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Le Concert Spirituel très inspiré par le doge Hervé Niquet

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Lyon. Chapelle de La Trinité.12-XII-2014. André Campra (1660-1744) : Messe Ad majorem Dei gloriam ; Antonio Vivaldi (1678-1741) : Psaumes 121, 147 et 113, Magnificat RV610, Gloria RV189. Le Concert Spirituel, direction : Hervé Niquet.

2014 12 12 Rêveries vénitiennes - CDe la France vers Venise, surprise et beauté à Lyon avec .

Pourquoi la messe Ad majorem Dei gloriam de Campra ouvre-t-elle ce concert vénitien ? imagine volontiers qu’elle ait été composée pour un couvent de femmes. D’autres musicologues pensent plutôt à des enfants… Cette œuvre, ainsi comprise, s’ajoute aux œuvres de Vivaldi, composées elles, pour l’orphelinat de l’Ospedale de Venise.

Superbe travail d’interprétation

Poussant sa réflexion plus avant, a choisi un chœur exclusivement féminin. Au fil du programme, on pense aux Demoiselles de Saint-Cyr, cet excellent ensemble féminin, mené par Emmanuel Mandrin, qui avait disparu pendant plusieurs années et heureusement… ressuscité.

L’instrumentarium ne comporte pas de cuivres ce qui enlève une certaine solennité mais laisse se développer une clarté, une douce beauté peu fréquente dans un tel répertoire.

Splendeurs françaises

n’a écrit que trois messes. Celle-ci cherche à respecter les règles de l’Église, sans choquer par une certaine théâtralité de l’époque. Les voix sont, ici, fraîches et claires. On retiendra l’Agnus et la délicatesse des miserere. Pas de splendeurs vénitiennes mais une vraie beauté française.

Venise et Vivaldi

Le psaume 121 Laetatus sum va vite. Le chef emmène ses troupes loin. Enthousiasmant. C’est le psaume 113 In exitu Israel qui montre le plus les couleurs de l’Ospedale. On retiendra le dialogue très précis entre les quatre pupitres. Le Magnificat termine la première partie. Il a cette couleur joyeuse du texte. En revanche, on aurait aimé le Fecit potentiam – il a développé la puissance – plus énergique, plus puissant (!). À contrario, l’Esurientes est chanté en dentelles ! Saisissant. Le Lauda Jerusalem est raconté avec des échanges remarquables entre les pupitres.

Le fameux Gloria termine le concert. Sans voix d’hommes, sans cuivres, la version va surprendre le public. Le premier mot Gloria est trop gentil. On est plus à l’Ospedale della Pietà qu’à Saint Marc. Justement, les voix d’alti se mettent en valeur tout au long de l’œuvre. Œuvre dans laquelle Hervé Niquet laisse, parfois, faire ses chanteuses et ses musiciens : il ne dirige pas. Un signe de la confiance réciproque entre artistes. Dans le Gloria final, les chanteuses ne se lâchent pas assez. C’est le Cum sancto qui les voit, enfin, dans la splendeur vénitienne.

Ce concert a proposé une interprétation un peu différente de celles que le public a dans l’oreille. Mais cette vision cohérente d’Hervé Niquet a plu. Moins splendeur que beauté, cette musique s’est révélée fraîche et délicate, sans excès. Je n’avais jamais entendu le Gloria comme ça, mais qu’est-ce que c’était beau !

Cette phrase, entendue à la sortie, résume bien ce concert : surprise et beauté.

Crédit photo : DR

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