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Iolanta conquiert Cologne

La Scène, Opéra

Cologne. Philharmonie. 19-X-2014. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Iolanta op. 69, opéra en un acte sur un livret de Modest Tchaïkovski. Version de concert. Alexander Vinogradov, le Roi René ; Andrei Bondarenko, Robert de Bourgogne ; Olesya Golovneva, Iolanta ; Dmytro Popov, le Comte de Vaudémont ; Justyna Samborska, Brigitta ; Marta Wryk, Laura ; Vladislav Sulimsky, Ibn-Hakia ; John Heuzenroeder, Alméric ; Marc-Olivier Oetterli, Bertrand ; Dalia Schaechter, Marta ; Chœur de l’Opéra de Cologne (chef de choeur: Andrew Ollivant). Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction : Dimitri Kitaenko

_L1_9351Grâce à une distribution de rêve Iolanta enchante le public rhénan.

Rareté absolue il y a quelques années encore, l’ultime opéra de Tchaïkovski devient de plus en plus populaire – au moins dans les salles de concert. A Cologne aussi, on a opté pour une version concertante, sans céder, cette fois, à la mode des concerts mis en espace. Ici, les chanteurs, impassibles, se barricadent derrière leurs pupitres, sans entrer en contact entre eux. Même le grand duo d’amour est ainsi chanté face au public, sans qu’un regard soit échangé entre Iolanta et son prince charmant. Cela pourrait paraître agaçant – mais la qualité du chant fait oublier ce statisme un rien anachronique. A vrai dire, pour ces deux concerts, l’Opéra de Cologne a réuni une distribution de rêve, ovationnée à juste titre par un public en délire.

est Iolanta. Silhouette frêle, voix jeune et fruitée, s’épanouissant facilement dans le registre aigu, elle incarne à merveille l’héroïne aveugle ne découvrant qu’à la fin ce que signifie la lumière. Doté d’un timbre des plus rayonnants, tour à tour poétique et vaillant, est un Vaudémont frôlant, lui aussi, la perfection. En Ibn Hakia, , fait valoir une voix puissante pourtant capable de belles demi-teintes. A ses côtés, est un roi d’une superbe autorité, enchantant à la fois par la noirceur de ses graves et la facilité de son aigu. Dans le rôle de Robert, Andrei Bondarenko ravit le public par la beauté de son timbre rond et chaud, même si l’aigu, facile par ailleurs, pourrait gagner en projection. Parmi les rôles secondaires enfin, on relève notamment la belle voix de en Laura et la bayriton-basse charismatique dans le rôle du vieux Bertram.

L’ est placé, pour l’occasion, sous la baguette de Dimitri Kitaenko, éminent spécialiste du répertoire russe. De sa gestuelle claire et précise il fait sortir les richesses d’une partition haute en couleurs, culminant dans un finale électrisant.

Photo : (Iolanta) et (Vaudémont) © Paul Leclaire

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