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L’Orchestre philharmonique royal de Stockholm : embarquement immédiat

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L’Orchestre philharmonique royal de Stockholm (RSPO) est une des merveilles culturelles de la Suède. Alors que les musiciens se préparent à partir pour une tournée de concerts en Suisse, ResMusica a eu l’occasion de parler à la fois à Stefan Forsberg, directeur général et artistique, et à Sakari Oramo, directeur musical de la RSPO depuis 2008.

 

Sakari OramoResMusica: Parlez-nous de votre relation avec l’Orchestre philharmonique royal de Stockholm ? Qu’est ce qui vous a poussé à accepter le poste de directeur musical ?

Sakari Oramo: Cela fait une vingtaine d’années que je dirige l’orchestre et nous avons donc une longue histoire ensemble ! Pendant environ trois saisons, au milieu des années 1990, j’ai même dirigé le RSPO pour environ 3-4 programmes par an. Ensuite cette proximité s’est distendue car j’avais accepté le poste de directeur musical de l’Orchestre symphonique de Birmingham à la suite de . J’étais donc très occupé et est devenu leur chef d’orchestre. En 2005, Stefan [Forsberg] m’a invité à diriger l’orchestre lors du concert du Prix Nobel 2005. À ce moment, je savais que j’allais quitter Birmingham  et j’en ai  parlé à Stefan qui a alors immédiatement commencé à travailler pour ma désignation.

RM: Pourquoi pensez-vous que Sakari Oramo a été un bon choix pour l’orchestre?

: Sakari est un chef plein d’idées sur la manière de travailler le son de l’orchestre. Ses réflexions coïncidaient avec ce que je souhaitais développer après le départ d’ pour le New York Philharmonic. En 2005, j’ai invité Sakari à diriger le concert du Prix Nobel. Les résultats ont été exceptionnels ! Nous voulions qu’il vienne ! L’orchestre a été à 100 % derrière lui et c’est toujours le cas aujourd’hui !

RM : Quels sont vos projets pour affirmer le rayonnement national et international de l’orchestre ?

SF: Nous avons dessiné un projet pour l’orchestre,  il vise à franchir des étapes à l’échelle nationale et internationale. Les principaux artistes de la musique classique viennent à Stockholm pour jouer avec le RSPO. Ils aiment l’orchestre et ils aiment la salle !  Ils  nous disent tous que notre Konserthuset est l’une des perles les mieux cachées du monde de la musique.

RM: Quels sont les grands moments de la saison en cours (2014-2015). ? En quoi diffère-t-elle des précédentes ?

SF: Notre saison 2014/15 est un grand pas pour nous !  Nous exposons la riche histoire du RSPO avec de grands projets internationaux. Nous avons consacré  l’édition 2014 de notre festival annuel  au compositeur , dont le travail est célébré en Suède et à l’étranger. Ensuite, en mars prochain, nous avons une tournée dans quatre villes en Suisse, puis en novembre une grande tournée européenne.  2015 marque surtout les anniversaires de Sibelius et Nielsen. Nous avons une riche histoire avec ces deux compositeurs ! Le RSPO est l’orchestre qui a donné la première mondiale de la  Symphonie n°7 de Sibelius, et nous avons fait des enregistrements réputés de Sibelius avec , et maintenant nous enregistrons les symphonies de Nielsen avec Sakari Oramo.

RM: Vous engagez-vous sur d’autres chemins pour promouvoir le RSPO ?

SF: Nous avons récemment inauguré une plate-forme numérique nommée RSPOplay. Nous y présentons  des concerts symphoniques dirigé par Sakari Oramo, ainsi que par des chefs d’orchestre de classe mondiale: Muti, Eschenbach, Blomstedt, Gilbert et beaucoup d’autres.  Nous diffusons également des concerts de jazz  et des concerts éducatifs. Le tout est gratuit à regarder ! En plus de cela, nous commençons une académie d’orchestre internationale ! À partir de 2016, des étudiants seront en mesure de candidater pour un poste ici. Ils pourront  prendre des leçons, et recevoir une bourse pour vivre à Stockholm. Ce sera une occasion fantastique pour s’initier au monde de l’orchestre.

RM: Comment les musiciens de l’orchestre  contribuent à tous ces objectifs?

SF: L’ambition du RSPO est toujours d’être concentré et ne jamais laisser une minute de répétition perdue. Que ce soit un morceau de musique contemporaine ou une symphonie de Brahms et Beethoven, nous souhaitons atteindre la perfection. L’orchestre s’est construit  tout au long de son existence, avec les anciens directeurs musicaux et aussi avec Sakari. L’orchestre a également un engagement à long terme et extrêmement solide avec la société. Les musiciens ont une passion pour partager leur amour de la musique classique avec la prochaine génération !

RM: Quelles sont les qualités particulières du RSPO que vous êtes désireux de montrer aux publics lors de vos prochaines tournées ?

SO: L’orchestre sonne vraiment nordique ! Il a une qualité lumineuse dans le son des cordes, ainsi que de merveilleuses individualités dans les vents et les cuivres, tant en termes de solistes que de sections. C’est quelque chose que j’ai essayé de cultiver par un travail quotidien.

RM: Parlez-nous un peu plus du programme de votre prochaine tournée en Suisse ?

SO: Nous commenceront par Rugby de Honegger,  musique sur le sport. C’est une pièce qui montre l’énergie de l’orchestre et sa précision rythmique. Nous poursuivons avec le Concerto pour violon de Tchaïkovski avec . Elle est très connue du public suisse, et c’est une violoniste avec qui j’aime travailler. Quant à la Symphonie n°1 de Sibelius, je pense juste que c’est un fantastique morceau de  musique ! C’est l’une des grandes premières symphonies que nous avons, et cette partition permet à tous les pupitres de se montrer !

RM: Qu’est-ce qui vous rend fier d’être le directeur musical de cet orchestre?

SO: Tant de choses ! Dans cet orchestre, je trouve une réponse émotionnelle à ce que je veux faire. Je les regarde en leur disant que je veux obtenir telle émotion, et nulle part ailleurs j’obtiens la bonne réponse à mes sollicitations. Il y a une sorte d’ouverture et de convergence joyeuse des tempéraments entre l’orchestre et moi-même. Cela rend plus facile la compréhension mutuelle. Je pense qu’ils jouent de tout coeur, mais sans le montrer. Nous voulons simplement partager la musique et son émotion sincère, sans rien de plus. Cette authenticité  me rend heureux à Stockholm !

Crédits photographiques : Jurek Holzer

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