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Opération séduction du Baltic Sea Youth Philharmonic avec Kristjan Järvi

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 31-III-2015. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Les Créatures de Prométhée, ouverture op.43. Jean Sibelius (1865-1957): Karelia, Suite op.11 (extrait). Wojciech Kilar : Orawa. Wilhelm Stenhammar (1871-1927) : Mellanspel extrait de Le Chant op. 44. Carl Nielsen (1865-1931) : Ouverture Rhapsodique : Voyage imaginaire aux Iles Féroé (extrait). Edvard Grieg (1843-1907) : Sigurd Jorsalfar op.56 : Marche triomphale. Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908) : Capriccio espagnol op.34. Arvo Pärt (né en 1935) : Cantus in Memoriam Benjamin Britten. Gedminas Gelgotas (né en 1986) : Never Ignore the Cosmic Ocean. Imants Kalniņš (né en 1941) : Symphonie n°4 « Rock Symphonie », Allegretto. Baltic Sea Youth Philharmonic, direction : Kristjan Järvi.

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Visite parisienne réussie du Baltic Sea Youth Philharmonic, orchestre de jeune musiciens dont la promotion 2015 est à forte majorité féminine, écrasante même chez les cordes, pour une prestation qui emballa le public du TCE.

Intitulé « Voyage en Mer Baltique » ce concert se présentait sous la forme inhabituelle d’une suite de morceaux ayant comme point commun d’avoir un compositeur provenant d’un pays limitrophe de la Baltique, de l’Allemagne à la Russie en passant par la Pologne, les pays baltes et scandinaves. Ainsi pas moins de dix compositeurs, dont trois encore bien vivants, se succédèrent sans entracte. Alternant œuvres connues et à découvrir, choisissant un programme tour à tour rythmique ou simplement émouvant, mais toujours d’abord aisé, évitant toute tension sur la durée, le chef et son orchestre de jeunes musiciens tout aussi baltiques cherchèrent la séduction immédiate, le pur plaisir de l’instant, quitte à passer parfois du coq à l’âne entre deux morceaux successifs.

L’entame du concert avec Les Créatures de Prométhée n’accrochait pas plus que ça notre oreille placée au cœur des rangs d’orchestre, pénalisant ainsi les bois dont le son devait traverser physiquement le quatuor placé devant eux, perdant énergie et clarté au passage. Cela ira mieux ensuite, les musiciens s’échauffant, gagnant sans doute en confiance, s’affirmèrent plus fermement, trouvant progressivement un bien meilleur équilibre sonore. Néanmoins les cordes furent les plus immédiatement convaincantes grâce à un ensemble homogène au son chaleureux qui allait parfaitement bien avec le programme du soir, et particulièrement avec les pièces mélancoliques, mais pas seulement puisqu’elles brillèrent dans Orawa où l’énergie et le rythme passèrent au premier plan, pièce conclue par un cri de joie de l’ensemble des instrumentistes au plus grand plaisir d’un public qu’on sentait de plus en plus séduit.

Permutant tous les deux ou trois morceaux les instrumentistes de ses premiers pupitres, avec un amusant effet répétitif sur le public, l’orchestre enchaîna les œuvres aux climats variés. Etant de plus en plus convaincant à mesure que le programme avançait, après un Capricio espagnol bien enlevé, Cantus in Memoriam Benjamin Britten d’ fut le moment le plus prenant et émouvant, avant que le « fun » reprenne ses droits avec deux pièces qui permirent à tous les groupes instrumentaux de montrer leur savoir-faire, mention aux percussionnistes qui conclurent en beauté l’Allegretto (ce soir franchement Allegro) de la « Rock Symphonie » de Imants Kalniņš.

150331_BYP_Concert TCE_Paris_Peter Adamik_1Chef et orchestre achevèrent de mettre le public dans leur poche avec trois généreux bis, un Haendel hors style complètement swingué, un Tchaïkovski plus classique, concluant avec ce qui nous sembla être un morceau traditionnel, lancé debout par un des violons du rang, un des rares garçons du groupe, puis repris par un deuxième violon qui se leva à son tour, pendant que le reste de l’orchestre commença à marquer le rythme du pied, entraînant avec lui le public encouragé par le chef, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’ensemble des violons se lève d’un bloc, puis le reste des cordes, jusqu’à tout l’orchestre, alors que le public, complice et bon enfant, marquait le rythme en claquant des mains.

Par son enthousiasme, sa joie de vivre se lisant sur les sourires de ses jeunes musiciens, cet orchestre, emmené par son expressif chef, a incontestablement réussi à établir une réelle complicité avec son public, réussissant haut la main son opération séduction.

Crédit photographique : Concert du 31 mars 2015 Crédit © Peter Adamik

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