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Le Requiem de Bruneau à La Monnaie de Bruxelles

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Alfred Bruneau (1857-1934) : Requiem. Claude Debussy (1862-1918) : Pelléas et Mélisande, symphonie (orchestration de Marius Constant, 1925-2004). Mireille Delunsch, soprano ; Nora Gubisch, mezzo-soprano ; Edgaras Montvidas, ténor ; Jérôme Varnier, basse. Choeur et Orchestre symphonique de la Monnaie, Chœur d’enfants de la Monnaie, dir. Ludovic Morlot. 1 CD Cypres. Réf. : CYP 7615, code barre : 5 412217 076153. Enregistrement public au Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, 7-8 novembre 2012 (Bruneau) ; à Flagey, Bruxelles, 1 et 4 juin 2013. Notice trilingue : français, néerlandais, anglais. Durée : 63’39

 

cypres bruneau morlotLouis-Charles-Bonaventure dit , violoncelliste et compositeur, après des études au Conservatoire de Paris et un second Prix de Rome dans la classe de Massenet, après des débuts mitigés, se rapprocha d’Emile Zola.  Son intérêt pour le théâtre peut se résumer dans cette profession de foi, imaginant « une pièce de construction logique, émouvante, humaine, où la poésie et le réalisme s’uniraient étroitement et dont les personnages appartenant à un temps rapproché du mien, me permettraient d’exprimer de manière indirecte mes propres sentiments. » Rencontre majeure donc avec l’écrivain naturaliste Emile Zola débouchant sur plusieurs réalisations notables  (dont les opéras Le Rêve en 1891 et L’Attaque du moulin, en 1893) aux succès souvent contestés et éphémères. Ses nombreuses mélodies, souvent orchestrées, se situent esthétiquement entre Massenet et Fauré. Certaines comme les Chants antiques (Chénier) et  Soirée (Richepin) jouirent d’un authentique succès populaire. Bruneau travailla comme critique pour  des publications majeures comme Gil Blas, le Figaro,la Grande Revue et le Matin. Il fut l’un des rares à accueillir positivement  Le Sacre du printemps de Stravinski et  succéda à Gabriel Fauré au fauteuil de l’Institut. Sa seule partition inspirée par la religion est ce Requiem (1888) que défendent efficacement les excellents orchestre et chœur de la Monnaie de Bruxelles, et des solistes vocaux qui savent trouver le ton juste pour cette œuvre plus proche des conceptions d’un Berlioz (1837) que d’un Fauré (1888), contemporain avec son Requiem qualifié de « berceuse de la mort ». Des similitudes existent avec le Requiem de Camille Saint-Saëns créé dix ans plus tôt à Saint Sulpice.

conduit l’ensemble de ses forces avec un grand souci d’ équilibre et de respect des volontés d’. La sérénité et de profondes pages d’une beauté confondantes côtoient d’autres passages moins dramatiques, voire  résignés, parfois plus épurés et distants, parfois plus spectaculaires mais alors extérieurs. Le Sanctus impressionne  et se plie à cette alternance de convenu et de sublime.  Le Dies Irae fait appel à deux groupes de trompettes placées à droite et à gauche de l’assistance et ménage d’impressionnants effets. Conçu à partir de 1884, le Requiem fut créé le 25 février 1896 au Queens’s Hall de Londres avec la participation de London Bach Choir et sous la direction de Sir Charles Villiers-Standford.

Plusieurs chefs ont réalisé une suite orchestrale pour le  Pelléas et Mélisande de Debussy. Si l’on pense à Pierre Monteux, John Barbirolli et Erich Leinsdorf, c’est surtout au travail de Marius Constant qu’il faut revenir. Cet élève de Nadia Boulanger et de Pierre Schaeffer élabora en 1983  la version qui s’impose et qui trouve ici une magnifique lecture.

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