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Retour du Chat Perché de Jean-Marc Singier à la Bastille

La Scène, ResBambini, Spectacles Jeune public

Paris, Amphi-Bastille. 24-I-2014. Jean-Marc Singier (né en 1954) : Chat perché, opéra rural. Conception, livret et mise en scène : Caroline Gautier ; Chorégraphie : Dominique Boivin ; Scénographie : Bruno de Lavenère ; Costumes : Sylvie Skinazi ; Lumière : Daniel Lévy. Avec : Florence Peyrard, Marinette ; Camille Revol, Delphine ; Sylvie Althaparro, La Mère ; Michel Hermon, Le Père ; Marc Molomot, Le Cochon / Le Sous-Préfet ; Robert Expert, Le Paon ; Sonia Bellugi, Le Canard / La Cousine Flora ; Salomon Baneck-Asard, La Panthère. Ensemble 2e2m, direction musicale : Pierre Roullier

Chat Perché - Photo Xavier Pinon / Opéra national de ParisConcevoir un spectacle de musique d’aujourd’hui pour enfants qui soit non seulement poétique et créatif mais aussi intelligible, est un exercice difficile. La reprise de Chat Perché de d’après Marcel Aymé dans l’amphithéâtre de l’Opéra Bastille était l’occasion de retrouver une des productions les plus intéressantes pour le jeune public de ces dernières années.

Créé en ce même lieu de l’Amphi-Bastille en mars 2011 et fort apprécié dans nos colonnes, la reprise de ce spectacle à la croisée du théâtre musical, de l’opéra et du cabaret réunissait la même équipe à l’exception des deux demoiselles contorsionnistes Delphine et Marinette. Tous sont excellents, des deux jeunes femmes qui  allièrent un naturel déconcertant dans le verbe comme dans leurs interventions élastiques à (à gauche) le plus drôle de tous mais aussi touchant en Cochon, en passant par les parents fermiers plus rustiques que nature et , dans sa courte mais mémorable intervention du Paon qui impose à la basse-cour des nouveaux critères de séduction.

Salomon Baneck-Asard - Photo  Xavier Pinon / Opéra national de ParisAvouons notre préférence pour le plus beau, le plus impressionnant, le plus émouvant des protagonistes de la ferme, la Panthère, incarnée par (ci-contre) avec une grâce, une présence et une puissance propre à cet animal et que le danseur restitue avec un naturel fascinant. Sur le papier, faire danser du hip-hop à une panthère semble un défi poétique à la limite de l’absurdité. Sur scène, la chorégraphie de est magique, et le moment final de la mort de la Panthère dansant dans le silence de la neige qui tombe est une conclusion merveilleuse et poignante.

Le pari poétique et créatif largement réussi, reste la question de la lisibilité pour le jeune public. Des deux histoires qui s’enchaînent sans pause et qui composent le spectacle, « Le Paon », riche en scènes variées et en personnages secondaires pittoresques, est délicat de compréhension – particulièrement dans sa scène conclusive – et aurait indubitablement gagné à être surtitré, ou à être renforcé d’interventions parlées qui explicitent le propos.  « Le Canard et la Panthère » s’impose en revanche par sa trame narrative simple et prenante, soutenue par et qui font le show.

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