Jonathan Nott sublime l’Orchestre de la Suisse Romande

Concerts, La Scène

Genève. Victoria Hall. 24-X-2014. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano N° 15 en si bémol majeur K.450. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie N° 5 en ut mineur op. 67. Nelson Goerner (piano). Orchestre de la Suisse Romande. Direction : Jonathan Nott.

CJonathan Nott 2014haque année, le 24 octobre souligne l’anniversaire de l’entrée en vigueur de la Chartre des Nations Unies.

L’occasion pour Genève d’offrir aux délégués de cette institution un concert exceptionnel de l’.

Mais d’où vient le malaise qui s’installe dans le Concerto no. 15 de Mozart KV.450 ? Est-ce le tout nouveau Steinway qu’on inaugure qui doit peut-être être rôdé ? Pourtant, tout parait en place. Au piano, , peu à peu s’anime. Il joue toutes les notes, même si l’on relève quelques très légères imprécisions. Dans le second mouvement, quand bien même l’ respire bien, le pianiste ne semble pas très inspiré. Dans le rondo final, tout est à nouveau proprement joué quoique sans émotion. Que s’est-il passé ? Alors, en tentant une explication, on peut penser que la tendance actuelle à jouer les œuvres demandant de la virtuosité sur un tempo souvent trop rapide (pour que public puisse apprécier la technique accomplie du soliste) pourrait être la cause de cette musicalité égarée.

Tout alors conduisait l’auditeur vers une soirée musicale sans grand brio. C’était sans compter sur l’extraordinaire interprétation de la 5e symphonie de Beethoven. Dès les premières mesures, on est emporté par la musicalité qui se dégage de la direction de . Les fameux « Pom ,pom, pom, pom » cessent d’être les quatre coups de canon qu’on entend si souvent. Le chef nous fait entendre quatre accords grandioses magnifiquement reliés entre eux par un diminuendo subtil. Immédiatement, on pressent que est en train de nous raconter une histoire en musique. Puis, dans les pianissimo qui suivent l’introduction, le chef britannique conscientise ses sentiments prenant un plaisir immense à faire ressortir tant et tant de petits détails de ces pages pourtant si souvent entendues. La surprise n’a d’égale que l’enchantement que procure la musique de cet étonnant  et talentueux chef.

Dirigeant sans partition, Jonathan Nott se dédie totalement à la cause de sa musique. Favorisant les nuances des volumes sonores, la symphonie la plus populaire de Beethoven prend alors un relief musical inattendu. Réussissant à créer une tension d’écoute incroyable, la gestuelle harmonieuse et efficace de Jonathan Nott subjugue l’auditoire comme elle galvanise l’orchestre.

A force d’énergie, il tire de l’Orchestre de la Suisse Romande une émouvante et dynamique interprétation de l’œuvre beethovénienne. Et ce malgré un petit bémol. Avec plus de brillance à la place d’une certaine acidité des violons, avec des bois moins étouffés, le concert aurait été sublime en tous points. Malheureusement, aujourd’hui, à l’exception peut-être des violoncelles,  les pupitres de la phalange romande n’ont plus les belles sonorités qu’on leur connaissait à l’époque pourtant récente de ses interprétations des symphonies de Bruckner  sous la direction de Marek Janowski.

Crédits photographiques : Thomas Muller

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