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Beatrice Berrut ou la modernité de Bach

À emporter, CD

Johann Sebastian Bach (1685-18750) : Siciliano, BWV 1031 (transcription de Wilhelm Kempff) ; Aria BWV 1068 (transcription de Alexander Siloti) ; Chaconne, BWV 1004 (transcription de Ferrucio Busoni, BV B 24) ; Orgel-Choralverspiele (transcription de Ferrucio Busoni BV B 24) ; Thierry Escaich (1965-) : Trois Études baroques ; Jeux de doubles. Beatrice Berrut, piano. 1 CD Apparté, ref : AP100 ; code barre : 3 149028 051322. Enregistré du 24 au 26 juillet 2014 à Flagey, Studio 4 (Bruxelles). Livret en français et en anglais. Durée totale : 73’

 

Lux aeterna AP100Dans ce recueil de transcriptions d’œuvres de Bach avec des pièces d’Escaich, la pianiste suisse propose une vision éminemment moderne du maître allemand.

Après deux disques « romantiques » – un premier sur le thème de la musique russe avec la violoncelliste et un solo consacré à Schumann – aborde Bach à travers un prisme toujours romantique. En effet, si les trois grands pianistes qui ont transcrit ces pièces (, , Ferrucio Busoni) appartiennent au tournant 20e siècle, ils sont tous héritiers du postromantisme quelque peu grandiloquent de la fin du 19e, qui déploient les couleurs variées dignes d’un grand orchestre. Et Beatrice Berrut a ces couleurs en elle, dans ses mains, sous ses doigts.

Dans les trois premières transcriptions, Siciliano, Aria et Chaconne, c’est la richesse de la sonorité qui prime. La manière dont la pianiste fait ressortir les melodies, dans une sonorité à chaque fois différente, est si naturelle que l’on sent même la vibration de la voix ou des cordes, notamment dans l’Aria. Dans Orgel-Choralvorspiele où le caractère mélodieux est conservé, Busoni semble chercher à explorer pleinement les capacités que l’instrument peut offrir. Beatrice Berrut répond sans faute à l’exigence du transcripteur, ajoutant une touche délibérément moderne, voire jazzy (Num freut euch, lieben Christen g’mein, BWV 734 ; Herr Gott, nun schleuss den Himmel auf, BWV 617 ; In Dir ist Freude, BWV 615).

Les Trois Etudes baroques et Jeux de doubles de se situent sur cette lignée : la similitude dans les traitements de motifs et de matériels est frappante entre Num freut euch, lieben Christen g’mein et le « Vivacissimo », que la musicienne joue avec une légèreté et une gravité à la fois. Les jeux de doubles, en écho à la Gavotte et ses six doubles de Rameau, sont traversés par un rythme frénétique. L’interprétation de la pianiste, extrêmement vivante, fait même penser à une sorte de trans musical, tant l’obstination rythmique est bien rendue.

Avec ce disque Beatrice Berrut réaffirme son excellence et on ne regrettera jamais d’avoir cet enregistrement dans sa collection.

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