoncelle : Président : John Ryan, membres : Julien Chappot, Igor Kiritchenko, Guillaume Martigne . Violon : Président : Paul Roczek ; membres : Nicole Entremont, Luz Leskowitz, Julian Shaw, Florin Sziget. Les pianistes accompagnateurs, chose rare, sont des solistes, Olga Averianova, Russie, Anna Jbanova, Russie, Natalia Kazaryan, U.S.A.

Pas de fleurs, pas de petits fours mais de joyeux drapeaux multicolores sur l’estrade de l’amphithéâtre Marcel Landowski du CRR plus que plein (entrée gratuite).

Le niveau général est tout simplement étonnant et, outre une technique bien acquise, ces jeunes talents prouvent qu’ils sont de vrais musiciens, personnels, capables d’enchanter et d’émouvoir. Sans doute, le finaliste Thibaut Lebrun (B), était de ceux-là, avec des couleurs et une intériorité remarquées, mais trop de talents concurrents oblige à des sacrifices.

A suivre très attentivement, dans l’ordre de passage (mais sans respecter l’alternance avec les autres instruments), les pianistes : Nathan Cohen, 8 ans, France, premier prix spécial de piano, dont la Variation Goldberg n° 1 fut la d’une rare maturité. Frédéric Loboda, 13 ans, Pologne-Allemagne, lyrique, avec de superbes transitions, dans la redoutable Fantaisie Impromptu op .66 de Chopin, partageant le prix spécial de piano (B) avec l’éblouissante Nagino Maruyuama, 14 ans, la petite Japonaise, discrète et menue, abordant avec une souplesse féline stupéfiante, dans le style de Wang, La Campanella  de Liszt. Saluons aussi l’Etude – tableau n° 3  de Rachmaninoff que nous offrit, à 19 ans, Nikola Dragovasac, Serbie, et, en B, l’Etude transcendante La Chasse sauvage  d’Ilya Ramlav, Russie, 22 ans. Si , à l’épeuve finale et au concert, la pétillante Nadeja Tsanova, 26 ans, Bulgarie, s’annonce comme une valeur sûre, nous avons retrouvé avec bonheur, le pianiste japonais Ryutaro Suzuki, 20 ans, CNSM, 2ème prix exaequo avec Hyo-Gheon Shin et candidat étrangement éliminé au dernier Concours Marguerite Long, déjà pianiste de grande classe, qui s’impose immédiatement et offrit l’Etude n° 8  de Claude Debussy.

En violon, le premier grand prix revint à Hildegarde Fesneau, 18 ans, France, jadis déjà récompensée au Concours, prix Adami 2013, jouant comme hors d’elle – même, prodigieuse, la diabolique Ronde des Lutins de Bazzini.

Le bouquet de ce feu d’artifice  nous fut proposé par les trois violoncellistes remportant les premiers prix spéciaux dans leur catégories respectives : Lukas Plag, 16 ans, Allemagne, qui a la musique au corps, un corps qui bouge et danse exprimant une grande  maturité artistique dans le Requiebros de Cassado, puis un autre allemand, Manuel Lipstein, 12 ans, qui dispose d’une admirable palette sonore, chaude et profonde, fascinant dans le Concert-Polonaise op. 14 de Popper. Et, last but not least, bien au contraire, un papillon apparut en long tutu bleu turquoise, Li La, 11 ans, Chine, qui aborda avec un brio vraiment époustouflant, une force d’adulte que trouvent ses petits bras, le concerto de Saint – Saëns ( 3ème mouvement).

Riche idée de faire se produire ensemble et en alternance, lors du concert des lauréats, les différentes formations récompensées lors d’un  concours en tous points au service de l’intelligence musicale.

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