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Manon à l’Opéra Garnier : la tentatrice était trop belle

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Opéra Garnier. 05-V-2015. Ballet de l’Opéra National de Paris : L’Histoire de Manon. Ballet en trois actes d’après le roman de l’Abbé Prévost. Chorégraphie et mise en scène : Kenneth MacMillan. Musiques : Jules Massenet. Arrangement et orchestration : Martin Yates. Decors et costumes : Nicholas Georgiadis. Lumières : John B. Read. Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction : Martin Yates. Avec : Eleonora Abbagnato, Manon ; Florian Magnenet, Des Grieux ; Audric Bezard, Lescault ; Valentine Colasante, Sa Maîtresse ; Yann Saïz, Monsieur de G.M ; Sara Kora Dayanova, Madame.

TL'histoire de Manon (Saison 2014-2015)héâtralité et romantisme exacerbés, deux atouts qui expliquent les raisons pour lesquelles Manon Lescaut, l’œuvre de l’Abbé Prévost, écrite en 1731, a inspiré nombre de chorégraphes et connu de nombreuses adaptations, que ce soit sous forme d’opéra ou de ballet. Reprise à Garnier de la production donnée en 2012.

Mac Millan, avec sa grande expérience de narrateur chorégraphique, s’est emparé du mythe de la belle Manon et a créé un ballet qui se prête tout particulièrement aux élans lyriques. Il a trouvé, en , une interprète inspirée. La « blonde fatale » nous emporte dans un tourbillon de luxe, de débauche, de passions mais également, de doutes. Car sans l’ombre fatale de son mentor, son frère Lescaut (magnifiquement interprété par qui révèle, de ballet en ballet, un potentiel exceptionnel), qui la jette dans les bras de G.M (formidable qui excelle dans l’interprétation des caractères troubles) par appât du gain, la jeune Manon de seize ans aurait peut-être choisi le chemin de la vertu.

campe un Des Grieux convaincant, amoureux transi mais faible, qui a tout perdu et s’est avili pour Manon, cette créature fascinante, belle, ingénue et amorale (ou presque).

La troupe excelle dans cette œuvre narrative néo-classique qui alterne duos romantiques, scènes de foule, moments tragiques et burlesques (mention spéciale pour Sara Kora Dayanova : la ravissante danseuse campe une Madame aussi hiératique que piquante). Petit bémol, cependant, s’agissant de la prestation de . Si son interprétation n’est pas exempte d’humour, on retiendra cependant sa danse pour le moins lourde qui pêche par un manque de grâce et de délicatesse.

Du Paris de la Régence à la Louisiane des déportés, un souffle romantique anime du début à la fin du ballet. On assiste à la chute de cet être sensuel, ingénu et qui n’est qu’instinct. On pleure avec elle lorsque son frère meurt dans ses bras. De par son interprétation émerge peu à peu une nouvelle Manon. Ou la femme prend le pas sur le personnage, l’être sur le paraître, la chair sur le rôle. Fascinant.

Crédits photographiques : Eleonora Abbagnato –  Julien Benhamou / Opéra national de Paris

 

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