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Morlot et Tiberghien, « French Touch » à Paris

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 06-III-2014. Henri Dutilleux (1916-2013) : Symphonie n°2 « Le Double » ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Concerto pour piano et orchestre n°2 en sol mineur ; Emmanuel Chabrier (1841-1894) : Bourrée Fantasque (orchestration de Felix Mottl), Espana. Cédric Tiberghien, piano ; Orchestre National de France, direction : Ludovic Morlot.

cedric tiberghien 2014Miracle au Théâtre des Champs Elysées : l’ offrait une soirée intelligente dédiée exclusivement à la musique française. La phalange radiophonique, à l’orée de ses 80 ans, faisait, pour une fois, honneur à son patrimoine musical, avec deux artistes hexagonaux à la carrière internationale.

L’ a toujours été proche d’ dont il donna la création mondiale de la Symphonie n°1 et du Concerto pour violon l’Arbre des Songes et dont il grava l’essentiel des partitions sous les baguettes de ses directeurs musicaux et des chefs invités. De son côté commence à bien connaître la Symphonie n°2 « Le Double » qu’il programme aussi souvent que possible. La précision technique du chef est au service  cette musique dont il tente de rendre la transparence des textures et la beauté de l’orchestration au détriment de l’énergie rythmique.  L’Orchestre national est concentré, appliqué et homogène, même si la sonorité est assez neutre et les individualités manquent de caractérisation (en particulier dans le petit orchestre soliste qui entoure le chef).

est assurément l’un des meilleurs pianistes actuels, construisant pas à pas une carrière et une discographie exemplaires. Dans le Concerto n°2 de , il déploie une grande variété de touchers qui lui permettent de trouver le ton juste dans cette œuvre toujours délicate à cerner et facile à desservir. L’approche, claire et limpide, est aidée par un chef attentionné, qui partage cette optique charmeuse, ironique et légère. Devant l’enthousiasme du public, le pianiste revient seul pour une ébouriffante et virtuose Alborada del Gracioso de Maurice Ravel.

En conclusion de cette (courte) soirée, le chef et l’orchestre proposaient deux piécettes d’ dont la célébrissime  España. possède le sens du style et du rythme évitant d’alourdir cette dentelle musicale. L’orchestre semblait ravi de jouer cette musique dont il a, à force de teutonisation, complètement perdu les couleurs. Le public et les musiciens apparaissaient comblés par ce beau programme et par l’engagement du chef d’orchestre. On espère que cette soirée donnera des idées aux futurs décideurs de la Maison ronde plutôt que de nous refourguer une énième intégrale Beethoven, Brahms, Bruckner ou Mahler….

Crédit photographique : © Benjamin Ealovega

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