Resmusica_728x90mm - Cello players

L’âme russe de Kotaro Fukuma

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Modeste Moussorgski (1839-1881) : Tableaux d’une Exposition ; Mikhaïl Glinka (1804-1857) : L’Alouette, transcription de Mily Balakirev ; Mily Balakirev (1837-1910) : Islamey op. 18 ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Dumka, scène rustique russe op. 59 ; Igor Stravinsky (1882-1971) : L’Oiseau de feu, transcription par G. Agosti à la mémoire de Ferrucio Busoni. Kotaro Fukuma, piano. 1 CD Éditions Hortus. Référence : Hortus 115 ; code-barres : 3 487720 001154. Enregistré du 10 au 13 février 2014 aux Abattoirs à Cognac. Livret trilingue (Français, Anglais et Allemand). Durée totale : 68’07

 

Fukuma DumkaÀ chaque nouveau disque, change de registre, comme pour explorer un univers inconnu. Après Schumann, Takemitsu, Albéniz, Debussy et Chopin, pour ne citer que les plus récents, il s’attaque à la musique russe, et avec des morceaux « poids lourds » tels les Tableaux d’une Exposition et Islamey.

Pour les amateurs du piano, est une valeur sûre : technique éblouissante, sang-froid sur scène mais aussi une interprétation passionnée et passionnante, une lecture solide de la partition… Ceux qui ont assisté ne serait-ce qu’à un seul de ses concerts le placeront en haut du podium par rapport à tous les autres pianistes de sa génération. Eh bien, ce disque ne fait que confirmer son talent, qui confère à chaque pièce des expressions très différentes. Du dynamisme imposant de la « Grande Porte de Kiev » des Tableaux de Moussorgski et de l’énergie presque divine du « Finale » de L’Oiseau de feu de Stravinski, jusqu’au lyrisme infiniment nostalgique de L’Alouette de Glinka, il s’exprime avec mille nuances et couleurs, cependant que le son en général reste assez froid, d’une texture évoquant le marbre. Ces deux éléments –multiples couleurs et froideur du son – paraissent au premier abord antithétiques, mais ils permettent à l’artiste de se révéler à la fois délicat (début de la Dumka) et fougueux (Islamey).

Kotaro Fukuma est habité par un grand sens du rythme, caractérisé par un accent clair et juste aux œuvres jouées, que ce soit celles de Moussorgski, Tchaïkovski ou de Stravinski. Le seul regret en ce qui concerne ce disque, est le fait qu’il ne parvienne pas à transmettre l’exaltation ressentie lors d’un concert, même si l’enregistrement nous permet d’avoir l’idée de ce que pourrait être l’interprétation de l’artiste « en live ».

Signalons que la jaquette est ornée d’une photo du pianiste portant un béret (quoiqu’on entrevoie une chemise russe blanche et rouge) et l’on ne peut s’empêcher, de façon irrésistible et malicieuse, de la comparer avec le tout récent disque, également russe, d’une cantatrice italienne qui s’amuse à se coiffer d’une toque de fourrure… Finalement, peut-être n’est-il pas aussi russe (d’apparence) qu’elle ?

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