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Ouverture de la Philharmonie de Paris

Concerts, La Scène

Paris. Philharmonie de Paris. 15-I-2011. Alexandre Borodine (1833-1887) : Danses polovtsiennes. Piort Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Concerto pour piano et orchestre n°1 en si bémol mineur, op.23. Hector Berlioz (1803-1869) : Symphonie fantastique. Lang Lang, piano. Orchestre de Paris, direction : Paavo Järvi.

PhilharmonieAprès une première soirée inaugurale très protocolaire en présence du Président de la République et de nombreuses personnalités politiques, artistiques, médiatiques, également marquée par son programme fleuve, cette deuxième soirée de gala marquait un retour à la normale avec un programme et un public beaucoup plus classiques.

C’est ainsi que la séquence ouverture, concerto, symphonie reprenait ses droits avec en vedette le pianiste chinois qui allait enfourcher un de ses chevaux de bataille, le Concerto n°1 de Tchaïkovski, avant que l’orchestre, avec la Symphonie Fantastique n’entonne son œuvre emblématique, déjà au programme du tout premier concert de l’orchestre en 1967 sous la direction du légendaire Charles Munch.

Mais c’est avec les Danses polovtsiennes de Borodine que débuta le concert et dès les premières mesures et encore plus lors des premiers tutti, la qualité du son, plein, dense, chaleureux, sans brouillage ni confusion, qui parvenait à nos oreilles nous donna immédiatement le sourire. Sensation manifestement partagée avec les musiciens tant ils nous ont semblé pleinement jouir du son qu’ils produisaient, croquant dans ces cinq danses avec une joyeuse et communicative gourmandise. On put ainsi profiter pleinement de la superbe prestation d’un en grande forme, des cordes aux percussions.

Tout aussi en grande forme fut , manifestement très à l’aise dans le Concerto pour piano et orchestre n°1 de Tchaïkovski, dont on aimerait dire qu’il n’en fit qu’une bouchée s’il n’y avait cette cruelle sensation d’absence de continuité, à la fois sur l’ensemble du concerto, mais aussi à l’intérieur de sections plus courtes voire d’une même phrase, au point qu’à certains moments on ne savait plus où on était tant les climats et les styles de jeux se succédaient sans qu’on arrive à en percevoir toute la logique. Certes cela donna une interprétation vivante, variée, dynamique, contrastée, mais franchement « too much ».  De son côté dirigea son orchestre avec une élégance et une sobriété qui tranchèrent avec le jeu du pianiste, laissant en quelque sort à ce dernier une primauté expressive qu’il utilisa à fond. On l’a dit, trop à nos modestes oreilles, mais cela plut manifestement au public qui fut emballé par les immenses moyens pianistiques dont ce surdoué dispose et qui se laissa porter par la brillance et la virtuosité de cette interprétation.

Le grand moment attendu après l’entracte ne déçut pas avec une exemplaire Symphonie Fantastique qui permit aux solistes de montrer toute l’étendue de leur talent, il faudrait quasiment les citer tous ce soir, et à l’orchestre de montrer une cohésion sans faille, en timbres comme en précision et dynamique, autant d’éléments dont l’auditeur peut désormais jouir à plein dans cette nouvelle salle, dont l’acoustique est déjà excellente, même si encore au tout début de ses réglages. Ainsi la cloche annonçant le Dies Irae du Songe d’une nuit de sabbat fut trop envahissante, et il faudrait peut-être renforcer un peu la diffusion des cordes graves, mais le gain par rapport à la Salle Pleyel est déjà patent. Et c’est l’essentiel après toutes les difficultés et polémiques qui ont marqué ce grand chantier, la réponse doit être dans la qualité du résultat, c’est manifestement bien parti.

Crédit photographique :  Gala 15-01-2015-Grande Salle © Beaucardet

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