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Un électrisant Guillaume Tell au Théâtre des Champs-Élysées

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 31-I-2015. Gioachino Rossini (1792-1868) Guillaume Tell, opéra en quatre actes sur un livret de Victor Étienne de Jouy et Hippolyte Florent Bis. Version de concert. Avec : Nicola Alaimo, Guillaume Tell ; Elodie Méchain, Hedwige ; Julia Novikova, Jemmy ; Celso Albelo, Arnold ; Patrick Bolleire, Melchtal ; Nicolas Cavallier, Walter Furst ; Nicolas Courjal, Gesler ; Annick Massis, Mathilde ; Alain Gabriel, Rodolphe ; Philippe Ermelier, Leuthold ; Mikeldi Atxalandabaso, Ruodi. Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo, chef de chœur Stefano Visconti. Chœur de l’Opéra Nice Côte d’Azur, chef de chœur Giulio Magnanini. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Direction Gianluigi Gelmetti.

10959407_1609831002584276_4975687826212065855_nCette belle réussite du Guillaume Tell provenant de l’Opéra de Monte-Carlo, et repris pour un soir – en version scénique, hélas – au Théâtre des Champs-Élysées est avant tout celle d’un orchestre, et d’un chef.

Sous la baguette de , grand spécialiste rossinien, l’ fait glorieusement sonner l’ultime partition du cygne de Pesaro. La palette de couleur, l’articulation, la dynamique rendent pleinement justice à cette œuvre majeure.

Rien que les premières notes introductives du violoncelle solo donnent le grand frisson ! Bien sûr, la partition est largement coupée (environ 3h15 de musique) mais les ciseaux, qui ôtent notamment la plupart des ballets et de l’entrée des cantons, sont suffisamment habiles pour que les rafistolages ne se remarquent pas trop.

Le triomphe est carrément celui d’ qui délivre au public conquis une démonstration de technique inouïe, pliant sa voix à toutes les acrobaties, subtilités, nuances et afféteries dont bien peu de cantatrices sont capables de nos jours.

Dans le rôle-titre, , pourtant très loué pour sa prestation à Monte-Carlo, déçoit. Était-ce un jour de méforme ? Les intentions sont là, la diction très travaillée également, mais la voix sonne sourde, étouffée, sans brillant. Il se fait quasiment voler la vedette lors des ensembles par le Walter Furst de , toujours impeccable de prestance et de style.

Un Guillaume Tell se juge parfois, dans l’imaginaire collectif, à son Arnold. Celui de ne fait pas oublier les plus grands, principalement du fait de son accent à couper au couteau, mais il se tire avec panache des nombreux écueils de son rôle.

A coté de cela, on remarque une distribution homogène et de haute volée, avec notamment la très fraîche , lauréate du concours Operalia en 2009 en Jemmy et le délicieusement décadent Gesler de . Tous les autres protagonistes sont néanmoins à citer pour leurs qualités vocales et dictionnelles, qu’il s’agisse de la profonde Hedwige d’ Elodie Méchain, du noble Melchtal de Patrick Bolleire, ou des plus qu’honorables Philippe Ermelier, Mikeldi Atxalandabaso et Alain Gabriel.

Photo : Opéra de Monte-Carlo

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