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Redécouverte de Ruth, oratorio de César Franck

À emporter, CD, Musique d'ensemble

César Franck (1822-1890) : Ruth, oratorio biblique en trois parties, sur un poème d’Alexandre Guillemin. Avec : Brigitte Antonelli, Ruth ; Jean-Louis Serre, Booz ; Caroline Casadesus, Noémi ; Roula Safar, Orpha ; Pierre Vaello, Un moissonneur / Un israëlite. Chœurs et Orchestre symphonique du campus d’Orsay, direction : Martin Barral. 1 CD DISQUES FY & DU SOLSTICE SOCD 294. Code barre : 3279792942035. Enregistré en direct en 2012. Notice bilingue (français, anglais), texte chanté en français. Durée : 77’48’’

 

solstice_franck_ruthCette fois, ce n’est pas le Palazzetto Bru Zane qui nous fait redécouvrir un œuvre oubliée de Franck. Ce premier enregistrement de Ruth vient d’une belle initiative de l’Orchestre symphonique du campus d’Orsay, et de chœurs de la région, sous la direction de . Et comme c’était le cas pour Stradella, l’opéra redonné la saison dernière à l’Opéra Royal de Wallonie, il s’agit d’un Franck encore tendre, à tous les sens du terme. Même si la création de Ruth, en 1846, ne fut pas un succès, elle lui permit d’en finir avec la carrière de virtuose de salon que son père lui destinait.

Évidemment, le style qui sera déployé dans les Béatitudes est encore ici à l’état élémentaire. Le modèle, puisque les grands oratorios de Berlioz, Gounod, Mendelssohn et Liszt ne sont pas encore écrits, semble bien être Jean-François Lesueur, le maître de chapelle de Napoléon. Berlioz écrit de lui dans ses Mémoires qu’il « affectionnait particulièrement et produisait plus volontiers ces délicieux épisodes de l’Ancien Testament, tels que Noémi, Rachel, Ruth et Booz, Débora, etc., qu’il avait revêtus d’un coloris antique, parfois si vrai, qu’on oublie, en les écoutant, la pauvreté de sa trame musicale, son obstination à imiter dans les airs, duos et trios, l’ancien style dramatique italien, et la faiblesse enfantine de son instrumentation. »

Ce jugement n’est pas loin de convenir au style de Ruth, d’autant plus que le poème n’aide guère avec ses vers simplets et parfois ridicules, comme « Glanez, glanez, Moabite ! » ou encore « Il dit oui si Phal dit non. » Victor Hugo et son Booz peuvent dormir tranquilles…

L’interprétation donne une bonne idée de l’œuvre, malgré une qualité variable, plus élevée chez les ensembles que chez chez les solistes, pourtant des professionnels. Enfin, on signale, pour compléter cette louable entreprise, que l’Orchestre met à disposition sur son site le matériel réalisé pour l’occasion.

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