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L’album des 30 ans de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo

À emporter, CD, Musique symphonique

Gilbert Amy (né en 1936): L’espace du souffle pour grand orchestre; Philipp Maintz (né en 1977): wenn steine sich gen Himmel stauen sur un poème de Velimir Khlebnikov, pour baryton et grand orchestre; Philippe Hurel (né en 1955): Tour à Tour III pour grand orchestre. Baryton, Otto Katzameier; Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo; direction Jean Deroyer. CD OPMC classics 008; code Barre 3 760202 580065; enregistré à l’Auditorium Rainier III les 26 et 27 mars 2012 (Amy, Maintz) et le 8 octobre 2012 (Hurel); livret français/anglais. 66’26.

 

Les Clefs Resmusica

OPMC-CLASSICS-008-500x500La sortie de ce nouvel album d’OPMC Classics fête le trentième anniversaire du Printemps des Arts de Monte-Carlo piloté aujourd’hui par Marc Monnet.

Les trois pièces d’orchestre de l’enregistrement, co-commandes du Printemps des Arts et de SO.GE.DA, ont été crées lors des Festivals de 2008 () et de 2012 ( et ). Enregistrées récemment dans les lieux mêmes de la manifestation, elles sont pour l’heure dirigées par l’excellent qui donne à ces pages pour grand orchestre leur singulière luxuriance.

L’espace du souffle de emprunte son titre aux toiles de son ami peintre Frédéric Benrath à qui l’oeuvre est dédiée. Les trois mouvements sont conçus dans un tissu orchestral très coloré qui se renouvelle d’autant, alternant la dimension apollinienne d’accords largement déployés et l’élan dionysiaque entretenu par une percussion toujours très sollicitée. On y retrouve le geste vigoureux et le discours fermement conduit d’un compositeur utilisant ici sa palette de timbres avec une virtuosité sidérante.

La toile spectrale qui se déploie dans Tour à tour III de n’est pas moins somptueuse. Tour à tour est un vaste projet orchestral, sous forme de triptyque, dont la seconde partie, augmentée d’électronique, doit voir le jour en 2015. On reconnaît dans ce troisième volet le geste puissant et presque rageur du compositeur qui impulse des sonorités investissant progressivement tout l’espace de résonance pour fusionner dans des alliages de timbres irradiants. Les images spectrales défilent sur l’écran sonore dans une rare plénitude et se transforment à mesure dans des ébranlements quasi telluriques. Pour autant, la musique du compositeur, où président l’intensité lumineuse et l’énergie du son, trouve au sein du grand orchestre une sensualité encore inouïe.

Du compositeur allemand , la troisième oeuvre de cet album, wenn steine sich gen Himmel stauen, convoque la voix soliste, celle, envoûtante et riche, du baryton-basse et le grand orchestre. C’est le long poème Pour L.G. de Vladimir Khlenikov, choisi par le compositeur, qui dessine ici la grande forme et suscite les images que Maintz fait naître au sein de l’orchestre. Si la ligne vocale, au profil ornemental très stylisé, reste toujours au premier plan, elle ménage de longs silences qui sont autant d’espaces pour l’écriture orchestrale, « pièce de résonance où la respiration du chanteur se prolonge » précise le compositeur. Avec une maîtrise éblouissante, Maintz élabore une partition très ouvragée où les textures orchestrales raffinées, dans un rapport organique avec la voix, confèrent l’aura sonore du poème.

L’, galvanisé par l’énergie hors norme de , sert au mieux ces trois partitions d’orchestre dont il restitue tout à la fois l’éclat et la précision.

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