Des mélodies anglaises chez Actes Sud

À emporter, CD

« Songs from an island ». The plough boy, The ash grove, O Waly Waly, Come you not from Newcastle ?, The trees they grow so high, Sally in our alley, The brisk young widow et Oliver Cromwell (arrangements de ) ; (1913-1976) : On this island op. 11 ; Roger Quilter (1877-1953) : Love’s philosophy (extrait de 3 Mélodies op. 3) ; O mistress mine (extrait de 3 Mélodies de Shakespeare op. 6) ; Go lovely rose op. 24 n° 3 ; Take, o take those lips away ; Peter Warlock (1894-1930) : Late summer ; Rest, sweet nymphs ; Sleep ; The first mercy ; Pretty ring time ; The birds ; Robin Good-Fellow ; Jilian of Berry. Simon Edwards, ténor ; Simon Lebens, piano ; Alain Fleischer, photographies. 1 CD MUSICALES ACTES SUD ASM 11. Code barre : 3149028032420. Enregistré le 6 et 7 décembre 2011, le 18 janvier et le 25 février 2012 à l’Auditorium du Fresnoy à Tourcoing. Notice en français et en anglais. Durée : 51’

 


La mélodie britannique reste un domaine peu connu des mélomanes français. Il est vrai que, si l’on excepte les meilleurs cycles de Britten (en premier lieu Les illuminations et Our hunting fathers), le genre ne compte guère de chefs d’œuvres capables de rivaliser avec ceux du lied ou de la mélodie française. Les chansons folkloriques, en revanche, sont généralement d’une beauté singulière.

Ce livre-disque mêle ces deux répertoires, et complète le projet par des œuvres d’Alain Fleischer, photographe renommé. Il faut reconnaître que ce sont de belles compositions en noir et blanc, qui utilisent des vues de bâtiments symboliques de la Grande-Bretagne, avec surimpression de textes poétiques et de portraits. Le texte écrit par l’artiste les éclaire de façon intéressante.

Pour la partie musicale, le nom de Simon Edwards n’est pas inconnu des amateurs d’opéra baroque. Avec un timbre plaisant et une voix légère, il se tire plutôt bien des diverses difficultés de ces pièces, que ce soit la rapidité du texte (Oliver Cromwell), la bravoure (« Let the florid music », de On this island) ou l’ampleur des phrasés (Nocturne, de On this island).

Malheureusement, ces qualités ne suffisent pas pour donner du relief à un programme nécessairement monotone. Il faut dire que l’ordre des plages, qui ne correspond que vaguement à celui annoncé au dos de l’album, n’aide pas à s’y retrouver. Pire encore, le texte des poèmes n’est pas reproduit, comme si ce répertoire pouvait être écouté comme de la musique pure !

Le morceau le plus consistant du disque est le cycle de jeunesse de Britten, On this island, composé en 1937 sur des poèmes de W. H. Auden. La réussite tient beaucoup à la souplesse du jeu de Simon Lebens, même si le ton demeure un peu trop appliqué. Les nombreuses mélodies de Warlock paraissent moins marquantes, faute d’éloquence avant tout. Quilter est mieux servi, mais ces quatre pièces ne vont pas au delà d’un charme mignard. Ce sont finalement les chansons arrangées par Britten qui montrent les deux artistes sous le meilleur jour. On voudrait saluer une entreprise originale, mais des choix malheureux ne la rendent pas facile d’accès.

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