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Le Schubert molto animato de Philippe Cassard

Concerts, La Scène

Paris, Salle Gaveau, 27-XI-2014 : Franz Schubert (1797-1828) : Les trois dernières sonates pour piano : N°19 en do mineur D.958 ; N°20 en la majeur D.959 ; N°21en si bémol majeur D.960. Philippe Cassard, piano.

Cassard Philippe © Vincent Catala N-6En programmant dans le même concert les près de 110 minutes de musique des trois dernières sonates de Schubert, le pianiste a pris le risque de surcharger l’auditeur. Grâce à un jeu puissant et énergique favorisant les contrastes, il réussit quasiment son pari, tenant en haleine une salle Gaveau bien pleine.

Donnant le ton dès le début de la Sonate n°19 avec une attaque franche et vigoureuse des premiers accords, poursuivant d’un pas allant et décidé vers le premier fortissimo qui éclata déjà con tutta la forza, enchaînant sans trainer un Allegro où la ligne musicale sut rester évidente, mettant à profit avec voracité toutes les indications dynamiques de la partition, annonça d’emblée un Schubert molto animato fuyant toute divine langueur qui ne se démentit pas tout au long du concert. Avouons que ce style alla plutôt bien aux deux premières sonates de la soirée qui fusèrent avec franchise et un incontestable panache. Ainsi prises quasiment à la gorge mais sans négliger l’indispensable respiration, ces deux sonates rebondissaient en permanence d’une phrase à l’autre sans jamais perdre la ligne directrice. La cohérence de la vision du pianiste ne pouvait être mise en défaut et c’est avec une poigne de fer et une main de maître qu’il nous emmena avec lui dans ce premier parcours au style affirmé autant que convaincant.

Si l’ultime sonate offerte après la pause repris la même esthétique, on y sentit comme une légère baisse d’intensité qui en rendit l’écoute moins captivante. Sans doute se prête-t-elle moins à ce style volontaire et que cette fois le souffle qui doit soutenir la longueur des thèmes et des deux premiers mouvements, les nuances d’éclairage allant vers plus de poésie, dont le naturel reste le secret des grandes versions de cette sonate, auraient dû prendre une place encore plus grande ce soir pour nous faire percevoir toute l’émotion que peut dégager cette œuvre. Les deux derniers mouvements, plus immédiatement ludiques, posèrent moins de problèmes et filèrent tout droit vers les applaudissements.

Après deux sonates au style interprétatif affirmé et magnifiquement défendu par Philippe Cassard, la D.960 nous sembla moins convaincante, du moins sur toute sa longueur, mais resta néanmoins intéressante.

Crédit photographique : Vincent Catala

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