Bernard Foccroulle magnifiquement inspiré par Rilke

À emporter, CD

(né en 1953) : Am Rande der Nacht, six mélodies pour soprano et orchestre ; Wie ein Wort das noch im Schweigen reift…., pour violoncelle seul ; Ich soll silbern erzittern, pour flûte alto ; Wer du auch seist, quatre mélodies pour soprano et trio avec piano. Sophie Karthäuser & Mélanie Diener, sopranos ; , dir. ; , violon ; , violoncelle ; Carlos Bruneel, flûte alto ; , piano et crotale. 1 CD Cypres. Réf. : CYP 4640, code barre : 5 412217 046408. Enregistrements réalisés à la Salle philharmonique de Liège le 4 mars 2011 et les 28 et 29 août 2012 et à la salle Fiocco du Théâtre royal de la Monnaie le 5 juin 2012. Notice bilingue : français et anglais. Durée : 65’22

 

cypres foccroulleNé à Liège, en 1953, a étudié au Conservatoire de sa ville natale. Après s’être perfectionné auprès de Xavier Darasse et de Gustav Léonhardt, il est devenu  un organiste de réputation internationale à partir  du milieu des années 1970. Son intérêt le porte vers les œuvres baroques, Jean-Sébastien Bach en particulier, à se produire seul ou en compagnie du Ricercar Consort par exemple. On lui doit une intégrale de l’œuvre d’orgue de Bach (Ricercar, 1982-1997) avant d’entreprendre avec la même exhaustivité une intégrale Buxtehude (2007) dont on a également souligné les grandes qualités. Mais Foccroule ne se cantonne pas à l’orgue allemand baroque puisqu’il a donné un grand nombre de créations mondiales d’œuvres contemporaines. Parallèlement, il fut directeur du Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles (1992-2007) puis directeur du Festival d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence en 2006. Lui-même compose ! On lui doit une remarquable élaboration créatrice autour du poète allemand .

Voilà l’occasion rêvée de découvrir un précieux créateur avec Am Rande der Nacht  II (Au bord de la nuit), six mélodies pour soprano et orchestre (2010). Bernard Foccroulle réussit le rare tour de force de recycler la poésie de Rilke de la manière la plus subtile qui soit, faisant siennes la tonalité séculaire, les dissonances justifiées, une pensée lyrique d’une fine délicatesse et d’une évidente authenticité. Son écriture vocale est littéralement transcendée par le timbre de  la soprano Mélanie Diener accompagnée par un (placé sous l’autorité du chef français ) parfaitement mis en valeur mais sans velléité d’étouffer la voix soliste.

Une atmosphère analogue faite d’oscillations entre sentimentalité et expression exacerbée, voire hallucinée, nous revient avec Wer du auch seist (Qui que tu sois), quatre mélodies pour soprano et trio avec piano (2008-09). La somptueuse et les solistes instrumentaux qui l’accompagnent nous révèlent une œuvre plus qu’attachante : un chef-d’œuvre. Rilke   inspire  différemment au créateur belge deux autres pièces, une pour violoncelle seul et une autre pour flûte alto seule, d’une écriture modelée de manière convaincante, parfois mordante, puis souvent proche  d’une pudique effusion romantique.  Un créateur  contemporain non dogmatique à découvrir.

Imprimer
Mots-clefs de cet article

Les commentaires sont fermés.

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.