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Fabien Gabel à l’heure espagnole

Concerts, La Scène

Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 27-02-2014. Emmanuel Chabrier (1841-1894) : España ; Edouard Lalo (1823-1892) : Symphonie espagnole, Op.21 ; Manuel de Falla (1876-1946) : El Sombrero de tres picos, suite n°2 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Alborada del gracioso ; Rapsodie espagnole. Yossif Ivanov, violon ; DeFilharmonie (Orchestre Philharmonique Royal des Flandres), direction : Fabien Gabel.

Fabien_Gabel-2014Le chef d’orchestre français , directeur musical de l’orchestre symphonique de Québec, est un habitué des orchestres belges : on l’a déjà vu au pupitre du Brussels Philharmonic et de l’Orchestre philharmonique royal de Liège. Avec cette série de concerts à Bruxelles et Anvers, il effectuait ses débuts avec la Philharmonie des Flandres d’Anvers dans un répertoire qui lui va comme un gant.

Dans ce programme franco-espagnol, le chef d’orchestre faisait ressortir  les couleurs instrumentales dans une optique nette et dynamique  si essentielle dans ces musiques. emportait au panache les cartes postales orchestrales de Chabrier, Ravel et de Falla, avec ce qu’il faut de flexibilité et de mise en avant des particularités de chaque compositeur : en particulier dans une España endiablée et dans une Suite n°2 tirée d’El Sombrero de tres picos jubilatoire et chorégraphiée avec grande classe. Sous cette baguette, l’orchestre sonnait avec finesse et impact, remplissant sans peine l’acoustique de la grande salle Henry Le Bœuf.

Le violoniste belge Yossif Ivanov, ancien lauréat du Concours Reine Elisabeth, jouait à domicile devant un public fidèle et conquis. Il offrait une lecture très élégante de la Symphonie Espagnole de Lalo dont on appréciât particulièrement le fini technique et le sens mélodique naturel. Cette vision de l’Espagne, cultivée et raffinée, emporta l’adhésion du public. En bis, le violoniste interpréta Les Furies d’Eugène Ysaÿe.

La Philharmonie des Flandres n’a pas construite sa réputation sur la musique française, mais plutôt sur le cœur de répertoire austro-allemand cher à ses directeurs musicaux successifs. Pourtant, les musiciens belges y furent très à leur aise. Les vents se surpassèrent, relevant les nombreux défis imposés par Ravel et de Falla. Les couleurs instrumentales étaient très belles et stylistiquement parfaites, quant à l’homogénéité d’ensemble, elle était très satisfaisante, notamment dans des tutti très nets et lisibles.

Ce concert fut une réussite artistique totale, et l’on espère revoir rapidement Fabien Gabel au pupitre de cet orchestre.

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