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Concours annuel du corps de ballet de l’Opéra

Concours, Danse , La Scène

Paris. Palais Garnier. Concours hommes : 6-XI-2013. Concours femmes : 9-XI-2013. Jury : Présidente : Brigitte Lefèvre ; Laurent Hilaire ; Clotilde Vayer ; Benjamin Millepied ; John Neumeier ; Lionel Delanoë (suppléant). Membres du jury élus par le Ballet : Eleonora Abbagnato ; Josua Hoffalt ; Alessio Carbone ; Lucie Clément ; Pascal Aubin ; Benjamin Pech.

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Peu de surprises, beaucoup d’oubliés. La hiérarchie pèse lourdement sur la carrière des danseurs à l’Opéra. Un phénomène d’autant plus saillant que les jeunes recrues, aussi talentueuses soient-elles, ont une faible chance de promotion : à titre d’exemple, chez les dames, 18 candidates quadrilles postulaient cette année pour seulement deux postes à pourvoir…

Le Concours homme offrait cette année deux postes dans chaque classe. Le constat suivant lequel les classes filles sont, globalement, d’un meilleur niveau, devait une fois encore se vérifier. Les classes des quadrilles et des coryphées offrirent peu de moments réellement enthousiasmants. L’exécution souvent trop laborieuse des variations imposées (tirées de La Belle au bois dormant de Noureev et du Paquita de Pierre Lacotte) interpelle : à l’heure où l’Ecole française de danse de l’Opéra vient de fêter son tricentenaire, on peut trouver paradoxal que la nouvelle génération maîtrise avec difficulté le répertoire de la maison. Le stress dû aux enjeux du Concours peut-il expliquer ces trop nombreuses défaillances techniques ? et , par leur charisme et leur maturité, dominèrent la classe des quadrilles. Ce sont pourtant et qui décrochèrent les deux places vacantes. Chez les Coryphées, ce sont et qui montèrent cette année. Ces deux bons danseurs n’ont jamais baissé les bras et leur persévérance a enfin payé. Un grand regret cependant pour et Hugo Vigliotti : le premier possède une personnalité affirmée et un charisme monstre (il s’est d’ailleurs distingué à plusieurs reprises dans des rôles importants en danse contemporaine) ; le second possède toutes les caractéristiques de l’Ecole italienne, et sa vivacité et son humour lui permettent de se distinguer au milieu de comparses parfois trop sages. La compétition monta d’un cran dans la classe des sujets hommes. Deux danseurs ultra-doués ont été promus. Le très princier représente le meilleur des qualités qui ont concouru à la suprématie de l’Ecole Française. Quant à , il a d’ores et déjà l’étoffe d’une étoile : ce garçon est une bête de scène doublé d’un incroyable technicien. Il a envie de conquérir le monde et le public est déjà à ses pieds. Une pensée pour Fabien Révillion, classé troisième, qui fut spectaculaire dans sa variation libre extraite de Donizetti – Pas de Deux.

874-1911Samedi avait lieu le Concours femmes. Les postulantes étaient nombreuses et le niveau élevé : bravo à ces demoiselles qui se donnèrent à fond ! a terminé sans surprise première de la classe des quadrilles. Le talent de cette jeune artiste pétulante est une évidence. La charmante , qui nous avait séduits dans le rôle d’Olympia dans La Dame aux camélias au début de la saison, rafle la deuxième place du concours. Une promotion attendue et méritée. Chapeau bas à la ravissante qui fut éblouissante dans sa variation tirée de Manon et qui fut classée troisième. Mention spéciale également à qui nous offrit une spectaculaire variation extraite de La Bayadère ; cette prise de risque aurait mérité une distinction. On saluera également les prestations de Laura Bachman, Alice Catonnet et Amélie Joannidès.

domina la classe des Coryphées. La danseuse a écopé, sans surprise, de la première place. On regrette cependant que la jeune fille n’ait pas opté pour une variation libre qui aurait permis de laisser entrevoir son potentiel artistique. La deuxième place n’a pas été pourvue, aucune majorité ne s’étant dégagée à l’issue du dernier tour de scrutin. La classe des coryphées était en effet de très bon niveau et nombre de candidates ont tiré leur épingle du jeu. On remarqua tout particulièrement Emilie Hasboun, Laurène Levy ou encore Lydie Vareilhes. Mention spéciale à la délicate Aubane Philbert qui campa une magnifique Marie dans une variation tirée du Clavigo de Roland Petit.

Une seule place de Première danseuse était à pourvoir cette année. C’est, sans surprise, la sculpturale qui obtient le précieux sésame. On guette déjà avec impatience les prochaines prises de rôle de cette danseuse très charismatique. Grâce et légèreté : deux adjectifs qui caractérisent Héloïse Bourdon. La demoiselle a présenté la meilleure variation imposée, se jouant de toutes les difficultés techniques. La jeune fille a écopé de la cinquième place au classement final : on comprend mal une telle sévérité de la part du jury.

Crédits photographiques : – 1ère Danseuse;  – 1er Danseur © Sébastien Mathé / Opéra national de Paris

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