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Chausson et Franck plus romantiques que symbolistes par Rachel Kolly d’Alba

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

César Franck (1822-1890) : Sonate pour violon et piano. Ernest Chausson (1855-1899) : Concert pour violon, piano et quatuor à cordes. Interlude du « poème de l’amour et de la mer », transcription pour violon et piano. Rachel Kolly d’Alba (violon), Christian Chamorel (piano), Spektral Quartet Chicago. 1 CD Aparte AP102. Code barre : 3149028059427. Enregistré les 9 avril, 24 et 25 novembre 2013 à La Chaux-de-Fonds. DDD. Notice bilingue (anglais, français). Durée : 1 heure 08’ 51 ‘’

 

AP102-cover-700x700Bonne idée de regrouper deux chefs d’oeuvre de musique de chambre française de Franck et d’un de ses plus talentueux élèves. L’interprétation de ,  et du  joue le jeu d’un romantisme un peu échevelé mais séduisant.

Bonne idée de réunir sur un seul CD deux des sommets de la musique de chambre française de la fin du 19° siècle, l’admirable Sonate pour violon et piano de Franck et le somptueux Concert de son élève Chausson, qui entoure les deux solistes des sonorités sensuelles et chaudes du quatuor à cordes.  Cerise sur le gâteau, le bref interlude du Poème de l’amour et de la mer dans une transcription vient offrir aux deux grandes partitions l’écho des vers de Maurice Bouchor.

Les deux musiciens suisses choisissent d’accentuer le romantisme incandescent des œuvres par une lecture très contrastée, presque échevelée même. Cette conception brûlante ne manque certes pas d’impact mais souffre, contrepartie de cette approche très extérieure, de passages confus (conclusion du concert, du récitatif de la sonate)  et d’autres noyés dans la pédale. Dès lors cette gravure ne peut prétendre rivaliser avec la perfection des références signées Barbizet-Ferras pour Franck ou Perlman-Bolet-Juilliard pour Chausson ; mais elle n’en est pas moins attachante par sa volonté de faire revivre d’une façon originale et personnelle cet esprit « fin de siècle » qui donne  son titre à l’album.

Plutôt qu’une perfection formelle parfois desséchante, avouons que la passion qu’y mettent nos deux musiciens retient l’attention et nous fait espérer qu’ils explorent le répertoire si riche de cette fin du 19° siècle français (Lekeu, Lazzari, Ropartz, Vierne, D’indy, Magnard et d’autres ont aussi laissé des sonates passionnantes). Ce romantisme de grand vent nous éloigne du raffinement un peu morbide du symbolisme mais la proposition ne manque pas de charme…

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