tous les dossiers(1)

Dans la peau du son avec Francesco Filidei

À emporter, Essais et documents, Livre

Francesco Filidei, Dans la peau du son. Collection Á la ligne, éditée par l’Ensemble 2e2m. Janvier 2015 ; Code barre 9 782913 734111. Texte français / anglais. 174 p.

 

2e2m-filidei
« Proposer une musique non pas à écouter mais pour écouter est un objectif qu’un compositeur engagé doit s’imposer aujourd’hui »: cette déclaration phare de donne la teneur de l’ouvrage monographique que lui consacre l’ et qui paraît dans la collection Á la ligne, dans le cadre de la résidence du compositeur italien à l’Ensemble (cf. notre chronique Resmusica) durant la saison 2015.

Élève de Salvatore Sciarrino, le compositeur pisan, né en 1973, nous invite à une expérience d’écoute particulière, celle du son, de sa vie réelle et de sa dynamique interne, s’attachant à exploiter la force émotionnelle contenue dans chacun des sons. Musicien de la fugacité, du geste qui effleure, de la vibration légère qui sourd de chaque instrument/objet, Filidei est aussi organiste, familier de l’instrument des plus grandes tonitruances de la musique ; d’où ce paradoxe inhérent à la personnalité du compositeur que relève Pierre Roullier, directeur de l’, dans les premières lignes de cet ouvrage.

Catherine Peillon tâche ensuite de creuser « l’énigme », ce qu’il y a de caché, d’insaisissable dans la démarche de cet amoureux du son dont l’expérience première est sensorielle. Roberta Milanaccio, musicologue, poursuit l’investigation dans l’univers filideien, en se focalisant sur N.N.(abréviation de l’expression latine « nomen nescio », nom inconnu), une oeuvre « initiatique » dans le catalogue de Filidei, créée le 14 avril 2011 au Théâtre Verdi de Pise. Cet ouvrage « dramatico-musical, sans décors ni costumes », mais s’appuyant sur un livret (celui de Stefano Busellato), est dédié au jeune anarchiste orphelin Franco Serantini, battu à mort par la police au cours d’une manifestation antifasciste à Pise, en 1972 ; soit un an, jour pour jour, avant la naissance de Francesco : « je suis parti de cette histoire, confie-t-il, pour reconstruire la mienne en composant ».

Maxime Kaprielian, quant à lui, revient sur la notion de bruit dans le processus créatif du compositeur, examinant des pièces comme Esercizio di pazzia ou encore Jeux II. Cette manière de détourner la lutherie traditionnelle ou de lui préférer de doux objets sonnants – « le rhombe signale une présence légère » écrit Catherine Peillon – participe de cette recherche d’un univers qui bouge, vibre et danse et qu’il faut capter par n’importe quels moyens : « Si l’on considère la composition comme une action sur le temps et dans le temps, précise Filidei, la musique devient un instrument unique pour s’interroger sur la vie et la mort ».

tous les dossiers(1)

Mots-clefs de cet article

Lire aussi (3) :

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.