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José Martinez : en Espagne, la danse a été affaiblie par la crise

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La Compagnie nationale de danse d’Espagne sera au Théâtre des Champs Elysées du 27 au 29 janvier prochain, avec trois pièces en première française, dont « Casi Casa » de Mats Ek. Rencontre avec José Martinez, ancien danseur étoile du Ballet de l’Opéra de Paris, qui dirige depuis trois ans la compagnie espagnole.

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JOSE MARTINEZ 3 copyright Emmanuel Donny - All Rights Reserved« C’est un luxe en tant que directeur de compagnie de pouvoir choisir les chorégraphes avec lesquels j’ai une relation de travail. »

ResMusica : Quel est l’état de la danse en Espagne ?
: La danse a été affaiblie par la crise. En trois ans, le nombre de spectacles de danse s’est réduit de 40 % et de nombreuses petites compagnies ont arrêté de travailler. Même à Madrid, les séries de spectacles ont été divisées par deux, passant de 8 à 4 représentations au Teatro Real, dans lequel la Compagnie nationale de danse se produit régulièrement. Pour toucher un public plus vaste, nous dansons aussi au Teatro de la Zarzuela et à Matadero. Enfin, 52 chorégraphes sont venus travailler dans nos studios depuis le lancement de notre programme de résidences de création.

RM : Comment la Compagnie nationale de danse a-t-elle réagi à cette situation ?
: Quand je suis arrivé à la tête de la compagnie, je savais que nous étions dans une période de crise. C’est pourquoi j’ai construit mon projet en fonction de la réduction du budget. Pour faire face à la forte demande de spectacles de danse du public espagnol, la Compagnie nationale de danse d’Espagne a élargi son répertoire et augmenté sa diffusion : 36 dates en 2012, 60 dates en 2013 et 70 dates en 2014. En 2016 et 2017, nous avons de nombreux projets de tournées en Espagne et à l’étranger. L’effectif de 44 danseurs a été divisé en deux groupes, ce qui permet d’adapter l’offre de la compagnie aux petits et grands théâtres dans lesquels elle est invitée. Ces deux groupes seront réunis dans le spectacle qui sera présenté à Paris.

RM : Quel est aujourd’hui le répertoire de la Compagnie nationale de danse ?
José Martinez : J’ai adapté le style de la compagnie à l’effectif. Les 20 danseurs de l’ancienne équipe avaient l’habitude de travailler des pièces de Jiri Kylian et Ohad Naharin, que j’ai conservé. J’ai élargi à un répertoire néoclassique compte tenu de la technique plus classique des nouveaux danseurs qui ont été engagés. Beaucoup d’entre eux viennent du Conservatoire du Madrid. Ils ont déjà une même façon de danser, ce qui donne une unité à la compagnie. Je finis de les former pour constituer un corps de ballet et les solistes de demain. Mon projet pour 2016 est de présenter un « Don Quichotte » en engageant quelques danseurs supplémentaires pour étoffer ponctuellement l’effectif. Dès le mois de février, nous présenterons une « Suite Don Quichotte » à Murcie pour commencer à travailler ce répertoire.

RM : Comment avez-vous conçu le spectacle pour le Théâtre des Champs-Elysées ?
José Martinez : Le spectacle est à l’image de la nouvelle identité de la compagnie, avec des grands chorégraphes d’aujourd’hui et les chorégraphes espagnols. « Sub » du chorégraphe israëlien Itzik Galili a été créé en 2009 pour le Ballet Rambert et a été très peu montrée. « Extremely Close » du chorégraphe espagnol Alejandro Cerrudo est une pièce toute en douceur et en sensibilité. Très influencé par Kylian, pour qui il a dansé, il transmet une espèce de force, mais dans le calme et la plénitude. Enfin « Casi Casa » de , parle de la vie quotidienne.

RM : « Casi Casa » a été remonté en 2014 pour la compagnie espagnole ?
José Martinez : Oui, j’ai la chance d’avoir pu choisir , un chorégraphe avec lequel j’avais une relation de travail. C’est un luxe en tant que directeur de pouvoir le faire. J’ai créé le rôle du solo du fauteuil d’ « Appartement » à l’Opéra de Paris. Pour « Casi Casa », qui signifie « presque maison » en espagnol, est parti de ce solo pour construire une micro-société. C’est une pièce plus dynamique, plus courte, plus resserrée qu’ « Appartement », qui demande encore plus d’engagement aux danseurs. Nous serons très heureux de travailler avec lors de la tournée à Paris, ce qui me permettra d’essayer de le convaincre de nous transmettre « La Maison de Bernarda Alba » ! prévoit de prendre sa retraite en 2016 et nous ne souhaitons pas que son répertoire disparaisse…

Photo : © Emmanuel Donny

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