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Carl Nielsen et le concept de danité

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« Une affiche de concert jaunie par le temps et abandonnée à sa solitude dans un dossier oublié est-elle à jamais condamnée au silence ? Nous voulons croire que ce triste destin apparemment inexorable mérite de recevoir un démenti cinglant, ne serait-ce que le temps d’une lecture. » Voilà comment débute ce dossier élaboré par le président fondateur de l’Association française Carl Nielsen. Pour accéder au dossier complet : Sur les traces de Carl Nielsen

 

carl_nielsen_20112Certains spécialistes danois se posent, souvent jusqu’à l’obsession, la question de savoir si est un compositeur national, typiquement et essentiellement danois.

L’interrogation sur la réalité et l’authenticité indiscutable de sa « danité » ne connaît aucune éclipse. Comment peut-on envisager de circonscrire une personnalité de sa trempe en pleine expansion, curieuse, persuadée de la nécessité de briser les chaînes de l’enfermement culturel, social, religieux et nationaliste ? Toute acceptation aveugle de cette nature demeurait étrangère au caractère de ce créateur fier de ses origines mais à aucun moment décidé à ne pas en dépasser les limites initiales. L’acceptation de ses racines et dans une certaine mesure du déterminisme danois qui le structurait ne devait aucunement dans son esprit empêcher la conquête d’autres territoires de la culture, de l’art et de la valeur de la pensée humaine.

Circonscrit à l’intérieur des frontières géographiques et artistiques de son pays et dans le même temps, ou plutôt dans un second temps, partir à la conquête du reste du monde, sont-ils vraiment incompatibles ? s’est-il vraiment posé la question ? En tout cas les musicologues s’interrogent sérieusement. Nous insisterons sur les données biographiques et musicales qui autorisent à faire saillir les éléments danois de cette personnalité attachante.

Cet angle, presque par définition, nous oblige à nous concentrer en toute priorité sur les éléments de sa musique susceptibles de contenir des données caractéristiques de son appartenance à la mentalité danoise, ce que l’on pourrait qualifier autrement de sa « danité ».

Tout ce qui chante ou illustre l’âme danoise se range sous ce vocable, sachant que l’artiste s’exprime obligatoirement à travers son héritage culturel et véhicule des myriades d’événements dont ils découlent le plus souvent inconsciemment. Ils constituent en grande partie sa structure mentale et artistique. Nous insisterons davantage ici sur les paramètres plus directement redevables de l’appartenance mentale consciente à une culture.

D’ailleurs, il semble assez ardu de les sélectionner dans les œuvres purement instrumentales lorsqu’elles ne s’appuient pas sur un titre, un air ou un sujet en lien évident avec ce qui se rapporte spécifiquement à la culture danoise.

Les six symphonies de Nielsen ne portent pas de renseignements avoués pouvant les rattacher au legs du passé culturel danois. Elles résultent initialement d’une volonté de confrontation avec un noble genre international qu’ont illustré les plus grands compositeurs. Elles étaient pour beaucoup des modèles enviés et s’y confronter ou les défier traduisait une ambition que devaient porter des capacités et une inspiration exceptionnelles. Le modèle idéal pour Nielsen venait de Haydn, Mozart et Beethoven en ce qui concerne le passé mais aussi de Johannes Brahms et Anton Dvořák pour les contemporains. S’y ajoutaient des contacts plus ou moins conséquents avec les partitions de Louis Spohr… Sans oublier ses devanciers scandinaves. Grieg n’en fait pas partie car il retira son unique Symphonie en ut mineur peu après sa création (1864) et assurément Nielsen ne l’entendit jamais. Non, on évoque ici les huit symphonies de Niels Gade et à un moindre degré les deux symphonies de J.P.E. Hartmann. Ces deux maîtres que Carl Nielsen connut et fréquenta dans sa jeunesse dominaient massivement la vie musicale danoise essentiellement concentrée à Copenhague. Elles portent les marques du romantisme germanique (Mendelssohn, Schumann) discrètement colorées à l’occasion de citations inspirées d’airs populaires danois.

Dès sa première réalisation Nielsen se place dans l’orbite brahmsienne sans jamais perdre son originalité aux plans mélodiques et timbriques. Les sous-titres qui escorteront les Symphonies n° 2 (« Les Quatre tempéraments »), n° 3 (« Espansiva »), n° 4 (« Inextinguible ») et n° 6 (« Semplice ») n’évoquent guère la culture danoise, pas plus semble-t-il que les trois concertos (violon, flûte et clarinette).

Quant à la musique de chambre, hormis peut-être les quatuors à cordes, nous y reviendrons, le constat est identique pour les deux Sonates pour violon et piano et le Quintette à vent.

C’est en nous tournant vers le second opéra de Nielsen, Maskarade, vers les nombreuses chansons pour voix seule et piano (quelques-unes orchestrées) et vers la cantate Printemps en Fionie que nous détecterons des composants permettant de tisser les liens de la danité de Carl Nielsen dans une partie de sa musique.

L’anti-romantisme affiché par Carl Nielsen constituait sans doute une défense plus ou moins consciente de l’identité danoise très largement infiltrée par le germanisme musical en exercice dans le royaume depuis des décennies. Car plusieurs pages magnifiques prouvent combien il savait bâtir certains passages sur les sentiments nobles, la beauté intrinsèque des sons, le lyrisme tout en évitant de se précipiter sans modération dans le pathos justement pratiqué par les plus grands romantiques et postromantiques européens. En témoignent par exemple les mouvements lents de ses six symphonies, de ses quatuors à cordes et de nombreuses autres partitions.

Comme pour la grande majorité de ses compatriotes la position de Carl Nielsen vis-à-vis de la mentalité nationale fut forgée par l’histoire mouvementée du royaume telle qu’elle fut largement enseignée à l’école.

Les nombreuses querelles et guerres qui opposèrent le Danemark à la Suède au fil des siècles renforcèrent sérieusement le nationalisme danois (comme elles structurèrent logiquement le nationalisme suédois). Justifiées ou non, elles trouvaient leurs origines au niveau des ambitions royales auxquelles le peuple ne pouvaient qu’adhérer sans moyens de résistance ou d’opposition efficaces. On rappellera très brièvement (impliquant le plus souvent le voisin oriental) la Guerre nordique de Sept ans (1563-1570), la Guerre de Kalmar (1611-1613), l’intervention de Christian IV dans la Guerre de Trente ans (1625-1629), la Guerre de Torstensson (1643-1645), la Première Guerre de Karl Gustav (1658-1660), la Guerre de Scanie (1675-1679), la Guerre du Grand Nord (1709-1720).

D’autres événements politiques douloureux laissèrent des stigmates dans l’esprit du peuple danois. Par exemple, en 1801, la Bataille de Copenhague au cours de laquelle les forces de l’amiral britannique Nelson obligèrent le Danemark à quitter la Ligue de Neutralité. En 1807, les britanniques bombardent Copenhague, confisquent la marine danoise tandis que le Danemark s’allie à Napoléon. La guerre éclate entre l’Angleterre et le Danemark (1807-1814). La défaite de ce dernier conduit à la Paix de Kiel (1814) sanctionnant le Danemark qui doit céder la Norvège à la Suède. Cette succession d’épisodes désolants traumatisa en profondeur la royauté et l’église mais également la noblesse et la bourgeoisie sans oublier le lourd tribut exigé des paysans.

L’éducation des plus jeunes soulignaient fortement ces drames militaires et renforçaient le sentiment nationaliste.

Mais probablement cette succession d’échecs et de défaites fut-elle amplement dépassée par l’interminable problème des Duchés. Les territoires situés au sud du Jutland furent âprement disputés – jusqu’aux armes – entre le Danemark et la Prusse. La Première Guerre du Schleswig (1848-1850) puis la Seconde (1864) ne réglèrent pas, ou très partiellement et très provisoirement, les différents géographiques, linguistiques et géopolitiques. Ces conflits impactèrent en profondeur les mentalités du petit pays scandinave qui se vit dépossédé de ses duchés. On considéra que le rétrécissement territorial et les pertes de population conséquentes qui l’accompagnaient devaient être compensés par le renforcement de l’idée d’appartenance nationale. Les traumatismes subis autour de la question des duchés furent puissants, profonds et durables et conduisirent à souder la nation autour de l’idée du sentiment patriotique danois.

Des répercutions politiques certes, mais également littéraires, artistiques et musicales ponctuèrent les réactions du peuple et principalement des élites culturelles.

Une autre initiative, typiquement scandinave, contribua à solidifier le socle national danois ; à savoir, la mise en place à Rødding de la Première Haute Ecole Populaire. Cette expérience fit florès et les classes populaires trouvèrent ainsi un moyen de se cultiver en même temps que d’être imprégnées par les pensées dominantes de l’époque. La Révolution démocratique de 1848-1850 conduisit, énorme progrès social, à l’abandon de l’absolutisme qui régnait en maître depuis presque deux siècles. La première constitution démocratique fut adoptée en 1849 et en dépit de variations, la société danoise put bénéficier d’améliorations encore inconnues dans le reste de l’Europe.

Les Danois se regroupèrent autour de l’institution royale (d’abord absolutiste, puis éclairée et enfin progressivement démocratique), autour de la langue et plus tard autour de la notion de croissance économique avec une redistribution plus équitable des richesses. L’isolement politique du pays (neutralité), sa faiblesse militaire, sa dépendance vis-à-vis des grandes puissances renforcèrent indéniablement la notion de danité.

Il est un autre facteur qui stimula et cimenta le sentiment d’appartenance à la culture danoise et dans une certaine mesure à l’élaboration de la fierté nationale, de la fierté d’être Danois, c’est la multitude d’événements qui surgirent au cours du renouveau politique et culturel qualifié d’Age d’Or de la culture danoise dont les dates approximatives sont 1800-1850. La redécouverte des textes anciens, des sagas nordiques, des chansons folkloriques poussa les artistes locaux à défendre leur patrimoine culturel ancestral. Pour plus de précisions nous renvoyons à cet égard aux différents articles publiés sur ResMusica depuis 2006.

La mentalité nationale de Carl Nielsen fut modelée par l’ensemble de ce passé historique ancien ou récent. Cependant son nationalisme n’était ni excessivement chauvin ni stérilement batailleur. Plusieurs volets de sa production musicale doivent cependant à l’histoire de sa patrie.

Le développement personnel de Nielsen demeure un modèle d’intelligence, de curiosité, de modestie et d’humanisme. La survenue de Premier Conflit mondial (1914-1918) l’horrifia au plus profond de son être et les partis pris nationalistes militants exaspérèrent son bon sens, sa foi en l’intelligence de l’homme et plus largement de l’humanité. Le choix de la neutralité des autorités danoises pendant cette terrible guerre, en dépit d’une mise à l’abri du danger de la population danoise, n’amoindrit en rien à ses yeux l’impact terrifiant de la folie des hommes.

En 1920, le pays vécut une crise constitutionnelle sérieuse et le retour du Schleswig du Nord au sein de la nation danoise, suite à un référendum, ne manqua pas de stimuler les sentiments nationalistes d’une grande partie de la nation. Laquelle retrouvait enfin des frontières… jamais modifiées depuis lors. Le sage Nielsen lui-même ne dédaigna pas de souligner cet événement politique majeur dans une de ses compositions musicales éminentes à cet égard, intitulée Møderen (La Mère… Patrie).

Une autre manifestation du respect du sentiment national se manifesta chez lui par une nouvelle mise en musique en 1924 de l’hymne national danoisDer er et Yndigt Land (Il est un doux pays), hymne chéri du peuple charmé par les paroles d’Adam Oehlenschlaeger (1819) et la musique initiale d’Hans Ernst Krøyer. Toutefois la nouvelle musique de Nielsen pas plus que celle de son ami Thomas Laub (en 1919) ne réussirent à s’imposer durablement.

Il est délicat d’indiquer si sa contribution à l’hymne national danois signifie une distinction nationale ou nationaliste ?

Le sentiment d’appartenance à la mentalité spécifique danoise a été profondément ressenti par les contemporains de Carl Nielsen, par le biais de ses chansons pour voix soliste et piano dont la renommée et la popularité ont amplement dépassé une gloire pourtant incontestable recueillie tout au long de son parcours avec les symphonies, les concertos, les pièces pour orchestre, piano et orgue.

Cet aspect de la production de l’art de Carl Nielsen liée à l’âme danoise tient une place majeure dans son catalogue, aux côtés et dirons-nous, à égalité mais bien distinctement, avec l’héritage du grand courant classico-romantique. A cet égard, on pense aux premières symphonies, au Concerto pour violon, aux premières pièces pour piano, à la Suite pour cordes… Mais également à des influences de la mythologie grecque (Pan et Syrinx) et de la mythologie nordique (Saga-Drøm), sans oublier les stigmates de l’époque de Palestrina (Trois Motets, Commotio pour orgue), l’impact de l’élan néo-classique (Groupe des Six…), les marques plus ou moins profondes de la modernité (Bartók, Stravinsky, Schoenberg), l’intime rapprochement avec l’atonalité (Trois Pièces pour piano, op. xx), sans négliger l’originalité créatrice absolue (Symphonies n° 4 et 5, Concertos pour flûte et clarinette, les grandes œuvres pour piano comme Chaconne op. 16 et Thème et variations op. 40. Etapes parfaitement intégrées et sublimées par une individualité pratiquement sans concession dans ce registre.

En quoi les partitions que nous n’avons pas encore citées méritent-elles une place à part dans l’œuvre créatrice du plus populaire et puissant des compositeurs scandinaves entre 1890 et 1931 ?

Venu d’une famille nombreuse très humble et populaire, n’ayant pas suivi d’études prestigieuses ni bénéficié des avantages indéniables que peut apporter une grande aisance familiale, le jeune Nielsen est entré dans le monde adulte après des études musicales correctes et la fondation précoce d’une famille. Le travail à l’orchestre, la composition tard la nuit, la constitution d’un important noyau relationnel, la curiosité culturelle tous azimuts, l’évolution vers le travail de chef d’orchestre en Europe, les déplacements professionnels ont de manière synergique associé leurs effets et conséquences au façonnage de la personnalité attachante, affable et particulièrement humaniste de Carl Nielsen.

Il est fort probable que l’addition de tous ces composants ait contribué à l’écriture d’une musique personnelle, renouvelée, sous-tendue pour les plus inoubliables par un élan créateur mobile et varié, rendant souvent extrêmement ardues les tentatives de classification (les fameux « tiroirs » et « ismes ») dont raffolent les medias et plus largement la société de la simplification à outrance, authentique offense à l’intelligence humaine.

Quelques exemples précis viennent à présent expliciter ces généralités.

Le cas de Maskarade. Opéra composé au cours des années 1904-1906, il charme durablement le monde musical danois et les spectateurs en raison principalement de ses qualités perçues comme étant reliées à l’âme danoise. Au point d’être rapidement considéré comme l’opéra national danois au sein duquel les femmes et les hommes du pays décelaient nombres de caractères qu’ils s’attribuaient volontiers. Les épisodes décrits par Holberg, et mis en musique par Nielsen, dépeignent avec humour bien des traits généraux propres à toute société mais également des qualités spécifiques reliées aux diverses couches sociales du royaume.

Plusieurs cantates de circonstances viennent aussi renforcer ou fêter le sentiment d’appartenance nationale. On songe à la Cantate pour l’anniversaire de l’Université de Copenhague pour soliste, chœur d’hommes et orchestre (1908), à la Cantate pour le centenaire du conseil des commerçants pour solistes, chœur et orchestre (texte de V. Rørdam) de 1917. La Cantate pour les cérémonies d’ouverture de l’exposition nationale d’Aarhus 1909 est aussi un hommage à la fierté nationale et au sentiment de relever d’une communauté homogène, du moins en apparence.

Revenons vers la musique composée pour Moderen (1920) sur le texte allégorique de Helge Rode fêtant en grande pompe la réunification avec le Schleswig au Théâtre royal le 30 janvier 1921. La musique de Nielsen proposait de très belles chansons qui devinrent rapidement partie intégrante du patrimoine national, en particulier Comme une flotte prête à appareiller (Som en rejselysten). Il faut ajouter trois splendides petites pièces pour flûte dont l’inoubliable et populaire perle intitulée Le brouillard se lève (pour flûte et harpe) que l’on associe volontiers, bien que selon un processus peu rationnel, au tempérament danois.

Printemps en Fionie, que Nielsen qualifie d’humoresque lyrique pour solistes, chœur mixte, chœur d’enfants et orchestre de 1921, développe une autre expression de la danité autour de l’amour des paysages, de la vie rurale, de la simplicité, de la joie de vivre rythmée par l’immuabilité des saisons. Le texte revient à Aage Berntsen, fils d’un célèbre pédagogue et politicien qui avait cru jadis en Nielsen, Klaus Berntsen, facilitant son départ vers le Conservatoire de Copenhague au milieu des années 1880. La création de Printemps en Fionie eut lieu en 1922 dans le hall du marché d’Odense. Elle fut considérée comme un événement national. Près de 900 exécutants appelés de toutes les provinces danoises se retrouvèrent là en présence de la famille royale et d’un public évalué à 8 000 personnes. Le texte rendait hommage au peuple danois en insistant plus particulièrement sur les thèmes suivants : le Musicien aveugle, les Vieillards, le Chant de la danse.

La gloire la plus grande et durable de Carl Nielsen à l’intérieur des frontières du pays repose incontestablement sur ses nombreuses chansons pour voix et piano dont bon nombre se positionnèrent au sommet d’un hit-parade populaire avant l’heure. On ne saurait éviter de citer les incontournables Du Danske Mand (Toi, homme danois) et l’ honneur qui en découle naturellement, Jens Vejmand (Jean le cantonnier), archétype du salarié pauvre et besogneux, Sang bag ploven (Chant derrière la charrue) mettant en scène le dur labeur du paysan, Nu er da våren kommen (Voici venu le printemps) chantant la fascination pour le retour du beau temps, Der er et yndigt Land (Il est doux pays) annonce d’un amour de la patrie et revisitation musicale de l’hymne national danois, Havet omkring Danmark (La Mer baigne le Danemark), souvenir nostalgique d’une grande puissance passée ; mais bien d’autres encore charmèrent les auditeurs qui s’approprièrent leur sens et les intégrèrent au patrimoine culturel populaire national.

A l’image de nombreux compositeurs de la période romantique et post-romantique, la mise en musique pour chœurs d’hommes (le plus souvent), a capella ou avec accompagnement instrumental, résulte de commandes officielles et s’attachent à vanter les qualités nationales (il en est de même par exemple pour Jean Sibelius) : guerrières, politiques, linguistiques, folkloriques…

Les quatre grands quatuors à cordes méritent une place un peu particulière. Issus du meilleur classico-romantisme souhaitable ils véhiculent beaucoup du tempérament danois par leurs traits d’humour, par leur langage aux accents locaux et par une écriture évocatrice aux oreilles et à l’esprit des auditeurs danois.

Enfin, il n’est sans doute pas inutile de rappeler l’importance que revêtait une loi non dite mais très prégnante toutefois (celle que l’on a qualifiée ensuite de loi de Jante) qui s’attachait à préciser des traits fondamentaux du caractère scandinave et plus précisément le sentiment d’appartenance à la mentalité danoise laquelle prônait l’humilité, la discrétion et la modestie sans pour autant condamner la fierté d’être citoyen danois amoureux de son pays.

Pour approfondir notre propos :

CARON, Jean-Luc, Carl Nielsen, bleu nuit éditeur, 2015.

CARON, Jean-Luc, Informations diverses dans les articles de « Sur les traces de Carl Nielsen », publiés sur ResMusica.com, 2006-2015.

CARON, Jean-Luc, Informations diverses dans les articles de « La Série des Danois », publiés sur ResMusica.com, 2006-2015.

FELLOW, John, A Patriotic Song and its consequences. « Du Danske Mand » through hundred years,Carl Nielsen Studies vol. III, 2008, p. 9-27.

GRIMLEY, Daniel. M., Carl Nielsen and the Idea of Modernity, 2010, Boydell Press.

JESPERSEN, Knud J.V., A History of Denmark, 2011, Palgrave Macmillan.

KNAPP, Raymond, Carl Nielsen and the Nationalist Trap, or, what, Exactly is Inextinguishable? Carl Nielsen Studies vol. IV, 2009, p. 63-76.

REYNOLDS, Anne-Marie, Carl Nielsen’ Voice. His Songs in Contest, 2010, Museum Tusculanum Press, The Royal Library.

REYNOLDS, Anne-Marie, Carl Nielsen unmasked, Art and Popular Musical Styles in Maskarade, Carl Nielsen Studies vol. I, 2003, p. 137-155.

REYNOLDS, Anne-Marie, Carl Nielsen’s Folk-Like Songs and the « Danish National Tone, Carl Nielsen Studies vol. IV, 2009, p. 145-164.

ROTH, Colin, Stasis and Energy, Danish Paradox or European Issue ?, Carl Nielsen Studies vol. I, 2003, p. 156-165.

VESTERGÅRD, Karen & VORRE, Ida-Marie, Danishness in Nielsen’s Folkelige Songs, Carl Nielsen Studies vol. III, 2008, p. 80-101.

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