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Rudolph Valentino par Ken Russell

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Ken Russell : Valentino. Réalisation : Ken Russell. Scénario : Ken Russell et Mardik Martin. Production : Robert Chartoff et Irwin Winkler. Date de sortie : 1977. Avec : Rudolf Noureev, Leslie Caron, Michelle Philips, Carol Kane, Felicity Kendal. 1 DVD. Bel Air BAC092. Code-barre : 3 760115 300927. Format image : couleurs-1,85 :1. Format son : stéréo (anglais) et mono (français). Sous-titre : français. Zone 2. Genre : Drame. Durée totale : 127’.

 

Comme dans la plupart de ses productions, propose une histoire revisitée et déjantée. Après The Music Lovers/La Symphonie pathétique dans lequel il rendait un hommage personnel à Tchaïkovski et à son élan romantique, il plonge ici dans le Hollywood du début du siècle en réinventant, à partir de scènes réelles, le « mythe Valentino ».

Rudolph Valentino s’impose dans les années 20 comme le premier séducteur de l’histoire du cinéma. Acteur adulé, sa mort à l’âge de 31 ans déchaîne les passions, provoquant même jusqu’à des suicides !

Faire incarner un tel personnage n’a pas été chose aisée pour dans les années 70. N’étant attiré alors par aucun acteur, il choisit finalement de confier le rôle à , le célèbre danseur russe. Valentino étant censé avoir donné une leçon de tango – musique récurrente dans le film – à Nijinski, ce choix ne pouvait que se justifier, d’autant que le danseur russe crève littéralement l’écran. La fameuse scène entre les deux stars de la danse est d’ailleurs splendidement rendue.

Mais Valentino, c’est un homme qui aime les femmes et le film s’appuie sur ce postulat. Ainsi le discours cinématographique est-il fondé sur des flash-back : viennent lui rendre un dernier hommage lors de ses obsèques, toutes celles qu’il a aimées. Chacune se souvient. De là, son histoire se dessine au son des musiques des années 20 et d’extraits de ses films reconstitués, en noir et blanc. Le spectateur peut ainsi prendre conscience de la fulgurante ascension de cet exilé italien sur le sol américain, à l’instar de celle de Noureev, émigré russe, sur le même territoire. Car certes, le film de Ken Russell est une succession d’histoires d’amour, mais c’est également l’incarnation, la réalisation du rêve américain : du jour au lendemain, de « quidam », son protagoniste devient « star ». Valentino, premier tombeur du cinéma américain, gagne ses lettres de noblesse grâce à la pellicule en noir et blanc des metteurs en scène hollywoodiens. La presse l’encense, jusqu’au jour où un journaliste se rit de lui, lui prêtant des attitudes et des goûts plus féminins que masculins. Le bel Italien le provoque donc en duel, ce qui concrètement se traduit par un combat sur le ring d’où il ressort vainqueur chez Russell, mais qui lui coûte la vie.

Si la réalité est tout autre (Valentino est mort d’une septicémie suite à une opération d’un ulcère à l’estomac), ce parti pris reste malgré tout, séduisant : défendre sa virilité pour un séducteur qui incarne l’ascension sociale, ne pouvait en théorie, que plaire. De plus, Noureev s’impose par un charisme et un charme irrésistibles. Malheureusement, son jeu quelque peu mécanique ne parvient pas à convaincre pleinement.
Comme toujours chez Russell, les scènes de groupe sont impressionnantes. Mais l’ensemble n’a malheureusement pas convaincu la critique et le public. A regarder pour Noureev, autant que pour Russell…

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