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Carmen en mode 2.0 avec l’OPRL

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Liège. Salle philharmonique. 8-XI-2014. Georges Bizet (1838-1875), Carmen: Suites n°1 et n°2. Pierre Solot, présentation. Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction : Jean-Jacques Kantorow.

oprl liege jj kantorowUn concert Bizet en mode sympathique et familial. 

« Les « Samedis en familles » de l’OPRL font partie des initiatives de l’  visant à toucher un public plus large que celui fréquentant les soirées de concert traditionnelles, dont on sait que le modèle est relativement essoufflé. L’initiative est audacieuse, et le public semple répondre positivement à cette invitation à une nouvelle forme de spectacle.

Cette série de concerts courts (une heure environ) ne cherche pas à convaincre le mélomane averti mais plutôt à permettre à tout un chacun, quel que soit son âge, de partager une expérience ludique et divertissante autour d’un pilier du répertoire classique. Il ne s’agit donc pas ici d’un concert réservé au jeune public, les plus jeunes enfants se voyant déjà réserver depuis plusieurs saisons une série de concerts spécifique, sous la bannière « L’orchestre à la portée des enfants.

Pour cette séance élaborée autour de l’opéra Carmen de , le présentateur Pierre Solot exposait l’œuvre en illustrant son discours à l’aide de projections sur grand écran. L’expérience se veut ludique et décomplexée et les extraits vidéos surprennent souvent, comme l’hilarante bande annonce de Carmen-Jones, film musical de 1954 pour lequel Hollywood réarrange tous les tubes de l’opéra-comique à la sauce « musical ». D’autres ovnis cinématographiques ont également surpris, comme cet amusant cartoon de Tom et Jerry ou encore l’improbable court métrage Car Men dans lequel on peut voir en noir et blanc une Carmen jouer les matadors avec une énigmatique voiture. Toutes ces variations sur un même thème mettent en évidence que depuis sa création, Carmen est devenue aujourd’hui une véritable franchise, exploitée par des personnalités variées telles que Beyonce ou Stromae qui chante en 2013 que L’amour est enfant de la consommation

Le pari de réaliser un spectacle divertissant à valeur culturelle ajoutée n’était pas simple. Nous pouvons pourtant constater qu’il a été amplement relevé. Tout au plus nous regretterons que l’argument de l’opéra n’ait pas été présenté au public via un support visuel. Un (ou plusieurs) petit dessin étant plus efficace qu’un long discours. Cerise sur le gâteau, l’orchestre placé sous la baguette de était impeccable. La gestuelle du chef est d’une grande rigueur, ce qui n’empêche pas les musiciens d’habiter la musique. Sur l’ensemble des suites tirées de l’opéra, nous avons apprécié la vigueur du pupitre des cordes et son équilibre entre les différentes voix. Les solistes ont également brillé, tant la flûte de Lieve Gossens chantant le célèbre Intermezzo que les bassons dans Les Dragons d’Alcala. La qualité de l’entente entre et l’OPRL est déjà connue via leur discographie commune. Nous ne pouvons qu’espérer qu’elle puisse encore être renforcée par de prochains concerts.

Crédit photographique :

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