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Un Rachmaninov à la fade sauce Lounguine

À emporter, Cinéma et musique, DVD, DVD Musique

Rachmaninov. Réalisation : Pavel Lounguine. 1 DVD Condor. Réf. : code barre : 3 512391 799816. 2007. Durée : 93 minutes (avec un bonus-interview de Marie-Claire Le Guay).

 

rachmaninov_lounguineBiographie ? Fiction ? Biopic ? Une tentative de présentation du compositeur russe Serge Rachmaninov.

Un film centré sur l’existence, voire la musique de (1873-1943), voilà une excellente idée. Mais quelle forme lui donner ? Une enquête sérieuse avec documents d’époque et extraits musicaux suffisamment copieux pour apprécier pleinement ? Un biopic mélangeant fiction et trame historique floue ? Le cinéaste russe (né en 1949) opte manifestement pour cette deuxième option. Aidé d’acteurs tout à fait dans la peau de leur personnage, il se concentre sur trois ou quatre étapes emblématiques de la vie du pianiste concertiste lassé par les concerts itératifs et rongé par l’envie de composer sa propre musique.

De cette narration, souvent à l’emporte-pièce, il résulte des tableaux caricaturaux et de nombreux clichés dont le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne se distinguent guère par une délicate analyse psychologique du personnage central (son alcoolisme est omniprésent), de son entourage et des évènements dramatiques liés aux violents soubresauts de la Révolution russe et à la confrontation brutale avec la vie moderne aux Etats-Unis. Les acteurs surjouent certes mais non sans talent tandis que les fresques sociales sont taillées à la serpe. Inutile de dire que les citations musicales s’intercalent toujours modestement et trop brièvement dans l’histoire de ce musicien exceptionnel dont la lecture d’une bonne biographie ou l’écoute d’enregistrements recommandables s’avèreront autrement plus profitables pour qui tentera l’immersion.

Pour les autres, la grande majorité probablement, le film de apportera un minimum d’informations historiques et musicales et peut-être constituera une sorte de tremplin vers davantage de curiosité. Malheureusement les paroles russes sont simplement sous-titrées en français, les images d’époque trop rares et peu contributives, les dialogues résolument prosaïques et la musique pratiquement sacrifiée. Seule la détresse profonde d’un créateur perdu dans son propre univers infiltre l’ensemble de cette œuvre cinématographique en demi-teinte.

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