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Le Quatuor Valentin Berlinsky sur les traces des Borodine

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor à cordes n° 3 en fa majeur, op. 73 ; Ludwig van Beethoven (1777-1827) : Quatuor à cordes op. 59 n° 2 en mi mineur « Razoumovsky ». Quatuor Valentin Berlinsky : Bartek Niziol, 1er violon ; Xiaoming Wang, 2nd violon ; David Greenlees, alto ; Alexander Neustroev, violoncelle. 1 CD Avie. Réf. : AV2273, code barre : 8 2225222732 1. Enregistré du 29 avril au 1er mai 2012, en l’église réformée de Seon (Suisse). Notice trilingue : anglais, allemand et français. Durée : 70’46

 

Valentin Berlinsky (1925-2008), violoncelliste de talent, après avoir formé un quatuor à cordes avec ses frères, après avoir quitté sa Sibérie natale pour aller étudier à Moscou, fonda en 1945 le célèbre . Cette formation défendit magnifiquement l’œuvre de pendant plus de six décennies. C’est sous le haut patronage de cet artiste inestimable que s’est constitué à Zurich en 2010 le .

Ses quatre membres, instrumentistes du plus haut niveau dont Bartek Niziol comme premier violon vont confronter dans trois albums les mondes artistiques et personnels des deux compositeurs, après un premier volume récompensé d’une Clef ResMusica. Bien que fort différents, ils ont en commun la détermination à se porter au plus haut degré de réalisation personnelle et musicale face aux coups répétés du destin : la maladie physique (la surdité), pour l’un ; l’isolement moral (surdité du régime politique inhumain), pour l’autre. Leur désespoir débouche, souvent douloureusement, sur d’impérissables chefs-d’œuvre touchant au plus intime les auditeurs de toutes origines et de toutes époques.

Le Quatuor à cordes en mi mineur op. 59 n° 3 de Beethoven doit son existence à la commande du comte et ambassadeur russe à Vienne, Razoumovsky, et son lancement à l’engagement par ce dernier du Quatuor Schuppanzigh entre 1806 et 1816. La richesse de cette partition n’échappe nullement au Quatuor Berlinsky qui en offre une lecture très bien dosée, sans excitation déplacée. On retrouve ce choix parfaitement maîtrisé dans le Quatuor en fa majeur n° 3 que Chostakovitch composa et fit jouer à Moscou en décembre 1946. On déguste, à travers une évidente sympathie, cette musique de chambre, contemporaine de la Symphonie n° 9, qui ne cache pas, bien au contraire, son climat dramatique à travers ses cinq mouvements déclinés en une vaste gamme expressive appartenant en propre au compositeur russe : véhémence, piquant, virtuosité, rythmique martiale, désinvolture, aspects parfois grotesques, parfois proches d’une lamentation funèbre… Toute la palette inépuisable d’un Chostakovitch que nous restitue le , se différenciant de la manière titanesque des par un tempérament plus chaud, plus spontané. Une éminente exécution.

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