Maria Magdalena Kaczor, nouvelle étoile de l’orgue

À emporter, CD

(1650-1719) : Offerte du V° ton « Vive le Roy des parisiens ». (1672-1703) : Récit de tierce en taille. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Toccata et fugue en ré mineur BWV 565 ; Choral « Liebster Jesu » BWV 731 ; Concerto en ré mineur BWV 596 (d’après Antonio Vivaldi). Hermann Schroeder (1904-1984) : Toccata op. 5a. Franz Liszt (1844-1886) : Funérailles (arrangement MM Kakzor). (1866-1924) : Capriccio op. 36c ; Chant triste op. 36b. Charles Tournemire (1870-1939) : Victimae Paschali Laudes (reconstitution Maurice Duruflé). à l’orgue Alfred Kern et fils (1997) du Sapporo Concert Hall Kitara (Japon). 1 CD Sapporo Concert Hall SCH 015. Code barre inexistant. Enregistré du 12 au 15 mars 2013. Livret multi-langue japonais, français, polonais, anglais. Durée totale : 77′ 01 ».

 

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Ce disque arrive de bien loin, du Japon, mais pour nous faire connaitre à la fois un orgue de concert et une jeune organiste polonaise. L’orgue, lui, est français, construit à la fin des années 90 par le célèbre atelier alsacien de Daniel Kern (Alfred Kern et fils). La ville de Sapporo au Japon possède Kitara, une grande salle de concert, qui contient cet instrument, résolument conçu pour une utilisation concertante soliste, ou avec orchestre, éloignée de toute tâche liturgique. Doté de 68 jeux répartis sur quatre claviers et pédalier, cet orgue peut faire face aisément à la totalité du répertoire pour orgue des origines à nos jours.

L’acoustique, étudiée pour un tel lieu s’éloigne de celle habituellement entendue dans une église ou une cathédrale. Nous sommes ici dans une ambiance plus feutrée, mate, propre à la précision requise pour un orchestre ou un piano. L’orgue s’en accommode fort bien, harmonisé en conséquence par le maitre artisan Kern.

Le programme proposé couvre, à l’image des possibilités étendues de ce grand orgue, trois siècles de musique. L’offertoire du français , écrit pour la guérison de Louis XIV alors qu’il vint rendre grâce à Notre-Dame de Paris offre une belle entrée en matière, où les jeux d’anches de type français viennent soutenir un discours de fête. Belle méditation ensuite avec la Tierce en taille de , l’organiste de Reims, dont ce verset de messe est sans doute le sommet de son œuvre. Johann Sebastian Bach, représenté par sa célébrissime Toccata resplendit avec force et lumière, pour s’apaiser ensuite avec un doux choral évoquant Jésus.

Cet orgue est doté d’un grand récit en 16 pieds, symphonique et expressif, à l’instar de ceux rencontrés sur les grands instruments de Cavaillé-Coll, permettant l’interprétation de grandes fresques romantiques, comme cette transcription à l’orgue de Funérailles, pièce pour piano de Franz Liszt, extraite des Harmonies poétiques et religieuses.

est un compatriote de l’interprète qui se fait un plaisir de nous faire découvrir deux de ses improvisations, représentatives du courant post romantique polonais, qui évoque parfois l’écriture de ses contemporains français. Charles Tournemire est presque plus célèbre pour l’improvisation que pour la composition, ce qui lui a valu un franc succès pour quelques improvisations reconstituées par Maurice Duruflé à partir de vieux 78 tours. Dernier auteur proposé : Hermann Schroeder, rencontré par l’interprète lors du concours de Trêves en 2011, avec sa Toccata, éblouissante, inspirée du grégorien, comme le fut en son temps Maurice Duruflé.

, jeune organiste polonaise, est venue en France étudier l’orgue, obtenant en 2012 son prix d’orgue mention « très bien » au CNSM de Lyon dans la classe de François Espinasse. Par ce récital remarquable, elle montre non seulement un grand professionnalisme en matière technique, mais aussi et surtout de grandes qualités d’invention, de musicalité et d’inspiration, qui en font l’une des meilleures artistes montantes de la jeune génération.

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