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Exposition Richard Wagner, la légende illustrée

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Exposition « Richard Wagner, la légende orchestrée » du 22 juin 2013 au 6 janvier 2014. Musée Hector-Berlioz, La Côte Saint-André, Isère. Conception : Chantal Spillemaecker, conservateur en chef du Musée Hector-Berlioz et Antoine Troncy, assistant principal. Entrée gratuite.

Alberich et les filles du Rhin  Le Crépuscule des dieux, T0 - La malédiction de l’anneau Gwendal Lemercier © Editions Soleil

Dans son autobiographie Ma Vie rééditée chez Perrin, reconnait à Berlioz une réelle dette artistique, et à lui seul parmi ses contemporains. Il était donc naturel que, en retour, le Musée Hector-Berlioz consacre à Wagner son exposition annuelle à l’occasion du bicentenaire de sa naissance.

Plutôt qu’aux relations de fascination et froissement entre ces deux géants, qui n’est guère aisée à mettre en scène, l’exposition se consacre à la mise en image de la musique de Wagner, principalement l’Anneau du Nibelung. A défaut de lien avec Berlioz et sa conception du théâtre mis en musique, il y a de quoi montrer, depuis les premiers costumes dessinés par Carl Emile Doepler pour la création complète du Ring en 1876, qui marqueront de manière indélébile l’imagerie wagnérienne avec ces casques ailés, boucliers et lances encadrant lourdement de larges tuniques, jusqu’à la bande dessinée actuelle  dont le genre « heroic fantasy » est caractérisé par la virtuosité du trait de crayon, de fortes charge d’adrénaline et une nette érotisation de l’incarnation féminine.

Les lithographies pleines de vapeurs et d’ombres que réalisera le peintre français Henri Fantin-Latour dans les années 1870 et 1880 proposent une manière de représenter Wagner à l’opposé de l’école précitée, beaucoup plus poétique. Potentiellement aussi évocatrices, les lithographies sont présentées – à quelques exceptions près – sous forme de reproductions, ce qui leur ne rend pas tout à fait justice. Le visiteur veillera à dénicher les originaux pour mieux ressentir la vibration sensible de ces dessins.

De manière réjouissante pour Wagner, ce sont les dessins de jeunes dessinateurs actuels qui s’arrogent la part du lion, avec la plus grande des trois salles. En effet, quel plus beau témoignage du caractère visionnaire d’une œuvre, que de la voir inspirer des créateurs deux siècles plus tard? Les scénaristes Nicolas Jarry et Jean-Luc Istin, et les illustrateurs Jean-François Bergeron (alias Djief) et Gwendal Lemercier se sont inspirés aux mêmes sources que Wagner de la légende germanique des Nibelungen et de Siegfried et lui ont même emprunté le titre du Crépuscule des dieux pour leur série en 8 tomes (éditions Soleil). La mise en regard d’originaux à la mine de plomb rehaussée de crayon bleu (qui est l’étape avant la mise en couleur par procédé numérique) avec les planches finales permet de suivre le travail de création et des modifications qui sont apportées jusqu’à la touche finale.

Ainsi accueille son cadet Wagner lequel devient l’hôte de ses lointains continuateurs. Le fil d’Ariane entre l’hôte et les dessinateurs paraîtra bien ténu au cercle des berlioziens, mais ce serait négliger qu’un lieu de mémoire perd le sens de sa mission s’il ne tisse pas constamment le lien avec le visiteur d’aujourd’hui. Parions que pour nombre de jeunes visiteurs qui viendront visiter à la maison de Berlioz avec leur école, et qui écouteront avec leur audioguide des extraits du Ring correspondants aux dessins devant eux, c’est bien Djief et Lemercier qui les initieront aux sortilèges wagnériens, et leur rendra le nom de Berlioz un peu plus réel et familier.

Illustration :
Alberich et les filles du Rhin
Le Crépuscule des dieux
T0 – La malédiction de l’anneau
Gwendal Lemercier © Editions Soleil

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